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 Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)

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MessageSujet: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Mar 7 Mai - 13:52

Central Park, New York,
7 mai 2013, 22h30

J'avais réussi à me dénicher un petit coin tranquille et douillet mais surtout très en retrait de la population. Moi qui n'aimais pas la grande ville, ici, j'étais un peu moins perdue. Assise sur le gazon en bordure d'une zone assez sauvage du parc, j'avais ramené mes jambes vers moi pour les encercler de mes deux bras. J'avais aussi déposé mon menton sur mes genoux et je fixais le paysage sombre et mystérieux qui se dressait devant mes yeux. Central Park était un endroit étrange sous la lune. C'était une immense flaque de verdure plantée en plein milieu de l'enfer. L'enfer de la ville et son brouhaha si puissant que son écho parvenait à mes oreilles malgré la distance qui me séparait de lui. Pourtant, même si je détestais profondément ce genre d'endroit je m'y retrouvais en cet instant, un peu paumée mais tout de même suffisamment maitresse de moi-même pour ne pas paniquer ce qui était non négligeable considérant le fait que ce type d'émotion m'amenait facilement à perdre le contrôle et à déraper. La panique, donc, la colère, la peur et le stress, combinés ou seuls, avaient le chic pour me forcer à commettre l'irréparable sans que je ne puisse rien y faire. Ces émotions étaient même responsables de mon isolement dans les montagnes du Colorado. Pour le bien d'autrui. Pour éviter... des soucis. Des dégâts, des accidents. Pour éviter que le pire ne se reproduise, encore. Parce que j'étais dangereuse. Un danger public. Une aberration de la nature possédant un pouvoir dont elle n'avait pas la maitrise. Un don qui m'avait été donné et que je n'avais jamais souhaité avoir, dont je me serais largement passé, bref, car il avait carrément détruit ma vie. Il m'avait fait tuer mon propre père, la seule et unique personne que j'aimais et qui avait toujours été le centre de mon existence depuis mon tout premier souffle.

Si je me trouvais à cet endroit en cet instant c'était justement à cause de ce don que je détestais tant. Plusieurs années s'étaient écoulées depuis la mort tragique de mon père. Plusieurs années durant lesquelles je m'étais isolée par peur de tuer ou de blesser d'autres innocents. Le temps était venu, selon moi, d'apprivoiser ce pouvoir indésirable mais surtout de le maitriser. Quelques recherches sur le net m'avaient apprises qu'à New York se trouvait sans aucun doute des gens susceptibles de me guider ou à tout le moins de m'aider un tant soit peu. Je savais aussi que les réputées bibliothèques de la ville regorgeaient de bouquins débordants d'informations concernant la télékinésie. Ce voyage, je l'avais fait à contrecoeur mais mes intentions et ma motivations étaient si grandes que j'avais tout simplement fait fit de mes craintes. Je me devais d'avancer, je me devais de cheminer et d'évoluer. Pour moi, pour mon père.

La chambre dans laquelle je logeais était petite et horriblement repoussante. Elle se trouvait dans l'est de la ville, dans un building gris et terne dont la façade avait de toute évidence besoin d'un important rafraichissement mais surtout d'énormément d'amour. C'était un immeuble repoussant encerclé par nombre de ses semblables à la mine tout aussi triste. Je n'étais pas riche, je ne pouvais pas me permettre de loger dans des hôtels cinq étoiles. Mon billet d'avion aller-retour Colorado New York avait suffisamment amputé mes très maigres économies. Choisir un endroit douillet juste pour dormir était, par conséquent, un luxe que je ne pouvais m'offrir. C'était pourquoi je me trouvais actuellement dans Central Park en plein mardi soir, complètement seule et un peu dépassée par les événements. Comme j'étais incapable de dormir j'avais préféré venir me ressourcer dans ce petit coin vert -le seul de la ville- pour me rappeler mes si belles montagnes que j'aimais tant.

Pour tuer le temps je m'amusais avec un brin d'herbe, je l'enroulais autour de mon doigt comme pour imiter une bague ou une alliance quelconque. Un bijou que je ne porterais jamais, assurément. J'étais un rebut, un déchet, un danger public. Personne ne voulait de moi... Personne ne voudrait de moi. Tout en tortillant le brin je songeais à la raison de ma présence ici. Mes attentes étaient hautes et grandes. Je désirais sincèrement trouver de l'aide afin de me sortir de cette vie d'ermite que je m'étais imposée. C'est en songeant à l'éventuelle possibilité d'une existence meilleure je vis soudainement le brin d'herbe que je tenais à la main se mettre à remuer tout doucement. Sur le coup mon cœur s'emballa, aussitôt empli de cette terreur qui survenait dès que mon pouvoir se manifestait. Le brin d'herbe se mit à se tordre dans tous les sens, frôla de se fendre en deux puis se mit à onduler langoureusement au fur et à mesure que les battements de mon cœur se calmaient. Charmée par le phénomène j'eu envie d'en faire un peu plus et c'est avec beaucoup de concentration que je vis quelques brindilles et petit bouts de bois s'animer devant mes yeux dans une danse tourbillonnante semblable à une minuscule tornade. L'effet était saisissant, beau et fascinant. Par automatisme mes mains se levèrent en l'air comme pour animer les débris alors que ce n'était absolument pas nécessaire. Je les fixais en souriant doucement, réellement satisfaite du résultat. Pour la toute première fois j'avais l'impression d'avoir le plein contrôle sur mes agissements et cela m'apportait une joie non dissimulée. Quand la crainte soudaine d'être repérée traversa mon esprit je vis les fragments de bois et d'herbe se disperser violemment dans tous les sens pour aller percuter les arbres aux alentours, les fleurs, le sol et moi, bien entendu. Je dû me couvrir le visage pour ne pas être blessée mais reçu, malgré cela, un morceau de bois qui trancha ma peau juste au-dessus de mon œil gauche.

- Merde!

En un bond j'étais debout, ma main portée à ma blessure sanguinolente, pestant contre ce foutu don qui me causait tant de soucis. C'est là que je pu constater que je n'étais pas seule. En me retournant je vis un homme qui se tenait non loin de moi et qui me regardait d'un air mitigé ce qui me fit paniquer davantage. Aussitôt je me mis à reculer, effrayée mais terrifiée, surtout, qu'il se produise un autre incident et que cet homme en devienne la malheureuse victime.
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Kieran N. Blackburn
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Jeu 9 Mai - 0:53

Ayant une flemme monumentale pour préparer mon repas moi-même, je pris la décision de me taper l'incruste dans un restaurant de pingouins, situé dans un quartier chic de la ville. Je n'étais absolument pas habillé comme eux mais cela m'était égal. L'important pour moi était d'entrer à l'intérieur de cet endroit et d'user de ma combine pour me faire servir gratuitement un diner cinq étoiles sans débourser ne serait-ce qu'un seul petit sou. Je m'asseyais tranquillement, à une table bien exposée parmi les pingouins asphyxiés et les modèles de beauté habillés parfois de la plus chic des manières ou bien comme des garces se faisant passer pour des bourgeoises. Bref, il y avait de tout ici, alors pourquoi pas une immonde ordure pas habillé selon les codes vestimentaires de l'élégance mais au contraire comme il avait envie ? Peu importe les exigences d'un tel endroit, j'allais m'y incruster et même me faire remarquer. Je n'avais rien à faire de leur code de conduite. J'étais moi-même et je voulais simplement manger.

Pour me faire plaisir, je commandais tout ce qu'il y avait de plus cher et surtout d'inaccessible pour n'importe quel budget d'un honnête citoyen, bref une classe moyenne. Je ne me privais de rien du tout et tout le monde me prenait pour un type bourré de fric alors que je ne l'étais absolument pas et ce fait accentuait ma frime. Oh que j'étais fier d'être celui que je n'étais pas. Même les habits que je portais ce soir relevaient d'un vol gratuitement persuasif. Je les avais en effet obtenus gratuitement en réussissant à convaincre la vendeuse que je l'avais déjà payée pour mes achats. Ce don de persuasion était une merveille de la nature. Il me facilitait la vie et je pouvais même faire tout ce que je voulais. Illustration de cette joyeuse capacité en cet instant précis. Un serveur vint me voir pour l'addition, d'une somme exceptionnellement extravagante. Je lui demandais un paiement par carte histoire de faire le coup de la combine dissimulée. Au moment où il fallait taper le code pour finaliser le paiement, je regardais le serveur droit dans les yeux en lui disant :


- Le paiement de la carte a été accepté. Vous allez gentiment me remercier de ma visite et espérer que je revienne un de ces soirs où vous allez encore une fois vous emmerder pour me servir les plats les plus prestigieux.

Tel un robot, le minus m'obéit au doigt et à l'œil. Tout fier de moi, je venais une nouvelle fois de manger à ma faim et en plus sans avoir à débourser un seul sou. J'étais aux anges. Cette soirée était géniale. Je quittais le restaurant avec l'assurance de passer une bonne soirée, me dirigeant à pied vers Central Park pour commencer sereinement cette nuit qui promettait d'être grandiose à première vue. Mon corps était noyé par le plaisir de vagabonder dans les espaces verts sans se soucier de quoi que ce soit. Tout était absolument parfait pour moi. C'était ma soirée. Seul ou accompagné, j'allais la passer en tout cas avec un magnifique sourire aux lèvres qui n'allait jamais s'évanouir. J'étais bien, divinement bien. Oh mon Dieu quelle splendide soirée. Plus qu'une conclusion avec une femme et là je serais vraiment au septième ciel. Malheureusement à cette heure-ci on ne pouvait pas réellement dire que les beautés courraient dans les rues. La plupart était dans les soirées et je n'avais pas envie de m'y rendre. Bref tant pis, l'amour physique n'allait être qu'accessoire ce soir.

Je continuais à voguer un peu n'importe où, ne me souciant pas de ce qui se trouvait autour de moi. Je ne me souciais de rien du tout en dehors de ma belle gueule personnelle. Il pouvait même y avoir un attentat à la bombe et cela serait sans importance. Je continuerai à danser dans les espaces verts, me réjouissant de ma si belle existence de mâle manipulateur des faibles personnes. Je me fichais de tout. L'économie n'était qu'un concept absurde. La gentillesse était belle si je la forçais pour obtenir ses privilèges. Bref, j'étais un méchant, un méchant dans toute sa splendeur. Mes galères m'avaient conduit dans cet état de méchanceté profonde. C'était ma récompense. Je pouvais faire payer n'importe qui du mal que j'avais subi alors que cette personne n'était pas forcément responsable de ce que j'avais pu vivre durant toutes ces années. Je me fichais du visage car je personnifiais directement mes "agresseurs" sur la tronche de n'importe qui. Ce n'était pas compliqué de me faire plaisir. Il me fallait juste le parfait bouc émissaire pour me rendre heureux car je pouvais faire souffrir quelqu'un pour prolonger ma vengeance globale sur tout le monde. Le monde entier méritait d'avoir mal.

Au bout d'un moment, un bruit attira mon attention. En suivant sa source, je surpris enfin une femme qui, à ma stupéfaction, semblait être comme moi, une personne dotée d'un pouvoir. Elle s'expérimentait, ou bien cherchait à s'expérimenter...je ne savais pas trop comment prendre ça. Je la regardais, d'un œil intrigué mais aussi ravi avant de lui demander ceci :


- Qu'est-ce qu'une âme délicate comme la votre fait à l'extérieur aussi tardivement ? dis-je comme si la petite expérience de la demoiselle n'avait pas d'importance. Au fond c'était pour la détendre et ainsi pouvoir comprendre qui elle était.

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Ven 10 Mai - 2:22

Je reculais toujours, ma main portée à mon front afin de comprimer la petite coupure qui était apparue quand un bout de bois m'avait violemment percutée. Entre deux foulées j'eu le temps de constater que mes doigts s'étaient légèrement recouverts de sang mais pas suffisamment pour que je doive m'en inquiéter. Mes soucis du moment pouvaient, par conséquent, être entièrement consacrés à cet individu qui ne cessait de m'examiner comme si j'étais un animal de foire emprisonné dans une cage. Il me détaillait, m'analysait, me scrutait, m'examinait de son air bizarrement ravi et intrigué. Comment pouvait-il ne pas être effrayé par ce qu'il venait d'apercevoir? Il m'avait vu en pleine action alors que je tentais, pour une des très rares fois de ma vie, de contrôler ma télékinésie. Mais pour quelle bon Dieu de raison avait-il fallu qu'il tombe sur moi au moment pile où je me laissais enfin aller à ce genre d'expérience? J'étais déroutée, complètement déstabilisée mais surtout très paniquée. Mon cœur battait de travers tant j'avais peur de le blesser ou même... de le tuer. Mon esprit s'amusait à me faire rejouer les images du meurtre de mon père, repassait au ralenti le moment où le couteau s'enfonçait dans sa poitrine, me montrait sa figure dévastée par la surprise et la stupéfaction. Plus je voyais ces images, plus la panique m'envahissait. Déjà, autour de moi, je percevais très bien le changement d'air qui s'effectuait, remarquait que certaines choses jusque-là immobiles s'étaient mises à remuer tranquillement. Je pressentais qu'un malheur allait bientôt se produire si je ne parvenais pas à me calmer dans l'immédiat. Afin de m'aider, je fis exactement le contraire de ce que j'avais coutume de faire et donc, je me mis à regarder mon interlocuteur afin de me concentrer sur ses paroles et ses gestes au lieu de le fuir en courant pour éviter de lui parler.

Mes deux mains se portèrent aussitôt à mon visage pour le frotter, pour m'aider à me réveiller et à me tirer de cette étrange torpeur qui m'enveloppait solidement et qui contribuait à m'emprisonner dans la peur et la folie. Une longue et profonde inspiration suivie d'une toute aussi longue expiration m'aidèrent un tantinet à retrouver un semblant de calme mais aussi à ralentir les battements effrénés de mon cœur. Je tremblais, lorgnait occasionnellement ici et là pour vérifier que tout ce que j’avais vu bouger autour de moi avait bel et bien cessé de remuer. Quand je fus assurée que plus rien ne s'activait sur le sol ou dans les arbres je pus enfin placer tout mon attention sur l'homme qui attendait toujours une réponse à sa question.

- Rien... rien du tout. J'ai tout simplement eu envie de prendre l'air. Je... je vais rentrer maintenant. Bonne fin de soirée...

J'allais tourner les talons, fuir cet étranger qui avait osé m'adresser la parole quand je vis un deuxième personnage entrer en scène. Sa présence était passée inaperçue puisque j'étais visiblement trop occupée et concentrée à animer des débris pour pouvoir m'en rendre compte. C'était un homme, encore, et qui avait apparemment tout vu du petit spectacle que j'avais livré bien malgré moi. Il paraissait fasciné et semblait même avoir quelques questions à me poser puisqu'il ne cessait de s'approcher de moi en souriant de toutes ses dents, ses yeux brillant d'excitation. Il faisait noir, très noir mais la faible lueur de la lune se reflétait suffisamment dans ses pupilles pour que je puisse affirmer sans trop me tromper qu'il était complètement subjugué par la scène. Trop, même. Je ne voulais pas ça. Je ne voulais pas être le centre d'attention, je ne voulais pas qu'on s'intéresse à moi et à ce foutu don que je détestais plus que tout.

Mon cœur se remit à battre tout de travers, provoqua ce traditionnel serrement de gorge qui survenait dès que les signes de la panique m'envahissaient. Je fis quelques pas supplémentaires à reculons, eut tout juste le temps de voir des centaines de bout de bois, de feuilles et de débris quelconques s'envoler dans les airs pour se mettre à tournoyer sur eux-mêmes avant de voler dans tous les sens pour percuter tout ce qui se trouvait sur leur chemin.

- Non, non, non, non! Non...!

Mes genoux s'entrechoquèrent entre eux avant de fléchir et de m'obliger à m'effondrer sur le sol, cependant que mes mains s'empressaient de couvrir ma figure afin de cacher mes yeux humides. La honte que j'éprouvais en cet instant à cause de ma faiblesse était non quantifiable. Ne pas contrôler ce pouvoir m'accablait du plus profond des désespoirs, envenimait mes craintes, renforçait mon idée de rester seule et de continuer de m'isoler loin, très loin dans mes montagnes. J'étais une novice d'une extrême maladresse, j'étais dangereuse, j'étais infréquentable. À mes yeux, j'étais une cause perdue, une innocente humaine incapable de doser ses émotions, incapable d'accomplir quoi que ce soit de bon et de positif.

Quand mes mains se décollèrent enfin de mon visage je vis les deux hommes discuter ensemble sur un ton bizarrement autoritaire. Je ne dis mot, me contenta de me relever très lentement afin de replacer ma petite robe d'été et sans doute tenter de filer en douce avant qu'on ne me harcèle de questions ou pire, qu'on me fasse arrêter pour trouble de l'ordre public. Je ne pris même pas le temps de vérifier si ma perte de contrôle avait causé des dégâts chez les deux individus, tout ce qui m'importait était de fuir les lieux avant que le pire ne se reproduise...
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Kieran N. Blackburn
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Ven 10 Mai - 21:26

Le hasard aurait très bien pu me conduire vers un piège, des ennuis, une merde pas possible qui aurait pu me donner envie de passer mon chemin, mais il ne l'avait pas fait. Au contraire, il avait décidé de me mener vers le chemin d'une créature féminine assez délicieuse. Ce n'était pas mon idéal féminin mais certains critères de beauté demeuraient quand même réunis pour me plaire. Déjà, la chevelure de la demoiselle était d'un blond assez caractérisé, une teinte chaleureuse et attirante qui ne pouvait qu'hypnotiser mon regard. C'était pour cette raison que je la scrutais. Au départ, j'aurais bien voulu passer mon chemin et ne la jeter en ne la prenant que pour une chose, mais la nourriture semblait délicieuse dans le coin. Elle me faisait envie et puis le fait qu'elle ait un pouvoir accentuait l'attractivité qu'elle inspirait à mes yeux. Au fond elle n'était pas comme ces choses que je croisais le plus souvent. Cette beauté, appelons-la ainsi, avait ce petit truc en plus qui attirait mon regard. Quel était l'objet de mes sentiments en cet instant précis ? En vérité, il s'agissait surtout d'un certain intérêt. Elle était largement supérieure à ces gros bonnets que je trainais dans mon lit pour explorer leur profondeur. Ce truc, ce pouvoir qu'elle avait, ça m'excitait. C'était étrange à dire mais c'était comme si son pouvoir la rendait encore plus attirante qu'elle ne l'était déjà à mes yeux. Ce n'était même pas un critère de beauté mais juste un petit point commun qui illuminait mes yeux. Je ne savais pas encore ce que j'allais faire avec elle, ni même si j'allais concrétiser quoi que ce soit d'ailleurs, mais une chose était sûre : cette demoiselle me plaisait vraiment, peu importe son histoire, son identité, ni même les petits défauts en creusant la surface. Elle me plaisait et je n'allais pas la laisser prendre la fuite. Ce truc, ce pouvoir...et même son regard. Quelque chose m'intéressait en elle et me donnait l'assurance de passer une soirée explosive, une soirée où l'étincelle de plaisir n'allait jamais quitter mon regard. Je me plaisais bien dans le rôle de l'ordure décalée de la réalité car au moins personne ne me faisait chier.

Pour en revenir à cette fille, sa réaction me décevait pas mal à vrai dire. Elle allait me fuir alors que moi je ne souhaitais que me rapprocher d'elle et combler cette excitation qui m'habitait depuis tout à l'heure. Cette fille m'attirait merde, il n'y avait pas de honte à ça, enfin je le croyais. J'étais même fasciné par sa présence. Elle était blonde et en plus une fille très spéciale avec sa télékinésie. En deux critères elle avait su m'attirer. Pas besoin de m'engueuler alors que je ne faisais qu'apprécier ce que le hasard m'avait offert. Cette créature était tombée sur mon chemin alors elle n'allait pas en repartir comme ça. Je ne m'avouais jamais vaincu et je n'abandonnais surtout pas le plus beau des fruits dans l'arbre de la vie. La femme, oh quel bonheur, mais cette femme, cette blonde, elle m'intéressait encore plus alors elle n'allait pas tourner les talons et partir comme ça sans aucune "discussion" sérieuse merde ! Je soupirais. Je ne voulais pas la voir partir comme ça. Ce serait du gâchis !

En fin de compte, le destin m'offrit autre chose pour m'empêcher de soupirer et de pleurnicher parce que l'objet de ma fascination était en train de me passer sous le nez. Un ignorant s'était mêlé à ma curiosité pour découvrir cette demoiselle dans l'expérimentation de son don. Connaissant la stupidité dont ces types pouvaient faire preuve, je m'approchais de lui, avec mon regard de méchant, ce regard typiquement glacial comme si ce type était une proie, une chose que je voulais briser en deux. Son sort était encore indéterminé mais je savais bien que ce type n'allait pas faire long feu dans le coin. Si cela ne tenait qu'à moi je ferais trembler la terre pour que cette ordure puisse avoir la trouille de sa vie mais ce pouvoir avait pour désavantage d'être visible et donc de marquer les esprits. Optons alors pour la sournoiserie, la si belle sournoiserie. Je fixais ce ridicule bipède droit dans les yeux pour lui montrer qui était le patron avant de passer à l'action et d'entrer dans le vif du sujet. Je fis intervenir mon don à moi.


- Toi le bipède ridicule un peu trop curieux tu vas écouter attentivement ce que je vais te dire. Tu n'es pas venu ici. Tu ne nous as pas vus. Tu n'as pas vu ce que tu crois avoir vu. Tu ne fais que marcher, marcher et encore marcher. Tu ne fais attention à rien jusqu'au moment où tu rentres dans ce restaurant de pingouins à deux rues d'ici dans lequel tu vas pouvoir te goinfrer très facilement et faire exploser ton si bel estomac de curieux. Et puis qui sait peut-être que tu y rencontreras une belle compagne pour passer une bonne soirée et peut-être enfin conclure. Tu sembles un peu trop innocent mon petit, alors désinhibe-toi une bonne fois pour toutes et la Terre chantera tes louanges quand tu grimperas au septième ciel. Bref, va bouffer et hors de ma vue !

Le petit innocent se mit alors à partir, en marchant tranquillement, directement vers le restaurant de pingouins vers lequel je l'avais gentiment envoyé. J'étais quand même sympa non ? Je l'envoyais directement vers un restaurant classe plutôt que six pieds sous terre. Je rendais service autant au gringalet qu'au restaurant. Bref, c'était ma bonne action du jour. Je me retournais de nouveau vers cette belle créature, de peur qu'elle décide une nouvelle fois de tenter de partir en douce alors que je n'avais même pas eu le temps de faire quoi que ce soit avec elle. Je l'avais décidé : cette fille me plaisait, alors je n'allais pas abandonner aussi vite, surtout pas une créature aussi attirante comme elle. Je ne m'approchais pas tout de suite d'elle, car je n'avais pas envie qu'elle se mette à courir en criant directement partout que j'étais son agresseur.

Commençons en douceur.


- Tu peux arrêter d'avoir peur. Ce type ne se souviendra pas de ce qu'il a vu et puis moi on ne peut pas vraiment dire que je vais crier sur tous les toits que tu es ce que tu es. Et puis sincèrement, si j'étais quelqu'un qui voulait te faire du mal, tu crois que je n'aurais déjà pas tenté de te courir après ou faire quoi que ce soit contre toi ? Je ne te veux aucun mal, crois-moi.

Sacré numéro, n'est-ce pas ? Je ne savais pas ce que je faisais, mais je forgeais sans doute l'ombre d'une rencontre assez intéressante entre la belle blonde et moi, un immonde pouvant se révéler être un sacré connard quand il le voulait.

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Lun 13 Mai - 12:50

J’allais partir quand l’homme qui s’était adressé à moi au tout début se mit à discuter avec le dernier arrivant. Son timbre de voix m'impressionna tant qu’il me stoppa net et m’obligea à me retourner. Je devais le regarder, je le devais vraiment. Les paroles qu’il utilisa pour dicter ses ordres étaient quelque peu méchantes, autoritaires mais surtout complètement hallucinantes. Il avait une façon de s’exprimer qui me fascinait totalement et qui m’obligeait à demeurer sur place pour l’écouter parler même si ce n’était pas à moi qu’il s’adressait. La réaction de l'individu à cette tirade de propositions assez farfelues était des plus énigmatiques. Il écoutait attentivement, les yeux vides et sans expression. Il n’émettait aucune objection, restait immobile et muet, respirait à peine. Son attitude me sciait en deux et c’est à ce moment que je m’aperçus -non sans horreur- que j’étais dans le même état que ce dernier. Je ne bougeais plus, j’observais la scène sans rien dire, bizarrement calme et détendue. Comment est-ce que je pouvais me sentir ainsi alors que deux minutes auparavant tout ce à quoi j’aspirais était de fuir? Je ne comprenais pas ce qui se passait et ça m’effrayait...

Au signal, le "bipède ridicule un peu trop curieux" qui s'était statufié se mit à bouger pour enligner un pied devant l'autre et se diriger exactement vers l'endroit qui lui avait été suggéré. Il ne se retourna pas une seule fois, n'émit pas le moindre bruit, pas le moindre son et disparu aussi rapidement qu'il était apparu sans demander son reste. Mon attention se reporta alors sur l'individu encore présent au moment même où ce dernier tournait la tête pour me regarder. Simultanément nos regards se croisèrent et mes yeux plongèrent dans les siens pour les forer avec une intensité que je ne me connaissais pas. Moi qui habituellement fuyait tout, je me retrouvais planté là à rien faire d'autre que de dévisager mon étrange interlocuteur. Je détestais me sentir comme ça, gelée et impuissante. C'était comme si une force invisible me retenait, m'empêchait carrément de partir alors que c'était tout ce que je désirais. Je ne voulais pas rester. Cet étranger m'avait vue sous mon plus mauvais jour, il avait vu mes bourdes, ces essais ratés et pitoyables qui étaient survenus parce que je ne contrôlais rien. J'étais une cause perdue, j'étais une nullité. Pourquoi est-ce qu'il ne partait pas? Pourquoi est-ce qu'il continuait de s'intéresser à moi?

Un peu craintive, je restais sur mes gardes. Le bel inconnu s'adressa alors à moi de sa voix calme et douce, très rassurante et coulante qui m'hypnotisa aussitôt et me plaça dans un état de confiance presque absolu. Tandis que je l'écoutais, ma tête s'inclina légèrement vers la droite démontrant ma curiosité et ma fascination. Je le trouvais intriguant et j'avais soudainement envie de rester et d'échanger avec lui mais je ne pus m’empêcher de tiquer quand il mentionna que l’homme qui venait de nous quitter ne se souviendrait de rien. Un doute s'immisça lentement dans mon esprit. Je commençais à croire que ce type avait un petit quelque chose… d'anormal. Pourquoi est-ce que quand il affirmait qu'il ne me ferait rien je n'avais aucune peine à le croire? Je l'ignorais. Peut-être était-ce à cause de sa figure, de son attitude, de sa façon d'être… ou de sa voix. Peu importait, de toute façon. Il avait le chic pour me mettre presqu'à l'aise et je ne pouvais me le cacher, cela me plaisait un tantinet. Je m'apercevais que, bien plus que je le croyais, j'avais besoin d'une présence humaine dans ma vie.

- Je n'ai pas peur… C'est plutôt toi qui devrais avoir peur de moi… Ce que je suis… n'est pas joli…

En prononçant ces derniers mots je me remis à reculer sans le quitter des yeux. Je savais très bien ce que j'étais. J'étais une abomination dangereuse et indésirable. La preuve se retrouvait facilement en cette petite coupure que je m'étais faite à l'arcade sourcilière. D'ailleurs en y songeant ma main gauche s'y porta mécaniquement pour vérifier que tout allait bien, me prouva lorsque j'y jetai un coup d'oeil que plus rien n'allait s'en échapper pour l'instant.

- Tes intentions sont peut-être bonnes… et les miennes le sont également mais…

Je me mis à secouer la tête, découragée.

- Laisse-moi tranquille. Va-t'en! Ça vaudra mieux pour tout le monde.

Avec beaucoup de difficultés je finis par détacher mes yeux des siens et me mit à marcher vers la sortie afin de regagner cette petite chambre minable que j'avais louée pour le reste de la semaine. Je ne voulais pas qu'un incident survienne, que cet homme étrangement fascinant subisse le même sort que mon père. Le quitter était difficile, plus difficile que je ne le croyais. Il y avait longtemps que je n'avais pas échangé avec des gens puisque je m'interdisais cette activité depuis que j'étais devenue orpheline. Vivre en réclusion était pénible et même si je m'y étais quelque peu accoutumée depuis les dernières années il n'en demeurait pas moins que je restais horriblement seule et immensément triste et malheureuse. En marchant, je regardais ma main souillée de sang séché. Elle me rappelait à quel point j'étais maladroite et que je n'avais pas ma place sur cette Terre. Bien malgré moi, deux grosses larmes se mirent à couler sur mes joues, larmes que je ne mis qu'une seconde à essuyer du revers de la main. Je ne voulais pas être aveuglée en m'enfuyant, je voulais juste m'en aller le plus rapidement possible, m'éloigner de cet individu qui ne me craignait pas et dont la voix monopolisait encore et toujours l'entièreté de mes pensées.

Le parc était grand, très grand. Je marchais d'un pas pressé, précise dans ma trajectoire qui se dessinait en une ligne très droite. Je ne regardais nulle part ailleurs que devant moi même si j'étais désespérément tentée de me retourner pour voir si l'étranger avait quitté la place ou s'il était à me suivre. Je n'entendais rien; par conséquent il m'était impossible de déterminer si je l'avais sur les talons ou pas. Une partie de mon cœur espérait qu'il m'arrête, qu'il me crie de ralentir ou mieux encore, qu'il dépose sa main sur mon épaule pour me freiner afin d'entamer une conversation digne de ce nom. L'autre partie elle, me criait de poursuivre ma route sans me retourner, de fuir cette présence envoûtante qui avais su me captiver suffisamment pour que j'en demeure troublée encore quelques temps. Ces sentiments affectaient ma respiration et, combinés à l'effort physique que je déployais pour marcher rapidement, avaient pour conséquence de la rendre laborieuse et irrégulière. J'eu le temps de franchir une bonne dizaine de mètres quand cette voix qui me fascinait tant se fit entendre à nouveau, non loin derrière moi, m'obligeant à m'arrêter et à fermer les yeux pour mieux l'écouter. Mes poings se refermèrent sur eux-mêmes, mes mâchoires se serrèrent fortement et mes sourcils se froncèrent tandis que je priais tous les Dieux et les Saints du ciel pour qu'il n'arrive rien de mal à personne.
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Kieran N. Blackburn
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Mer 15 Mai - 1:58

Manipuler ce minus avait été un jeu d'enfant. Son âme était tellement innocente et fragile qu'elle demeurait réceptive à une aussi maigre utilisation de mon don de persuasion. Même pas besoin de me salir les mains et de me faire chier en le passant à tabac, le travail se faisait tout seul ! La vulnérabilité des minables dans son genre était perçue à mes yeux comme un plaisir jouissif car j'agissais un peu comme un marionnettiste capable de couper les fils de ses patins comme il le souhaitait. C'était tellement ridicule que j'avais envie d'éclater de rire sur le coup mais je pris la décision de conserver cette marque d'humour noir dans mon crâne, sans doute par respect pour la demoiselle. En parlant d'elle, ce joli brin de femme était la source d'envies assez...particulières en moi. C'était étrange mais jamais je n'avais eu envie avant elle de m'approcher à ce point. Les autres n'avaient été que des mouchoirs jetés directement après leur utilisation. Elles n'avaient été que des petites choses insignifiantes présentes que pour combler le plaisir du colonel. Le colonel, appelons-le ainsi, était en quelque chose un prédateur qui survivait dans le plaisir de l'excitation de ses désirs et ces fameuses petites âmes ne cherchant que l'aventure d'une nuit étaient la nourriture parfaite pour l'apprivoiser. Avec ce sport de chambre, j'apparaissais automatiquement radieux à chaque fois que le jour se levait, débutant ma journée avec un sourire aussi arrondi qu'une banane. C'était sans aucun doute le côté physique qui me faisait tant aimer la vie et qui me faisait aussi passer pour un réel connard auprès des demoiselles que je jetais pour le plaisir mais la deuxième partie n'avait aucune importance. Bref, on s'en foutait car la plus importante était la demoiselle de cette soirée. Cette belle créature m'intéressait bien plus que ces mouchoirs à usage unique. Elle était différente, suffisamment différente pour me plaire. Oui, pour une rare fois depuis longtemps j'étais excité par cette perle féminine. Je ne savais pas ce que j'allais faire avec elle mais je voulais être avec elle. Allais-je être un gros cochon ou bien un gentleman ou bien juste un mordu du physique comme d'habitude ? Je ne savais pas. Cette demoiselle était la première pièce d'improvisation de toute ma vie. Là tout ce que je voulais c'était l'approcher, après allais-je lui sauter dessus ou être plus gentil avec elle ? Il était impossible de prévoir la mesure de mes pulsions surtout quand je me trouvais en la présence de quelqu'un qui m'excitait autant que cette belle blonde qui était là.

En parlant d'elle, j'avais l'impression qu'elle me fuyait mais s'l y avait bien une chose que j'avais en horreur c'était le fait qu'on puisse oser me dire non. C'était en quelque sorte un énorme défaut chez moi. J'avais la prétention de croire que tout m'était acquis par avance, alors je refusais de voir l'ombre d'un crétin oser rejeter l'une de mes requêtes. C'était juste inconcevable. Ce "non" était une option que je refusais catégoriquement. J'avais besoin qu'on exauce tous mes souhaits, tous mes caprices, et non pas qu'on me jette comme tous les mouchoirs que je jetais moi-même. Au fond, je faisais subir à toutes ces âmes si belles et fragiles la chose que j'avais subie moi-même par le passé, ce rejet subi dans cette enfance volée qui m'avait conduit à ce stade d'ordure finie. J'avais été délibérément volé à mon socle familial initial, pris pour une chose, un peu comme ma façon de me conduire avec ces filles. Je les prenais en quelque sorte pour moi. Je faisais subir aux autres ce que moi j'avais subi et c'était ce qui me permettait de rester instable, toujours sur la pente dangereuse. Le danger me faisait rire. Je me fichais de tout. Tant que le plaisir existait dans ma vie, cette dernière ne pouvait que me plaire. L'insouciance du fait d'être le plus profond des ordures était vraiment la plus belle des choses à vivre. Pas besoin de rendre des comptes à qui que ce soit. J'étais un connard et au moins je l'assumais ce qui était en quelque sorte une marque de dignité que peu de personnes possédaient.

Avec cette belle blonde, je ne savais pas si j'allais être un immonde connard ou si j'allais finalement arrêter mes conneries. Mon excitation masquait en quelque sorte ma volonté réelle et ne me laissait pas percevoir l'entièreté de mes intentions. C'était ce qui entrainait cette improvisation. Je voulais approcher cette jolie créature sans pour autant savoir si j'allais être un connard ou quelqu'un de bien plus gentil que cela. L'excitation du colonel mais aussi de ma curiosité m'empêcher de jauger la mesure de mon comportement, même si le colonel avait bien envie de satisfaire ce petit manque d'une journée sans activité d'étirement physique intégral. J'avais juste envie d'approcher la demoiselle et me lier un minimum à elle. Ce n'était que grâce à cela que j'allais pouvoir savoir comment j'allais réagir avec elle. Cet excitation inédite me perdait mais cela me fascinait. Tout mon corps était en ébullition. Une étincelle de vie me traversait en étant en présence de cette fille. Oh que j'aimerais bien pouvoir l'approcher, lui parler et peut-être toucher sa main. Une proximité comme celle-ci allait donner un sens à mes agissements, mais c'était mal parti. La belle semblait avoir une très mauvaise image d'elle-même. Elle se considérait comme une abomination simplement parce qu'elle avait ce don de télékinésie. Si franchement ce don était une abomination, que dire des miens ? Je pouvais faire trembler la Terre et faire ce que je veux de n'importe qui. Elle ne pouvait que faire bouger les choses. Moi, mon agissement était directement lié à des intentions perverses. Franchement, cette blonde n'avait pas à se plaindre. Même si humainement on sait que les pouvoirs sont durs à accepter pour les consciences dites petites et plus axées sur le sens rationnel de la vie, il y avait franchement pire à subir.

Quand elle se mit de nouveau à fuir, je fus au départ déçu mais je n'abandonnais absolument pas l'idée de pouvoir l'approcher comme je le souhaitais. Pas question de rester sur ce nom bordel de merde ! Je me mis alors en route pour la suivre et tenter de la rattraper. La belle put franchir une dizaine de mètres avant qu'on se rejoigne de nouveau. Je ne la voyais pas encore de face, mes yeux étant encore focalisés sur cette ligne dorsale bien forgée et ces petits airbags bien ronds et biens attractifs qui devaient sans doute combler les désirs obsessionnels des chaises, fauteuils et autres supports où ils se déposent. Rien à dire en dehors du fait que son dos me fascinait. Plus les secondes passaient et plus elle me faisait envie cette fille. Mon Dieu, elle me faisait de l'effet cette blonde, sans même me parler directement. Plus elle me fuyait et plus je voulais la coller. Plus elle s'éloignait de moi et plus l'effet qu'elle avait sur moi augmentait. Sa fuite la rendait fascinante. Oh mon Dieu, elle m'excitait dans tous les sens du terme. Elle ne disparaissait pas de mon cœur en me rejetant. Au contraire, mon envie et surtout mon besoin de l'approcher devenaient de plus en plus fort à mesure que je la sentais s'éloigner de moi. La pauvre chérie hein ? Plus elle partait et plus je voulais me sentir proche d'elle. Encore un moment et ça risquait de devenir indécent. Heureusement que je l'avais rattrapée avant de devenir un excité incontrôlable.


- On a très souvent du mal à accepter ces nouvelles choses qui entrent dans nos vies et qui nous différencient du monde entier. On se sent étranger à notre propre monde, une abomination comparée à ces humains mortels et sans pouvoirs. On est un peu des bêtes de foire, des choses qui ne mériteraient même pas d'exister, mais pourtant on existe. On appartient à ce monde au même titre que ceux qui croient qu'on n'y a pas notre place, que nous sommes des abominations. Tu n'es pas une abomination très chère, et ce n'est pas le fait que tu parviennes à faire bouger des choses qui va faire de toi une tueuse. Après on est ce qu'on est, gentil ou méchant. Ce que je perçois de toi n'est pas l'ombre de la tuerie. Cela se voit que tu ne veux pas faire du mal aux gens et la force de la conviction surpasse toutes les autres. Si tu es bénéfique au fond de ton âme, ce n'est pas ton don qui va changer quoi que ce soit et surtout pas ce que tu es.

Je m'approchais d'elle, osant déposer ma main sur son épaule. Je la touchais enfin. Oh mon Dieu, me sentir avec elle était une récompense d'une grande valeur.

- Si tu es bénéfique au fond de toi, tu ne seras pas une tueuse et encore moins une abomination. Il faut juste y croire. C'est en se posant déjà la question de ta force de conviction que tu sauras si tu peux accepter ce que tu es. Si c'est la réponse affirmative, tu pourras vivre continuellement ta vie en tentant d'accepter ton don. Si c'est la négative et que tu crois ne pas avoir assez de force, tu auras besoin d'aide. Dans les deux cas tu auras besoin d'aide de toute manière. Pense à toi, à ta vie, à ce que ce pouvoir change, et tu sauras où aller et quoi faire. Seule cette réflexion pourra t'aider à t'avancer dans ta vie et surtout à construire ton avenir, un avenir qui peut être radieux si tu centres ta réflexion sur les bons choix.

Oh mon Dieu ce discours psychologique que je venais de sortir me choquait. Comment avais-je pu dire tout ça alors que j'étais un réel connard ? Bizarre... C'était une autre manière de l'approcher : être "bon" et doux avec elle.

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Sam 18 Mai - 21:23

Il employait le "on" tandis qu'il m'expliquait comment il entrevoyait les choses concernant mon don… Je m'en doutais bien, de ce pourquoi et il faisait en sorte que mes poings demeuraient durement fermés et que mon visage restait crispé par la peur et l'inquiétude. Lorsqu'il parlait d'abomination, j'avais le sentiment qu'il lisait dans mes pensées puisque ce qu'il me racontait était le reflet exact de ce qui hantait mon esprit, des tracas qui m'empêchaient de fonctionner normalement et qui me forçaient à me tenir loin de toute civilisation en m'obligeant à vivre dans les montagnes. De toute évidence, cette impression que j'avais eue de lui soupçonner un pouvoir n'était pas fausse. La preuve se retrouvait en cet homme qui venait brusquement de tourner les talons pour partir vers le lieu de restauration qui lui avait été clairement indiqué. Mais quel était ce don que cet individu possédait? Est-ce qu'il pouvait… hypnotiser les gens? J'étais perdue. Plus il discutait, plus je m'enfonçais dans le néant. Certains de ses commentaires avaient le mérite de me déboussoler, en particulier celui qui traitait d'immortalité. C'était plus fort que moi; la logique mais aussi mon instinct m'amenaient à lire entre les lignes. Cet homme... n'était pas un simple humain mortel. Par conséquent il fallait que je sache à qui j'avais affaire même si pratiquement chacun des mots qu'il employait avait le chic pour me couvrir de sueurs froides et donc, me rebuter. De surcroit, plus les secondes s'écoulaient, plus je redoutais qu'il ait le pouvoir de lire les pensées puisque bêtes de foire et abomination étaient deux termes qu'il avait été chercher directement dans ma tête. Cette perspective ne m'enchantait guère. Je ne voulais pas qu'on squatte ma tête, qu'on y fouille comme dans un livre ouvert. Je tenais à garder mes pensées pour moi et moi seule. Elles n'étaient pas à partager avec les autres. Même s'il était gentil avec moi, il m'effrayait.

J'allais me concentrer à tout effacer et ne penser qu'à du noir, en plus d'envisager de fuir à nouveau quand l'inconnu mit le doigt en plein sur le bobo, sur mon bobo, celui qui avait gâché ma vie, qui l'avait détruite et par conséquent qui m'avait rendue profondément malheureuse. En entendant ces mots je ne pus faire autrement que de me mordre l'intérieur de la joue pour ne pas éclater en sanglots. J'avais la haine, j'avais la rage et déjà mes mains commençaient à trembler tant ma colère grandissait. Je voulais bien le croire quand il affirmait qu'il était évident que je ne voulais pas faire de mal aux gens, mais quand il affirmait que ce don ne faisait pas de moi une tueuse alors là, il se plantait, et royalement à part ça! Je bouillais, je fulminais, j'avais juste envie de lui hurler par la tête qu'il était le plus grand des imbéciles et qu'il ne connaissait absolument rien de ma vie. Je voulais le faire, je voulais le lui dire suffisamment fort pour qu'il en tombe sur les fesses et qu'il se sauve ensuite à quatre pattes en gémissant. Pour une des très rares fois de ma vie j'avais envie de botter les fesses de quelqu'un, de balancer la plus efficace et jolie claque de derrière de tête qu'il soit possible de distribuer.

Mes lèvres s'entrouvrirent dans le but de protester et de laisser s'échapper l'intégralité de ma colère seulement quand je vins pour parler je sentis sa main chaude et pesante se déposer sur mon épaule. À ce moment je me tus, refermant mon clapet pour mieux écouter ce que mon interlocuteur avait à ajouter. Je continuais de lui tourner le dos, avait cependant penché ma tête vers le bas pour fixer mes mains et les écraser l'une contre l'autre dans une tentative vaine de les faire cesser de trembler. Même si ma respiration s'était calmée je demeurais énervée et stressée, effrayée, surtout, que l'homme puisse lire mes pensées mais aussi terrifiée à l'idée que n'importe quoi se trouvant à proximité se mette à remuer et voler dans tous les sens. Un calme étrange m'envahit tout à coup, me forçant à ravaler ma colère et à me concentrer davantage sur les mots d'une douceur étonnante qui parvenaient à mes oreilles. J'avais envie de croire ce que j'entendais, j'avais envie de m'ouvrir à cette possibilité qu'au final je n'étais pas une mauvaise personne. Pourtant, même si les arguments que j'entendais étaient près de me convaincre un doute restait, agaçant et très énervant. Le jeune homme avait raison; dans un cas comme dans l'autre, que j'accepte ou non ce que j'étais, j'avais besoin d'aide. D'ailleurs, n'était-ce pas justement la raison pour laquelle je me trouvais en cet endroit, dans cette ville que je détestais violemment?

Doucement je finis par me retourner, provoquant la chute de la main qui s'était si gentiment déposée sur mon épaule. Je voulais faire face à cet homme qui avait eu le pouvoir de m'arrêter, de toucher directement à mon âme avec des paroles plus que poignantes de vérité. À croire qu'il me connaissait par cœur, qu'il me décodait les yeux fermés sans faire le moindre effort. Il me fascinait, je devais me l'avouer… Il méritait donc… toute mon attention. Sans perdre une seconde de plus mes yeux plongèrent dans les siens, fouillèrent son regard brillant d'une étrange sincérité mais aussi de mystère…

- Qui es-tu? Tu lis en moi comme dans un livre ouvert. Ta voix m'hypnotise… tes paroles m'ensorcèlent… Tu es doté d'un pouvoir toi aussi… Tes réflexions sont justes, j'ai la sensation que tu me connais par cœur et je n'aime pas ça…

Pour le lui démontrer je secouais ma tête de gauche à droite, un peu sous le choc.

- Je veux partir mais je n'y arrive pas. Qu'est-ce que qui se passe?

J'arborais une mine triste et inquiète. Tout en moi me criait de m'en aller, de prendre mes jambes à mon cou et de m'enfuir en courant loin, très loin mais je n'y arrivais pas. Je restais collée au sol, j'y étais rivetée comme si on m'avait planté des clous dans les pieds. Pire, une force mystérieuse me poussait à échanger avec l'individu et à lui livrer le fond de mes pensées.

- Ce don a détruit ma vie… et j'ai toujours cherché à le fuir. Tu as vu ce qui arrive quand je panique? Regarde!

Ma main souillée de sang s'était tendue vers lui en tant que preuve irréfutable de ma faiblesse mais surtout de mon manque flagrant de confiance en moi.

- Ça… ce n'est rien, rien du tout. J'ai fait bien pire!

Je ne voulais pas pleurer. Je luttais de toutes mes forces pour ne pas flancher mais c'était difficile. Pourtant je tenais le coup, je gardais la tête haute, affichant un air déterminé mais aussi très intrigué. Je détaillais mon interlocuteur, le dévisageais presque effrontément en le vrillant d'un regard des plus intenses. Il était beau, ah ça oui il l'était! J'aimais ses yeux, son demi-sourire, ce charmant petit fossé qui creusait son menton… j'aimais ses cheveux, son port de tête, sont attitude, l'aura énigmatique qui l'entourait. J'étais irrévocablement attirée par lui, j'étais sous son charme, j'étais… incapable de partir. C'est là que je m’aperçus que ma main était restée tendue vers lui, paume en l'air, comme si elle attendait d'être cueillie, comme si je désirais qu'on la prenne et qu'on m'entraine je ne sais trop où, dans je ne sais quelle ronde, aventure ou lieu. Aussitôt mon poing se referma et mon bras reprit sa place là où il se devait d'être, c’est-à-dire le long de mon corps. Je déglutis péniblement, un peu gênée et finis par baisser les yeux pour fixer mes pieds, encore étonnée de ne pas les avoir bougés afin de décamper vers mes appartements pour fuir cet étranger qui me bouleversait complètement.
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Lun 20 Mai - 1:20

Quand une alerte à la bombe atomique retentissait sur ma route, le colonel se mettait au garde-à-vous agissant tel le prédateur chassant la magnifique gazelle rôdant dans le secteur. En plus, si la belle gazelle s'avérait être intéressante en plus d'être délicieuse à observer, hors de question de la laisser partir comme ça, comme une merde, alors que tous mes sens étaient en éveil. Elle me faisait envie cette belle inconnue blonde de surcroit, une envie digne d'un cochon indélicat et en plus extrêmement sournois. Cette sournoiserie était la fondation de mon approche qui, avec elle, se voulait douce et remplie de mystère à une surdose qui ne pouvait laisser personne indifférent. Cette inconnue m'intéressait autant par son physique que par le fait qu'elle était spéciale. Cette dernière était en effet dotée d'un don de télékinésie qu'elle ne maitrisait visiblement pas, et cela transformait mon envie d'être avec elle en une obligation limite obsessionnelle. Je la voulais. Tout mon corps la désirait et seule cette sournoiserie la maintenait près de moi. Si jamais je ne l'approchais pas de cette manière, la belle aurait sans doute voulu s'enfuir et j'aurais probablement terminé au dessus d'elle, l'adoucissant avec mon pouvoir dans le but de terminer mon affaire, mais ce n'était pas ce que je voulais. Si franchement je voulais être aussi rapide, je serais déjà passé à l'acte, preuve que j'avais besoin d'autre chose. La douceur de l'approche ajoutait en moi une certaine envie qui berçait mon excitation. Plus je prenais mon temps en la maintenant sous mon emprise et plus mon besoin d'être avec cette fille augmentait en flèche. J'avais envie d'elle, besoin d'elle et s'il fallait être un minimum gentil pour cacher cette facette de connard, pourquoi pas le faire ? De toute manière, je n'avais rien à perdre car des bombes atomiques il en existait partout, mais c'était celle-là que je voulais, elle et personne d'autre, alors j'allais l'avoir, avec toute l'excitation que je souhaitais. Hors de question de rester sur un échec surtout pas avec une fleur délicate comme celle qui était là devant moi.

Plus je m'approchais d'elle et plus cette proximité me rendait sensible à son parfum. Cette odeur enivrante se glissait avec délice dans mes narines à chaque fois que je le respirais. C'était la senteur parfaite pour une personne comme elle. Je ne la connaissais pas, mais cela se sentait qu'elle était faite pour ce parfum. Cette odeur, c'était juste tellement elle que cela me paraissait évident. Je ne cessais de la renifler, de m'emparer de cette odeur pour la rendre mienne à chaque fois que j'avais besoin d'inspirer. C'était comme si j'en avais besoin, comme si cette chose était en quelque sorte devenue une drogue, une dépendance d'un niveau catastrophiquement immense. Cette odeur me rendait dépendant de cette présence féminine. Tout en elle m'attirait. Cette fille me plaisait réellement et mon corps l'exprimait depuis cette étincelle dans le regard jusqu'à ce colonel qui se dressait en secret pour montrer son excitation. Allais-je la reléguer à une expérience d'une soirée ou à quelque chose de bien plus profond que cela ? Bonne question. Elle m'attirait en tout cas suffisamment pour ne pas terminer comme ces autres mouchoirs de poche que j'avais connus. Ce qui avait amené mon regard à se déposer vers elle était au départ le fait de croiser simplement une femme, ensuite le fait de l'avoir vue blonde, enfin ses formes mais après mon attirance avait dépassé le physique pour atteindre une raison bien plus floue. Je savais que je la voulais elle, mais ce n'était plus pour le physique. Je la voulais simplement elle parce que je l'avais choisie pour être mienne et elle n'allait pas connaître un autre sort que celui que je lui avais attribué. Cruel ou non, c'était ainsi parce que je l'avais décidé et cela n'allait pas être autrement. Peu importe ma façon d'agir et si j'allais passer pour le plus parfait des connards ou non, tout mon être la souhaitait elle et je n'allais pas jeter mon dévolu sur quelqu'un d'autre, pas ce soir. Je m'attardais sur elle avec un plaisir et une excitation qui grandissait.

Je vendais du rêve à cette demoiselle mais aussi un tissu de vérité qui n'avait rien de faux. La belle pouvait très bien être une gentille personne si elle le souhaitait réellement. Il fallait avoir une force de volonté puissante et être sûr de ce qu'on voulait faire, mais elle en était capable, sans doute. Elle n'avait pas l'air d'une soumise en dehors de cet instant où je la gardais sous mon emprise, donc elle allait bien savoir se débrouiller pour ne pas être une abomination de tuerie. Déjà que beaucoup n'acceptaient pas les dons il était encore plus difficile d'ouvrir la voie à des abrutis comme moi par exemple. Moi, je me dissimulais derrière un voile, un voile assez puissant généré par mon don de persuasion. J'étais un véritable connard mais personne ne s'en souvenait jamais. C'était ce qui me cachait et me donnait une certaine liberté. Je ne pouvais pas mentir en disant que j'en profitais un maximum car c'était ce que je faisais. La belle n'allait pas pouvoir bénéficier de ce même voile. Elle allait devoir contrôler ses émotions mais aussi son pouvoir. Cela allait être dur mais elle ne pouvait pas éviter cela, tout comme supprimer ce don. Il fallait qu'elle vive avec, qu'elle l'accepte ou non. Je parlais ainsi comme si je la connaissais parce que je parlais en réalité de mon expérience. J'avais du vivre avec un don moi aussi, un pouvoir extrêmement dangereux qui avait même tué des gens, notamment ma belle expérience du carambolage que j'avais provoqué en découvrant mon don. Cela allait paraître absurde mais au fond la belle créature devant moi me rappelait moi quand j'avais découvert mon don. Je n'étais pas aussi paumé qu'elle mais j'avais quand même eu une expérience du danger extrêmement hallucinante donc j'avais suffisamment d'expérience pour la comprendre et saisir ce qu'elle ressentait en cet instant précis, cette perte qui la déchirait de part en part. Elle était perdue et torturée par une chose qu'elle n'acceptait pas, un peu cette personne que j'aurais du être si tout s'était bien passé.

J'allais parler à cette gazelle en détresse, dans le but d'effacer cette inquiétude qu'elle avait même si c'était moi le responsable de son blocage et de son impossibilité de s'enfuir. Je la maintenais délibérément ici. Je la voulais, mais je donnerais tout pour voir sa mine souriante. Je crois que je fondrais pour une expression pareille si jamais elle pouvait sourire. Une femme en train de pleurer était attirante mais une femme en train de sourire l'était encore plus. Mon colonel jouirait de plaisir si jamais il la voyait en train de sourire. Tentons le coup.


- Pour faire simple très chère, je peux te dire que je ne suis pas télépathe. Je n'ai pas la prétention de lire dans les pensées mais simplement celle d'avoir eu une vie et d'être passé par le même stade que toi, à savoir celui de la découverte. Je ne vais pas te cacher le fait que je suis doté d'un pouvoir moi aussi car tu l'as compris toute seule. Je suis comme toi, un être un peu spécial mais pas parce que je déplace des choses, je fais quelque chose de bien plus dangereux, une chose dont tu ne seras pas victime parce que tu ne mérites pas ce sort, pas toi. Je te le répète, je ne te veux aucun mal, aucun...et je peux même te donner ma parole. Je ne vais rien te faire. Si sincèrement je voulais te faire quelque chose, je serais déjà passé à l'attaque et ai-je osé aller jusqu'à ce stade ? Non et je ne vais pas le faire. Pour faire clair, tu me fascines et te voir aussi perdue me rappelle un stade de ma vie que je n'ai pas vécu...enfin plutôt à moitié, mais ça c'est parce que ma vie est compliquée.

Plus j'avançais dans mon discours et plus j'étais sincère. Cela me surprenait d'ailleurs.

- Ton pouvoir, tu es en train de le découvrir, cela se voit dans ton regard. Cela te perd et le fait de ne pas le contrôler provoque ta peur. Ces sentiments sont normaux, crois-moi. Tu sens ta différence et tu commences à avoir peur au fil du temps de ta propre personne. Je comprends ce sentiment mieux que quiconque, et crois-moi...je ne vais pas te mentir là-dessus.

J'approchais ma main délicatement pour frôler celle de la blonde, celle qu'elle avait blessée, sans pour autant la saisir. La frôler me suffisait amplement. Je continuais à parler, encore avec mon si mystérieux débit fort de vérité, qui me surprenait. Je me surprenais en effet à être aussi sincère mais au fond peut-être avais-je besoin de déballer ma vie, pour une fois.

- La première fois que je me suis servi de mon pouvoir, j'étais encore innocent...encore enfant. Ce n'était qu'une histoire bête. Je voulais aller à une fête d'anniversaire mais ma mère était en retard, comme souvent...sauf que là je ne l'ai pas supporté. J'ai manqué de patience et ma colère a monté. Ma rage était énorme...trop grande pour la normale. La force de cette rage a fait trembler la Terre à un point qu'une route n'a pas pu résister. Elle s'est brisée, provoquant une immense chaîne d'accidents...et des morts...beaucoup, tous par ma faute sans que cela n'ait pu être prouvé officiellement. J'ai vécu le reste de mon enfance avec des morts sur la conscience uniquement parce que ma mère a connu un énième retard.

Je pris une légère pause avant de dire ceci pour conclure ce qui était sans doute le plus sincère discours de ma vie :

- Je l'ai vécu moi aussi...ce moment de la découverte...à une intensité tragique monstrueuse. Le souvenir ne s'est jamais enfuit de mon esprit, jamais de la vie. Il est toujours resté là, dans ma tête...trop intact. Tout ce que je t'ai dit est la pure vérité, même avec les détails de ce qui s'est produit ce jour-là... Alors crois-moi quand je dis que je comprends ce que tu vis, cette nouveauté dangereuse qui nous traverse.

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Lun 27 Mai - 11:58

Je voulais partir, je le voulais vraiment mais sa voix m'en empêchait. J'étais clouée au sol, condamnée à l'écouter me parler sur ce ton hypnotisant qui me couvrait de frissons. Cet homme était fascinant et effrayant à la fois mais ce qui me terrifiait par-dessus tout était ce sentiment qu'il connaissait tout de moi. Même s'il affirmait le contraire en m'avouant qu'il n'était pas télépathe, j'avais du mal à le croire. Je compris mieux le pourquoi lorsqu'il m'expliqua son cheminement de vie, à savoir qu'il était passé par les mêmes endroits que moi suite à la découverte de son don. Je me retrouvais dans chacun de ses mots, même si nos pouvoirs différaient. Notre point en commun était ces étapes franchies suite à la réalisation des capacités surhumaines qui nous caractérisaient.

Lorsqu'il me confirma à plus d'une reprise qu'il n'allait pas me faire de mal je le crus sur parole. Il m'était absolument impossible d'en douter. Je l'aurais voulu de toutes mes forces que je n'y serais jamais parvenu. Tout se jouait dans sa voix, dans cette espèce de forme de persuasion qu'il maitrisait avec facilité. Mes yeux ne quittaient pas les siens, foraient son regard en y déversant toute la peur qui m'habitait. Ils brillaient, baignés par des larmes que je retenais de peine et de misère et je me jurais bien que jamais elles n'allaient s'en échapper. Ses mots étaient bouleversants de vérité, ils me percutaient de plein fouet avec une violence inouïe. Je le détestais pour pouvoir si bien me déchiffrer, je le détestais pour m'empêcher de partir et je me détestais moi parce que je me surprenais à apprécier ce léger contact qu'il établissait en effleurant délicatement ma main.

Malgré mes doigts qui tressautèrent, peu habitués à ce genre de toucher intime, je parvins péniblement à ne plus leur porter attention pour mieux me concentrer sur ce que mon interlocuteur avait à me dire même si, secrètement, mon cœur et mon âme réclamaient de toute urgence que le mystérieux étranger récidive. Sagement, donc, puisqu'apparemment je n'avais pas le choix, je l'écoutais alors qu'il me narrait un évènement de son enfance. Chacun des mots sortis d'entre ses lèvres était criant de vérité. Lui et moi avions eu une forte réaction face à une situation X qui, malheureusement, avait eu de lourdes conséquences en provoquant involontairement le décès de plusieurs personnes… enfin dans son cas. Moi, je n'en avais tué qu'une seule; mon père… même si tout me portait à croire que j'étais également responsable de la mort de ma mère. On avait eu beau m'affirmer le contraire, encore aujourd'hui je n'y croyais guère.

- C'est terrible… je suis désolée…

Que dire d'autre? Vivre toute son enfance et le reste de sa vie en portant un fardeau aussi lourd était simplement épouvantable. Je compatissais. Je pouvais très bien le comprendre et il était évident que lui aussi, me comprenais. Pourtant, il ignorait complètement ce que j'avais fait. Mais il en avait une bonne idée, ça, je le savais.

- Ce don je l'ai découvert étant toute jeune. Il m'a dès lors exclue des autres. J'étais différente. On me disait dangereuse. J'ai été rejetée et détestée. Je n'ai jamais eu d'amis. Je n'ai connu que mon père et j'ai réussi l'exploit de lui enlever la vie par accident à cause de ce foutu pouvoir que je n'ai jamais demandé à avoir. Ce crime que j'ai commis… il restera à jamais gravé dans ma mémoire. Je dois vivre avec et jamais je ne l'oublierai. J'ai besoin d'aide. Je ne veux plus vivre en retrait, je ne veux plus être seule. Si je suis ici c'est pour cette seule et unique raison.

J'arborais une mine dépitée horriblement triste. J'étais désespérée et je savais très bien que ça se sentait et que ça se voyait à cent lieues à la ronde. J'étais toujours sur mes gardes, craintive et peureuse. Cet homme qui se tenait devant moi avec son sourire capable de faire fondre un iceberg était peut-être la solution, la clé que je recherchais, celui qui pouvait me guider, me supporter, m'épauler dans l'apprentissage de la maitrise de mon don. Il ne possédait pas le même que moi, le sien était terriblement dangereux puisqu'il avait la capacité de bouleverser la nature, la Terre, mais au bout du compte ce qui importait était la maitrise de soi, ce que lui semblait définitivement bien contrôler, contrairement à moi.

Ma moue triste se changea graduellement en mine un peu plus curieuse et intéressée. Mes poings se serraient et se desserraient constamment. Je me mordillais l'intérieur de la joue, signe que j'étais sérieusement tracassée. Mes sourcils s'étaient même froncés devant le dilemme qui se présentait à moi : partir, ou rester. Oh j'étais coincée, oui, mais dès que l'emprise qu'il avait sur moi se relâcherait j'aurais là une occasion de fuir… du moins si je le souhaitais!

… L'emprise? Cette constatation me fit l'effet d'une bombe. Je réalisais là que cet étranger face à moi était visiblement pourvu de plus d'un pouvoir. Non seulement il pouvait influencer la planète mais il pouvait aussi manipuler les gens, comme il était à le faire avec moi en cet instant. Une peur morbide s'immisça tranquillement dans mon cœur pour ensuite se répandre lentement mais surement à travers tout mon corps. Et s'il me faisait faire des choses auxquelles je n'adhérais pas? Je ne voulais pas agir contre mon gré! Déjà que mon don se jouait de moi, je n'avais pas besoin que quelqu'un d'autre le fasse de surcroit!

- Tu me fais peur…

Ma main droite se porta par automatisme à mon cou, cherchant à l'aveuglette la chaine qui y était accrochée. Ce bijou était mon ancre, il me reliait à ma famille disparue, il m'aidait à garder les pieds sur Terre. Je voulais reculer, juste, m'éloigner un tout petit peu de cet homme que je ne savais jauger, si je pouvais dire ainsi sauf que je ne le pouvais pas.

- S'il te plait, laisse-moi partir…

Mes yeux se refermèrent doucement alors que mon cœur commençait à battre de plus en plus rapidement. Je me sentais coincée, piégée et je détestais ça. La peur m'envahissait et je savais très bien ce qui allait arriver si je ne parvenais pas à me calmer. Mes mains se portèrent à mon visage pour que je puisse m'y cacher et tenter de reprendre mes esprits. Je ne voulais pas que ma télékinésie me fasse une fois de plus passer pour une idiote incapable de se contrôler.

- Je ne veux pas, je ne veux pas, non… Pas ça…

Mes mains libérèrent soudainement ma figure et c'est armée d'un regard méchant et colérique que je me mis à hurler bien malgré moi :

- LÂCHE-MOI! LAISSE-MOI PARTIR!!

C'était sans doute la réaction la plus stupide à avoir dans pareille situation. Là, je pouvais être à peu près certaine que l'emprise qu'il avait sur moi n'allait qu'empirer…
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Kieran N. Blackburn
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Lun 27 Mai - 15:24

Au départ, ces projets futiles liés à la satisfaction d'un plaisir urgent d'un colonel limite en manque d'excitation s'étaient transformés en une envie plus profonde, aussi profonde que l'était la gazelle blonde se situant devant moi. Elle était clairement différente de toutes les autres que j'avais pu rencontrer. Au départ, quand je croisais une gazelle intéressante, je me jetais sur la proie pour jouer avec son corps et me comporter comme un gros porc. La même envie m'avait traversé avec la gazelle du soir, mais la profondeur de cette dernière m'avait subjugué. Elle était clairement différente à mes yeux, suffisamment différente pour qu'elle parvienne à m'inspirer un certain intérêt alors que j'avais souvent envie de jeter les autres filles avec autant de délicatesse que le rejet d'un mouchoir en papier : aucun respect, aucune attention, rien du tout. Cette blonde m'inspirait tout le contraire des autres gazelles. Ce sentiment, ce fait de la sentir spéciale m'avait attiré vers elle et m'avait même amené à être sincère sans doute pour l'une des seules fois de ma vie. Habituellement je me fichais des autres...ne préférant être honnête qu'avec moi-même. Je me contrefichais des autres, de leurs opinions, et surtout de leurs pensées si communes à mon égard du type : "Tu me fais peur", "Dégage de là sale pervers" ou bien "Rends-moi mon argent espèce de salopard" (à noter la finesse vocale dans la belle insulte finale, car la voix était toute douce, toute mignonne, mais l'âme était tellement fragile que je n'avais pas résister à l'envie de la faire chier, et puis elle était amie et surtout complice de cette garce de fausse mère qui m'avait volé ma vie alors elle méritait amplement son sort cette chienne !). Ce qui m'importait n'était autre que ma vie, et le peu d'intérêt majeur que je pouvais lui offrir. Entuber des personnes qui le méritaient ne cessait de m'amuser. J'aimais faire chier le monde et j'en étais même fier. En plus si je pouvais donner la satisfaction au colonel de pouvoir se soulager sur des âmes aussi délicates, pourquoi m'en priver hein ? Ma vie était ainsi. Je me satisfaisais en faisant chier les autres parce que d'autres avaient pris un malin plaisir à me faire subir la même chose en me dérobant toute mon innocence, en éclipsant en un brin de folie le drame que j'avais provoqué sans connaissance de ce qu'impliquait l'expérimentation de mon pouvoir. Cette histoire m'avait détruit et m'avait également rendu fou de toute manigance possible sur mon entourage. J'étais un immense manipulateur parce que je n'avais plus envie de souffrir. C'était la triste vérité que je ne dévoilais à personne.

Pourtant, cette rencontre d'une nuit avait pu dégager de moi-même cette sincérité que je n'avais avec personne. Je n'avais pas épargné la belle avec le souci des détails car je lui avais dévoilé tout ce qui était arrivé lors de la découverte de mon pouvoir primaire, à savoir celui de la géokinésie, et par conséquent toutes ces morts que j'avais provoquées alors que je n'avais pas le mental suffisamment puissant pour supporter une catastrophe pareille. Habituellement, je ne disais ceci à personne. Je gardais la vérité pour moi-même parce que je n'aimais pas l'idée d'évoquer mon passé et toutes ces années que j'avais passé avec une mère qui n'était au final pas la mienne. C'était un supplice rien que d'y penser. Cette garce, même morte, parvenait même à me rendre fou de rage et à souhaiter me venger de tout ce qui bougeait, même ce qui ne l'avait pas mérité. Pourtant avec cette fille j'avais pu suffisamment prendre sur moi et tout lui dire. J'avais dévoilé toute cette histoire parce que je croyais cette fille suffisamment profonde pour en saisir la sincérité et ne pas prendre peur face à moi en me prenant pour l'être sournois que j'étais...mais que je n'avais pas envie de montrer en lui parlant. Je voulais montrer le côté humain, celui qui avait été ébranlé par ce qui s'était passé, car j'avais ce fait en commun avec elle. Le pouvoir avait chamboulé ma vie. C'était à cause de lui que j'avais changé. Sans cela, je serais peut-être un petit garçon digne d'une vie plus humaine et plus sociable. Quoique, j'aurais toujours un petit invité dans ma tête, mais peu importe.

La première réponse qu'elle me fournit fut quelque chose d'encourageant. Elle était désolée pour ce qui avait pu m'arriver. En même temps, dire que j'avais bien fait de tuer ces personnes m'aurait sans doute intrigué venant d'elle car elle n'avait pas l'air d'être une tueuse comblant ses désirs par le meurtre. Cette fille me raconta par la suite sa propre histoire, en me dévoilant qu'elle avait elle aussi provoqué la fin de la vie de son propre père en utilisant son pouvoir. Oter la vie d'une personne avec lequel on avait un lien puissant sur le plan sentimental et incontestable sur le plan biologique était sans doute un sentiment bien pire que celui de tuer des personnes qu'on ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam...même si mon carambolage était quand même une catastrophe extrêmement grave, une catastrophe que je n'avais même pas pu pleurer car j'y avais pris du plaisir plutôt que de voir la gravité de mon acte. Je n'étais pas aussi profond qu'elle, loin de là. On voyait bien que tout ceci l'avait bouleversée et que c'était pour ça qu'elle était là. Moi, on ne percevait aucune tristesse par rapport à toutes ces vies volées. Je ne les avais pas pleurées, aucune d'entre elles. J'avais au contraire passé mon temps à rire, à croire que ce n'était qu'un jeu. Au lieu de la tristesse, j'avais connu la folie dangereuse. Au fond, c'était bien plus grave que le désespoir. La folie dangereuse était l'état d'un corps refusant justement le désespoir, plaçant ce dernier dans un état de danger constant. J'aimais le danger, j'en riais même, mais c'était justement ça la preuve de mon trouble, un trouble que personne ne pouvait comprendre car je ne leur disais rien.

En guise de réponse concernant cette histoire tragique, je lui dis ceci, sur un ton triste teintée d'une certaine compréhension qui n'était en rien mensongère :


- Désolé pour ton père...sincèrement. Oter la vie d'une personne qu'on aime sans réellement le souhaiter est sans doute la pire chose capable de nous perdre. Le but de ta venue ici est extrêmement légitime. Je ne sais pas si cela pourra te faire oublier ce qui s'est passé...car je pense qu'un événement pareil reste gravé dans notre crâne à tout jamais, comme un traumatisme qu'on balade, mais si au moins le fait d'être ici et de rechercher de l'aide peut au moins te permettre de mieux vivre avec le don que tu possèdes, je ne peux que te souhaiter de réussir à y parvenir, vraiment…

J'étais au départ ravi de voir que je pouvais partager quelque chose avec quelqu'un sans que cette personne se mette à me détester trente seconde plus tard. C'était la preuve que tout sociabilité dans ma personne ne s'était pas évanouie dans la nature, que j'étais encore capable de parler avec quelqu'un sans devoir la forcer à m'écouter et à dire oui à tout ce que je voulais lui demander. La seule persuasion que j'avais imposée à cette fille était le fait de rester ici pour entendre ce que j'avais à dire mais je ne lui avais pas imposée le fait de le comprendre ni même d'y adhérer. Je lui avais laissé sa liberté de pensée, en un geste de bonté, mais quand je voyais à quoi ceci avait mené...je me rendais compte que le côté misérable de ma vie était toujours là. Cette réaction encourageante s'était rapidement transformée en quelque chose de déplaisant et d'insupportable. Cette phrase, cette seule phrase avait tout changé dans mon esprit. On partageait des choses mais soudainement son attitude avait changé. Elle était bercée par la peur, des envies qu'elle ne pouvait pas réaliser et elle savait que tout était à cause de moi, que je la retenais. Finalement, cela avait eu le mérite d'être génial le temps que ça avait duré.

Mais ce "Tu me fais peur", il m'avait réellement retourné, beaucoup plus que n'importe quelle autre chose. C'était un peu la phrase que je ne souhaitais absolument pas entendre de sa bouche, cette phrase qui aurait pu me prouver qu'elle était comme toutes les autres, superficielle et inintéressante. Elle l'avait dit... et bien franchement ça me décevait. Le comble dans tout cela était le fait que ma déception était extrêmement perceptible. Dans mon regard, une certaine étincelle qui n'y était pas se voyait. C'était une cassure. Au fond, l'avoir auprès de moi était un rêve, quelque chose que j'avais pu réaliser d'une façon sournoise, mais le fait qu'elle me rejette malgré toute la sincérité dont j'avais fait preuve me fit du mal, beaucoup...même plus que je ne le croyais. Je me surprenais à avoir autant mal. Jamais je n'aurais cru souffrir autant à cause d'une inconnue qui me criait même de la laisser partir maintenant.


- Je te croyais différente… dis-je avec une déception perceptible dans ma voix. Cette histoire que je t'ai dévoilée, je n'en parle à personne car je n'ai confiance en personne. Avec toi je ressentais quelque chose de différent, une certaine profondeur. Dans tes yeux, je voyais que je pouvais te parler. Je vois en quelque sorte cette perte que j'aurais du subir mais que je n'ai pas pu vivre parce que mon mental n'était pas assez solide à l'époque pour admettre que cet accident était uniquement né à cause de ma responsabilité. Tout cela m'a détruit. Vivre avec a été atroce et cela m'a changé, radicalement…

J'arrêtais mon emprise après avoir dit cela.

- Je ne t'ai pas fait de mal, comme promis...la seule chose que j'ai voulu faire était de te maintenir ici juste pour te conter mon histoire, que tu saches que d'autres personnes existent et te comprennent pour ce lourd sentiment d'absence de contrôle que ces dons nous imposent. C'était tout ce que je voulais...vraiment tout ce que je voulais…rien de plus…non rien…

Je plongeais encore une fois dans son regard. La profondeur y était encore, mais cette peur je la ressentais maintenant. Elle avait peur de moi. J'avais cru au Père Noël en la pensant profonde comme je croyais qu'elle l'était. J'avais eu tort et le tort ça faisait mal. Mon sourire n'était plus qu'à moitié présent. Même des histoires marrantes en arrière plan ne faisaient pas apparaître la banane que j'avais perdue. Quelque chose s'était cassé quand j'avais entendu ce "Tu me fais peur", et c'était réellement profond.

- Toutes tes envies te sont de nouveau accessibles...tu as le parfait contrôle sur toi-même. Je ne voulais pas te retenir pour te faire du mal mais simplement pour que tu m'écoutes et que tu comprennes que tu n'étais pas seule...seule à vivre le calvaire d'avoir donné la mort avec un pouvoir dont on ne possède pas forcément le contrôle. Je t'ai conté mon histoire...tu m'as écouté...mais tu as quand même peur de moi, alors je ne te retiendrai pas plus longtemps. Tu veux filer, alors vas-y...pars…pars d‘ici…

Cette cassure à la fin, cette tristesse montante, je ne l'avais jamais ressentie avant…

- Tu veux t'enfuir...me quitter le plus vite possible…alors vas-y...je n'oserai pas te courir après...alors pars...retrouve ta vie...je ne te la volerai pas…non…

Cette cassure inhabituelle me fragilisait tellement que j'osais baisser le regard pour la première fois depuis que je parlais à cette fille, sans doute pour cacher ce que mes yeux montraient, ces pleurs naissants…

- De toute façon...c'est toujours pareil… dis-je avec une voix brisée, extrêmement brisée, vraiment inhabituelle. Ces sentiments me faisaient mal mais en même temps ils me surprenaient. C'était humain, tout ce que je n'étais pas. Ce genre de sentiment ne me traversait pas d'habitude. Je n'étais qu'un immonde connard mais là, j'avais été touché par ce "Tu me fais peur". Au fond, je ne voulais pas entendre cette phrase. Je voulais qu'autre chose se déroule entre cette blonde et moi...mais au final j'avais reçu le fruit interdit et cela m'avait décomposé, pour que je sois limite à en pleurer...d'où ma réaction m'incitant à baisser mon regard, de peur qu'on me voit...humain, un peu trop humain que d’habitude. Je ne savais pas trop quoi penser de ce qui m’arrivait. En vérité, je ne savais plus trop où j’en étais. Cette rencontre m’avait pas mal bouleversé, bien plus que je ne le pensais au départ. Finalement, peut-être n’étais-je pas un cas si désespéré. Peut-être qu’en voulant apprendre quelque chose à cette fille, j’avais pu apprendre quelque chose d’important à mon tour.

Finalement, je ne me connaissais pas autant que je le croyais.


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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Mar 28 Mai - 14:49

J'étais bouleversée. Profondément bouleversée. J'avais réellement envie de partir mais aussi de rester. Il y avait cette sincérité qui se dégageait de cet individu et qui avait le chic de me déstabiliser profondément. J'avais envie de le croire, j'avais envie de m'approcher, de me laisser apprivoiser… Ce contact de sa main sur la mienne m'avait chaviré le cœur et même s'il ne la touchait plus depuis un bon moment j'en ressentais encore les secousses électriques. Personne ne m'avait touchée ainsi auparavant. Jamais. Je n'avais jamais eu de petit ami. J'avais toujours été seule, extrêmement seule. Toutes les filles de mon âge avaient déjà expérimenté les plaisirs de l'amour mais pas moi. Ce contact qu'il avait établi en me touchant avec cette extrême douceur qui le caractérisait si bien m'avait plongée dans un des rêves que je chérissais le plus : celui d'être amoureuse. J'avais aimé chacun des mots de sympathie qu'il avait prononcé concernant l'histoire de mon passé. Je savais qu'il les avait réellement pensés. Je ne pouvais en douter. Je ne pouvais pas non plus nier que ce côté de sa personnalité me plaisait énormément et parvenait bizarrement à me calmer même si je continuais d'avoir peur. Malheureusement, en avouant cette peur j'avais fait disparaître cette belle douceur que j'aimais et c'est avec une certaine tristesse que je l'avais vue s'effacer graduellement de son regard pour être remplacée par une poignante lueur de déception. Mais qu'y pouvais-je? J'avais réellement peur! Cet homme me contrôlait et me forçait à rester immobile. Je craignais qu'il ne pousse ce pouvoir plus loin en se servant de moi comme d'une marionnette, ce que je ne voulais absolument pas qu'il arrive, d'où la raison du hurlement de mes envies de partir. Sa réaction à mon souhait de partir fut une tirade très poignante qu'il me souffla sur un ton brisé.

- Je le suis, différente. Mais ne crois-tu pas que ce n'est pas effrayant d'être maîtrisé ainsi comme tu le fais? Tu possèdes des pouvoirs très puissants et même si celui qui te permet de faire bouger la Terre est inquiétant, le fait de me savoir sous ton emprise l'est encore plus. Je n'ai aucune garantie autre que ta parole, qu'il ne m'arrivera rien. Même si tu m'as fait des confidences, je ne te connais pas. Tu pourrais très bien t'emporter et me faire commettre des actes qui seraient contre ma volonté. Des actes qui me briseraient davantage que je ne le suis déjà. Comprends-tu ce que je te dis? Comprends-tu ma peur? J'ai envie de te faire confiance, j'en ai réellement envie. Mais je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur de toi parce que tu me retiens.

Ça me faisait mal de lui dire ça, autant que lui paraissait souffrir à cause de mon comportement. Mes paroles eurent toutefois un certain effet puisque je fus enfin libérée ce qui me porta à faire immédiatement un pas par derrière.

- Tu as tenu parole, tu ne m'as rien fait. J'ai entendu ton histoire, tu as entendu la mienne. Nous sommes différents mais nous sommes pareils, dans un sens. Maintenant grâce à toi je sais que je ne suis plus seule… et je sais aussi que quelqu'un me comprends.

Je l'observais autant qu'il le faisait, sans faillir. J'étais sur mes gardes tandis que lui, paraissait très abattu. Son magnifique sourire avait pratiquement disparu pour ne devenir qu'une très faible esquisse de ce qu'il était cinq minutes auparavant. Je ne souriais pas, moi non plus, mais j'avais enfin retrouvé le plein contrôle de mon corps et donc, je pouvais partir si je le souhaitais, tel qu'il me l'indiquait.

- Je le veux. Je veux partir.

Je fis quelque pas par derrière sans le quitter des yeux même si lui, avait baissé les siens. Je reculais tranquillement, encore un peu craintive mais surtout très soulagée de constater que mon corps réagissait aux commandes de mon esprit. Je m'éloignais calmement, un pas à la fois, limite à me retourner pour m'enfuir en courant. Mon cœur battait à tout rompre autant parce que je restais effrayée d'avoir été retenue contre mon gré que par la peur de passer à côté d'une occasion en or si je quittais définitivement les lieux. J'avais devant moi un homme qui comprenait mes soucis, qui avait sans doute beaucoup plus de trucs en commun avec moi que n'importe qui d'autre se trouvant sur cette Terre. Si j'étais venue à New-York c'était spécialement pour chercher de l'aide et alors que j'en trouvais je la fuyais. C'était un réflexe… Ma vie entière n'avait été que ça, une fuite continuelle pour éviter tout contact humain. Mais lui… il ne l'était pas, humain. Enfin si, mais pas à part entière et en cet instant c'était toute son humanité que j'apercevais. Comment pouvais-je arriver à le fuir? Comment pouvais-je même me permettre de le fuir?

J'allais malgré cela me retourner pour partir en courant quand il lâcha une dernière phrase dont le contenu me bloqua instantanément. Une étrange tristesse s'empara rapidement de mon âme mais aussi de mon corps tout entier, me parcourant de la tête jusqu'aux pieds, provoquant une horde de frissons sur son passage. En moins de dix secondes ma gorge s'était serrée, des larmes étaient montées à mes yeux pour les picoter cruellement. Je tremblais, le cœur en miettes. Cette détresse que l'inconnu dégageait m'était beaucoup trop familière pour que je l'ignore. Je ne pouvais plus partir. Je ne le pouvais vraiment plus…

Ce que je fis suite à cela me scia en deux; je me mis à avancer lentement vers lui, mes pieds foulant l'herbe humide recouverte par la rosée du soir. Petit à petit je grugeais la distance qui nous séparait, mon rythme cardiaque toujours aussi élevé. Quand je fus à moins de vingt centimètres de lui je tendis la main opposée à la sienne pour la prendre et la tenir très doucement, sans trop refermer mes doigts sur elle. J'attendais qu'il lève la tête pour me regarder, ce qu'il fit après un certain moment. Je m'étonnais sans cesse d'être allée à ses devants et encore plus d'avoir osé le toucher. Maintenant ce que je voulais était de revoir son sourire et que cette tristesse qui habitait ses yeux s'efface pour de bon. Timide, très timide, je lui fis un faible sourire avant de lui parler :

- Je m'appelle Iseult…

Puis ma main se plaça de sorte à serrer la sienne comme on le fait quand on rencontre quelqu'un, dans un mouvement lent et peu assuré, cependant.

- Enchantée…

Mon sourire s'agrandit quelque peu, montrant le malaise qui continuait de m'habiter mais démontrant aussi mon intérêt et ma curiosité envers lui.

- Tu as envie de marcher?

Ma main délaissa la sienne et je me mis à avancer tranquillement avec lui à mes côtés.

- Je te demande d'être indulgent… Tu es la première personne avec qui je parle aussi longuement… Je n'ai pas l'habitude des longues conversations…

Mes yeux plongèrent vers le sol tandis que je me mordais l'intérieur de la joue, affreusement gênée et dépassée par la tournure des événements. J'étais nerveuse et intimidée par la prestance et l'assurance de mon compagnon mais j'étais surtout… soulagée. Soulagée d'être enfin parvenue à accepter qu'une personne s'introduise dans ma bulle hermétique que je m'étais forgée, et soulagée de savoir que, pour une fois, je n'allais pas être jugée.
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Jeu 30 Mai - 18:25

Les souvenirs d'une peine aussi lourde ressentie pour des raisons différentes avaient normalement pour but d'être gravés dans notre tête et de ne plus s'évanouir. Chaque être humain pouvait dire qu'il avait pleuré ou bien eu le cœur brisé à cause de quelque chose en particulier et surtout expliquer la profondeur de cette peine, mais moi pouvais-je en faire de même que ces gens-là ? Était-il possible de citer un énorme chagrin qui m'avait brisé au point de marquer mes esprits ? En vérité, ce fait pourtant si humain m'était inaccessible. Il était impossible pour moi de me rappeler d'un seul instant où j'avais été abattu autant que je l'étais actuellement devant cette fille. Je ne me rappelais même plus d'un instant où j'avais pleuré parce que j'avais de la peine pour une perte ou un événement douloureux. Mes seuls souvenirs sentimentaux étaient surtout assombris par la colère. Dans ma tête, seule la haine et la violence sortait. Les larmes n'étaient pas là. C'était comme si ma conscience ne pouvait pas les ressentir, comme si je n'avais pas le droit de pleurer ou bien comme si je ne le pouvais pas. Cette parcelle d'humanité m'était naturellement ôtée et l'idée de ne pas avoir eu d'enfance valable m'avait rendu fragile et fou plutôt que de m'anéantir. Pourtant j'avais même provoqué la mort de ces personnes dans l'accident quand j'étais enfant, sans réellement le vouloir. Cet événement aurait du m'atteindre mais cela n'avait pas été suffisant. C'était là la cause de mon trouble. Je ne savais même pas quel effet concret le fait de verser des larmes avait sur un corps humain. C'était pour cela que mon état actuel me perdait. C'était de la déception mêlée à de la tristesse alors que je ne savais même pas concrètement ce que c'était. J'étais atteint pour la première fois de ma vie par ces larmes si douloureuses et je ne savais pas comment les affronter. Je ne savais pas comment réagir face à cela et je ne le saurais sans doute jamais. J'avais l'impression que les émotions humaines n'avaient pas été livrées à mon cerveau lors de ma naissance. Je n'étais pas normal...mais cela n'allait certainement pas durer, surtout pas après ma rencontre de ce soir.

J'avais senti dès le départ quelque chose de différent chez cette fille, une étincelle particulière dans son regard qui l'avait rendue très rapidement intéressante. Au départ, ce n'était qu'une attirance physique bercée par quelque chose de superficiel mais c'était au final devenu bien plus profond encore, au point que quelque chose d'inédit ait pu se dégager d'elle. J'avais ressenti le fait que je pouvais lui offrir ma confiance au point de lui conter ce récit d'horreur de mon enfance pour lequel je n'avais ressenti que des fausses émotions. Habituellement, je ne parlais à personne, et encore moins de ma vie personnelle, mais j'avais bouleversé mes habitudes à cause de cette blonde. Avec elle, j'avais eu l'occasion de me libérer comme jamais je n'avais pu le faire jusqu'à présent. Je ne m'y étais pas attendu, mais cette fille avait réussi à bouleverser mon être, à me changer. C'était le coup de l'arroseur arrosé, du sournois battu à son propre jeu par un simple regard. J'avais senti dès le départ que cette fille était spéciale et qu'elle allait bouleverser ma vision de la vie, mais je n'avais pas estimé à quel point cela allait être important, à quel point tout ceci allait me rendre différent. Il suffisait de déposer un regard sur moi pour comprendre que cette fille avait un effet étrange sur ma personnalité. J'étais bien plus humain en sa présence, en tout cas bien plus que je ne le pensais moi-même. Au départ elle ne m'avait que tapé dans l'œil mais c'était au final bien plus profond que cela. J'étais en train de tisser une relation humainement intéressante avec cette fille, car les sentiments qui s'en dégageaient demeuraient suffisamment profonds pour me perturber au point que je ne parvienne pas à décrire ce que je ressentais clairement. La tristesse, la déception, la mélodie de mes battements de cœur...tout se mélangeait. En vérité, même si c'était dur pour moi de l'admettre, j'étais au départ parti pour prendre du bon temps mais j'avais au final découvert une intense vérité sur moi-même. Je croyais au départ que la partie humaine de moi-même n'avait jamais pu naître alors qu'en vérité elle avait toujours été en moi et que j'avais juste été suffisamment stupide pour ne pas m'en rendre compte jusqu'à présent. Cette fille avait été une révélation pour moi, une sorte de déclic assez compliqué à expliquer pour l'heure.

Dans ma tête, il était clair qu'elle n'allait jamais vouloir rester avec moi. Je lui avais forcé la main en la maintenant non loin de moi contre son gré alors que son désir profond était la fuite. C'était pour cela que ma déception était visible. J'étais tombé sur une perle rare, quelqu'un avec qui pour une fois je parlais, ce qui était un miracle. Malheureusement, j'avais quand même eu le chic de tout bousiller en agissant comme le dernier des abrutis. Personne n'appréciait l'idée d'être immobilisé et surtout le fait d'en avoir clairement conscience. Mais même moi je n'avais pas eu conscience de l'importance de cette fille avant de me recevoir cette déception en pleine face. En quelque sorte, l'ancien moi faisait obstacle au nouveau moi qui avait envie d'apparaître. Il m'était donc impossible en clair de changer parce que ma conscience refusait elle-même de changer. J'avais enfin pris conscience que quelque chose de bien m'était offert mais je n'avais pas le mental suffisamment évolué pour traiter cette fille comme une reine. Je n'étais qu'un moins que rien qui préférait se rabaisser plutôt que de changer et devenir meilleur. C'était un blocage qui m'abattait pour la première fois de ma vie. Cela me faisait vraiment bizarre d'être...humain. J'avais surtout l'habitude d'être un connard, mais là je n'étais qu'une chose humaine dont le regard était dirigé vers le sol, abattu par la tristesse de perdre une perle rare comme cette fille que je ne connaissais qu'à peine. En même temps, c'était toujours pareil. Les fins nazes en général étaient toujours les miennes. Cela se terminait toujours mal. Jusqu'à présent, cela ne m'avait pas affecté parce que je n'avais pas pu prendre conscience de la hauteur même de la douleur des émotions humaines. Maintenant, j'étais ouvert à la douleur, pour la toute première fois de ma vie, et franchement cela me faisait un choc. Jamais je n'avais eu aussi mal, durant toute ma vie.

Elle était en train peu à peu de se séparer de moi, je le sentais. Plus je la sentais s'éloigner et plus mon cœur bondissait de ma poitrine pour m'inciter à courir et la rejoindre, chose que je n'allais pas faire par respect pour elle. Je ne bougeais pour ma part pas encore, parce que je n'en avais pas le courage. Le fait de la voir me quitte était en fait quelque chose de très dur à assumer, vraiment. Je ne pensais pas que cela allait être aussi dur de quitter une personne comme elle. Mon corps se figeait, mon regard restait toujours fixé vers le sol, et l'humidité de mes yeux augmentait. Je ne pleurais pas mais c'était limite. Son départ m'affectait. Pour me guérir il faudrait que je lui cours après mais je ne pouvais pas le faire car elle le refusait strictement. En bref, j'étais coincé à un stade de préliminaires et cela n'allait pas aller plus loin. J'étais insatisfait de cet issue, et de plus en plus à mesure qu'elle s'éloignait de moi. Cette fille avait réussi, en une soirée, à me changer et me faire tourner la tête. C'était juste incroyable ce qui m'arrivait...même si je n'arrivais pas à mettre un nom sur ce sentiment. Mon absence de connaissance sur mes sentiments était assez pénalisante quand je ressentais des émotions que je ne pouvais pas identifier. Je pouvais juste dire si c'était bon ou mauvais, sans même réellement en être sûr. C'était inhumain, au fond ce que j'avais été durant des années sans même m'en plaindre. J'avais été une chose sans émotion humaine, durant toute ma vie. Seul le poids des années avait pu m'offrir la jouissance pleine de ces sentiments, une jouissance qui n'allait être que trop brève vu que la source prenait la fuite.

Je la sentais de plus en plus loin. C'était atroce à un point que cela m'en fendait le cœur. Cette fille me manquait déjà et je n'allais sans doute plus la revoir, surtout pas après une soirée pareille. J'étais limite à tourner les talons et à quitter cet endroit. Il n'y avait plus rien ici. Ma conscience voulait s'enfuir, mais mes jambes ne bougeaient pas. Mes pieds étaient comme fixés au sol. Pourtant je voulais partir. Je voulais à tout prix m'enfuir, mais je n'y parvenais absolument pas.


- Partir...il faut que je parte...il faut vraiment que je parte d'ici...vite...vite...il le faut...bon sang... disais-je tout bas, comme pour me parler à moi-même. Cette façon de parler était utile juste pour essayer de me raisonner. Je voulais tenter de m'enfuir, et ainsi pouvoir oublier cette tristesse naissante dans mes yeux, mais cela ne fonctionnait pas. La volonté exprimée à voix haute ne suffisait pas pour m'inciter à partir. J'étais comme coincé ici, incapable de m'enfuir alors que tout était fini maintenant que j'avais perdu une perle révélatrice comme elle. Cette fille était sans doute la révélation de ma vie. Rapidement, elle avait su tout chambouler dans ma tête, ce qui était forcément le signe d'une importance majeure. Malheureusement j'allais la perdre...j'allais réellement la perdre. En même temps je l'avais bien cherché. Je ne la sentais déjà plus près de moi. Mon nez ne ressentait plus son parfum. Tout était fini à présent. Tout était réellement fini. C'était trop tard.

J'étais convaincu du fait que je ne pouvais plus rien faire pour la récupérer. En tout cas, c'était ce que je croyais depuis le départ. Au moment où j'allais tenter une nouvelle fois de m'enfuir, mon nez se remettait à sentir de nouveau son parfum, sa présence...tout. Toutes les sensations que cette fille me procuraient étaient de nouveau présentes près de moi. Elle était revenue. Je n'arrivais pas à y croire. Elle était vraiment revenue, même après ce que je lui avais fait. Iseult...elle s'appelait Iseult. Son doux nom ne cessait de se répéter dans ma tête. Serrer sa main était une récompense à laquelle je croyais ne plus avoir droit. Son geste était lent, peu assuré, mais le mien l'était tout autant. Pour la première fois j'étais atteint d'une timidité humaine. C'était vraiment étrange tout ce qui m'arrivait...vraiment étrange. Cette fille me procurait des sentiments particuliers...mais j'étais impossible de les nommer dans leur exactitude.

Je me présentais à mon tour, comme elle l‘avait fait d‘elle-même, afin qu‘elle puisse m‘appeler par mon nom tout comme j‘avais la possibilité de l‘appeler par le sien…ce doux nom.


- Kieran...je m'appelle Kieran. Enchanté de te connaître.

Vraiment, tout était en train de dépasser mes espérances. Jamais je n'aurais pu croire en son retour et encore moins marcher à ses côtés. J'étais enfermé dans une surprise constante. Cette impression de surprise me troublait mais cela me rendait également très heureux en vérité, même si c'était surtout cette impression de trouble qui subsistait sur mon visage. En même temps, c'était la première fois que j'avais une tristesse notable, dans toute ma vie. Iseult était ma première fois, ma première entrée dans la vie émotionnellement humaine, ma première fois en tant qu'être sociable. Cela me faisait vraiment bizarre de dire cela.

- Tu sais...moi je ne parle quasiment à personne...alors je crois que je comprends ton sentiment...

Par la suite j'allais dire quelque chose...d'assez surprenant. En effet, j'allais trouver le courage de me confier une nouvelle fois à Iseult, de dire encore une fois la profondeur de ce que je ressentais...alors que je n'en parlais jamais d'habitude. Cette Iseult était vraiment spéciale, unique même.

- En réalité, même si je ne peux pas réellement en être sûr, je crois que mon problème est lié au fait que j'éprouve énormément de difficulté à donner ma confiance aux autres. Certains ont tellement passé de temps à me traîner comme une chose, à croire que je n'avais pas de cœur ni même d’âme et qu'on pouvait me faire subir n'importe quoi sans que je ne me plaigne, qu'il m'est impossible d'être...humain...enfin en quelque sorte. Cette absence de vie...cela peut détruire n'importe qui et ça l'a fait pour moi...au point le plus pervers parce que...je n'ai jamais réellement eu l'occasion d'éprouver un sentiment positif...le bonheur...je ne sais même pas ce que c'est en vérité. Sourire...rire...la joie...je n'ai jamais réellement connu ça. Ma vie n‘a été que souffrance, colère et débauche constante pour oublier la souffrance…ce qui n’est pas très glorieux n‘est-ce pas ?

Tout ce discours allait conduire à une explication unique en vérité, même si mon timbre de voix était celui d'un gars entièrement troublé par ses propres émotions.

- Il y a quelque chose de radicalement différent chez toi...quelque chose de positif...de bon. J'ai senti en quelque sorte...que je pouvais te faire confiance...te parler... te dire ce que je ne parviens pas à dire à qui que ce soit. C'est assez compliqué à expliquer. Je ne comprends pas ce que je ressens...

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Mar 4 Juin - 12:44

- Kieran...

J'avais ressenti le besoin de répéter son prénom tant il m'avait charmée. Il était tout simplement magnifique, peu commun -comme le mien- mais qui sonnait si bien! …Et qui lui convenait parfaitement.

- C'est un très joli prénom…

Je tripotais mes mains, gênée et quelque peu mal à l'aise, les longues conversations n'étant pas mon point fort, loin de là. La dernière remontait à plusieurs années, bien avant que j'emménage dans ma petite maison de bois rond. On ne pouvait pas dire que j'avais une grosse vie sociale. En fait ma routine était assez simple : je travaillais à la bibliothèque toute la journée sans pratiquement parler à personne puis je regagnais mon petit nid douillet vers l'heure du souper pour aller manger. J'occupais le reste de la soirée à besogner sur la maison ou sur le terrain et quand il me restait un peu de temps je jouais du violon ou je lisais un livre. Comme je vivais en montagne je n'avais pas de voisin et donc, personne avec qui parler. C'était très bien ainsi, c'était ce que je désirais, c'était assurément la meilleure manière d'éviter des accidents. Qui plus est, ce travail on ne peut plus calme à la bibliothèque me gardait dans un état de tranquillité absolue, m'obligeait à chuchoter et à me déplacer dans des gestes lents et discrets, bref, je menais une routine de vie parfaitement paisible et idéale pour tuer ce don que je détestais plus que tout…

Tout en marchant lentement, je louchais occasionnellement vers Kieran. Sa figure mitigée me troublait mais je ne le laissais pas paraitre. J'avais le sentiment que ses pensées défilaient à toute allure dans sa tête et comme je ne voulais pas le bousculer je préférais me taire et continuer d'avancer. Quand il se mit finalement à parler je fus étonnée d'apprendre que lui non plus ne parlait pas à beaucoup de personnes mais ce qui me troubla encore plus profondément fut la détresse que je perçue et ressentie dans la suite de son discourt.

- J'ai également beaucoup de mal à faire confiance aux autres… c'est sans doute parce que j'ai été rejetée toute ma vie… à cause de ce don que je n'ai jamais demandé. Je ne le maitrise pas, tu l'as vu, et ça m'a souvent mise dans des situations assez pénibles. Comme toi j'ai été trainée mais je pense que c'est parce que mon père avait plus peur pour moi que de ce que je pouvais faire subir aux autres… J'ai souvenir d'avoir ri, d'avoir sincèrement sourit… mais ça, c'était il y a très longtemps…

Ma vie n'avait pas été aussi triste que celle de Kieran et ça me désolait d'apprendre qu'un être aussi doux et gentil que lui avait été rejeté à ce point, qu'il n'avait jamais eu l'occasion d'être simplement heureux ne serait-ce qu'un très bref moment. Tout le monde avait droit au bonheur, tout le monde… sauf les méchants. Et Kieran n'était pas méchant.

- J'ai souvent eu envie de me révolter, de laisser s'échapper ma colère et ma frustration mais j'avais tellement peur qu'une autre catastrophe arrive que j'ai préféré me terrer dans un coin et me couper du monde… Quand je suis troublée, ça ne va pas… il se produit de mauvaises choses que je tiens à tout prix à éviter.

Je le regardais timidement, le regard légèrement fuyant, ma main portée à mon cou afin de laisser mes doigts s'amuser avec ma chaine.

- Ne qualifie pas ta manière de lutter contre la souffrance comme étant un geste peu glorieux… chaque personne réagit différemment, chaque personne a sa façon de gérer les épreuves qui se présentent à elle. Moi j'ai préféré m'isoler du reste du monde, toi tu as préféré te rebeller… aucune décision n'est mauvaise à mon sens, l'important étant que toi tu te sentes à l'aise avec ta manière d'agir… Maintenant, est-ce que tu l'es? Toi seul le sais…

Sa voix brisée me hantait tout comme elle me piétinait le cœur et pourtant je ne le connaissais qu'à peine depuis vingt minutes… Je me repassais sans cesse ces mots qu'il m'avait murmuré un peu plus tôt, ces compliments que j'avais eu du mal à accepter, trop peu habituée que j'étais à en recevoir…

- Kieran…

Mes pas s'arrêtèrent alors que nous étions parvenus à l'endroit le plus élevé d'un petit pont fait de pierres qui surplombait une splendide rivière dont le débit lent et calme était reposant. Je m'étonnais encore de retrouver en plein centre-ville un endroit aussi apaisant et propice à la relaxation. J'aimais entendre le clapotis de l'eau s'écoulant tranquillement à travers cette immensité verte plantée dans une jungle horriblement grise et morne tout comme j'appréciais la brise légère qui filtrait à travers les arbres et qui me rappelait mes très chères montagnes. Mais ce que j'appréciais le plus tout, toutefois, était cette présence masculine qui se tenait à mes côtés et qui ne cessait de m'intriguer et de me fasciner.

- Peut-être t'es-tu plongé dans la débauche et la colère pour oublier tes souffrances mais je ne crois pas faire erreur en affirmant qu'il y a quelque chose de positif et de bon chez toi également… Ces choses-là je les ressens et je me trompe rarement. Personne avant toi n'avait réussi à m'approcher et à mes yeux c'est là une immense preuve. Je ne regrette pas d'être restée, d'être retournée te voir… j'irais même jusqu'à dire que…

Mes yeux délaissèrent la petite rivière pour chercher ceux de Kieran et quand ils les trouvèrent ils s'y noyèrent.

- … je te remercie de m'avoir retenue, sans quoi je serais passée à côté de quelque chose de magnifique…

En murmurant ces mots je ne pensais pas à la beauté du paysage, je pensais à Kieran. J'y songeais avec tant de force que mes joues brulaient et que mon cœur se débattait dans ma poitrine. Je ne voulais pas ça, je ne voulais pas me laisser emporter par des émotions susceptibles de me faire tout gâcher… J'avais droit au bonheur, moi aussi… N'était-ce d'ailleurs pas pour cette raison que je me trouvais en ces lieux?

Mes poings se refermèrent par automatisme. Dès que je commençais à paniquer il en était ainsi. Mes mâchoires se serrèrent et je dû prendre sur moi afin de régulariser ma respiration pour la garder lente et calme. Mais pourquoi est-ce que dès que je rencontrais un obstacle, une nouveauté ou n'importe quoi d'autre capable de me déstabiliser je me mettais automatiquement à m'affoler? C'était ça, mon problème, c'était ça que je devais apprendre à maitriser… En contrôlant mes émotions et ma peur de déraper, j'allais forcément arriver à dompter mon don….

- Tu… tu y arrives toi? Je veux dire… tout contrôler… ici, là… et puis ça…

Pour le "ici, j'avais pointé son front du bout du doigt, pour le "là", son cœur, pour le "ça", la rivière et les arbres. Mon index n'avait qu'effleuré sa tête et sa poitrine… mais j'avais quand même osé le toucher! J'en avais ressenti le besoin, comme si une force mystérieuse m'avait poussée à le faire. Ça ne venait pas de Kieran, je le savais, j'avais la pleine maîtrise de mon corps et de mon esprit… Non, ça venait de moi, réellement de moi. Un désir très puissant que je n'avais pas pu combattre… et c'était très bien ainsi!


Dernière édition par Iseult Jacobson le Mer 5 Juin - 2:40, édité 1 fois
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Kieran N. Blackburn
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Mer 5 Juin - 1:05

La puissance de ce que je ressentais pour Iseult était impossible à décrire pour moi tant le sentiment était profond et surtout magnifiquement positif. Cette beauté de la vie, je n'y avais jamais eu accès. Jamais je n'avais pu être sincèrement heureux dans ma vie donc il était impossible de savoir concrètement ce que cela faisait. Avec Iseult, c'était sans doute la première fois que je me sentais réellement bien. C'était inadmissible que ce sentiment puisse me perdre alors que normalement il devrait me combler de bonheur. Je devrais me sentir complet en vivant une joie telle que celle-là mais je ne le pouvais pas. Mon trouble était encore plus fort que moi, même s'il était clair qu'Iseult avait déjà un effet intense sur moi. Elle me rendait humain alors que je n'avais pas pu l'être jusqu'à présent. Mon cœur battait pour elle et ce n'était pas simplement pour montrer que j'étais encore vivant mais au contraire pour dire que je vivais enfin une vie qui avait un certain sens. Les émotions me traversaient enfin. Elles me traversaient enfin alors que je n'y avais pas eu droit durant toutes ces années. Iseult m'offrait en quelque sorte ce que personne n'avait pu m'offrir jusqu'à présent. Ce bien, il avait une valeur inestimable pour moi. C'était sincèrement ce que je pensais même si je ne parvenais pas à pleinement en profiter à cause de mon trouble, le fait que j'avais toujours passé ma vie à fuir justement tout semblant d'existence potable parce que personne ne me l'offrait. Chaque personne m'avait maltraité et c'était ainsi que je voyais l'existence, comme un temps qu'on passait à être trainé dans la boue par n'importe qui. Je les haïssais tous au plus haut point parce que j'avais détesté ceux qui s'étaient fait passer pour mes géniteurs officiels alors que ce n'était pas la vérité. C'était pour ça que j'étais devenu un réel connard. Vivre ma vie était juste impossible après un calvaire tel que celui-là. Iseult était mon premier rayon de soleil après tout ce qui s'était produit par le passé, le tout premier que je ressentais pleinement. Très rapidement elle était devenue extrêmement importante pour moi, plus qu'importante même. Il m'était impossible de mesurer l'intensité de mes sentiments pour le moment, mais je savais qu'Iseult était importante pour mon cœur, cette âme qui essayait d'affronter l'existence même si tout était compliqué. Être avec elle me permettait d'aller bien. Je le savais maintenant.

Pour le moment, je continuais à être avec elle, vraiment avec elle. Ce que je vivais était un instant simple, noyé dans une simple union de présences. Je marchais lentement à ses côtés et je me sentais comblé comme jamais je ne l'avais été. Vraiment le fait de la rencontrer avait changé quelque chose en moi, quelque chose d'extrêmement important. Je ne pouvais pas encore expliquer ce qui m'arrivait mais je savais que ce n'était pas malsain. Ce n'était pas une torture, ni même une souffrance. Je n'avais pas mal. Au contraire, les sensations qui me traversaient en cet instant précis m'aidaient. L'atmosphère de ce sentiment si puissant semblait réellement bonne, comme si c'était pour moi l'occasion de réellement exister en tant qu'être humain et non pas en tant que coquille se faisant passer pour un être humain alors qu'elle n'en était pas un. Iseult était sans doute en train de me sauver. Peut-être était-elle la seule personne capable de me sortir de là, de m'aider à me sentir mieux et à croire que je n'étais pas une cause perdue. Peut-être était-elle celle que j'allais aimer de tout mon cœur, celle à qui mon cœur appartenait, celle avec qui j'allais faire ma vie. Je ne parvenais pas à savoir réellement ce que je ressentais pour elle au point de donner un nom à ce sentiment qui me traversait, mais je savais que c'était important, puissant, et que cela bouleversait ma vie dans le bon sens, le plus merveilleux des sens. Même mes discours paraissaient bien plus doux quand elle était là. Je n'étais pas foncièrement mauvais en la présence d'Iseult. La belle était au contraire une porte ouverte à la gentillesse, à un sentiment bon et extrêmement doux. Vraiment elle parvenait à me changer. C'était encore inexplicable à quel point elle me changeait mais c'était sans doute ce qui faisait que je m'attachais à elle au fur et à mesure que je restais non loin d'elle. Ce que je ressentais était extrêmement magnifique. J'aimerais juste pouvoir mettre un nom précis sur le sentiment qui bouleversait mon cœur. J'aimerais juste être capable de dire le nom de cette splendeur. Je voulais le faire, mais je me sentais idiot. Les émotions positives ne faisaient pas partie de mon cœur...alors comment pourrais-je les nommer alors que je ne les connaissais pas ? C'était impossible.

Iseult m'avait ramené à l'école universelle de la vie. Cette joie profonde qu'elle m'offrait, c'était la première fois que je la ressentais. Mes émotions humaines me traversaient intensément et je ressentais sans cesse le besoin de me confier à Iseult, de lui dire ce que j'avais sur le cœur. Je ressentais sincèrement une certaine libération grâce à elle. Elle était ma libération. Iseult était en train de me sauver la vie et ce n'était pas une parole en l'air.


- Ce qui est arrivé, dans ma vie m'a sérieusement détruit au point que je ne vive plus de la même façon. En moi, il y a comme une cassure. Je ressens au fond de moi un certain blocage, une énorme difficulté à faire confiance aux autres. Mais, j'ai l'impression que ce blocage n'existe pas quand je suis avec toi. J'arrive à te parler, à te dévoiler des morceaux de ma vie que je ne parvenais pas à partager avec qui que ce soit. Je n'arrive pas à expliquer ce que je ressens mais je peux dire que c'est puissant, extrêmement puissant. Tu me libères Iseult...et je suis extrêmement sincère quand je te dis ça, vraiment. Avec ta présence, tes mots...tout ton être, tu parviens à libérer une partie de mon esprit que je ne partage avec personne. C'est puissant, ce que je ressens...pour la première fois je me sens...bien. D'ailleurs, je peux oser dire que je me sens divinement bien sans regretter mes paroles. C'est vraiment la toute première fois que le bonheur me traverse d'une façon sincère...et je n'arrive même pas à mettre un nom sur le sentiment qu'il m'offre. C'est absurde d'être aussi...impuissant face à l'évidence même alors qu'on ressent la plus belle magie que nous offre cet instant.

C'était bien le plus horrible en vérité. Une vie humaine était normalement quelque chose qu'on vivait avec les émotions que cela impliquait mais moi je n'avais pas pu le faire. Je n'étais qu'une coquille incapable de connaître la réelle définition du bonheur. C'était un affront de pouvoir vivre quelque chose sans être capable de dire à proprement parler de quoi il s'agissait.

- Au fond, je ne sais pas trop comment percevoir ma vie. Normalement on doit ressentir ces émotions, les vivre, savoir ce que cela fait, mais moi je n'ai pas eu cette chance. C'est comme si je n'en ai pas eu le droit. Au fond, je n'ai jamais réellement pu le dire ni même l'admettre tellement que j'étais...mal...mais j'ai toujours vu ce qui m'est arrivé comme une punition que je n'ai jamais comprise. Je ne me suis jamais senti à l'aise dans ma vie. Je vis une existence où je tente de réduire les ennuis pour éviter d'avoir mal ou en faisant souffrir d'autres personnes pour ne pas voir que la seule personne qui souffre en réalité n'est autre que moi-même...je refuse ma douleur...je refuse tout...

Là, je ne savais vraiment pas ce que je ressentais. A mesure que je parlais à Iseult, j'avais l'impression de ne plus me reconnaître, de changer, de devenir une toute autre personne, peut-être bien une meilleure personne. Les émotions me traversaient dans leur sincérité propre. Je vivais tout comme je devais le vivre et Iseult m'aidait à me libérer d'un poids atrocement immense, un poids qui m'avait détruit durant des années.

J'étais avec Iseult arrêté à l'endroit le plus élevé d'un petit pont fait de pierres. Ce dernier dominait une rivière dont le débit ne me gêna point. Il était d'ailleurs même carrément inexistant pour être honnête. Ce qui m'intéressait n'était autre qu'elle. Iseult occupait mes pensées et monopolisait mon cœur. Je passais d'ailleurs mon temps à boire les paroles de la belle, sans aucune gêne. A chaque mot qu'elle prononçait, Iseult me fascinait encore davantage. J'étais charmé, littéralement charmé par tout ce qui faisait d'elle ce qu'elle était. Mais là, ses paroles percutaient mon cœur comme jamais. Ce qu'elle venait de me dire me toucha profondément. Iseult me bouleversait et cela ne cessait de grandir. A l'instant où je plongeais mon regard dans le sien, là je pouvais clairement dire que j'étais en train de fondre.


- Moi je remercie le ciel d'avoir pu me mener jusqu'à quelqu'un comme toi, une personne aussi exceptionnelle et fascinante que toi.

Ces paroles que je lui disais, je les pensais sincèrement, avec toute la puissance de mon cœur, qui d'ailleurs chantait pour exprimer une certaine reconnaissance pour avoir dit ce que je venais de dire. Je dévoilais mes pensées à Iseult, des pensées sincères sur ma vie, mais je dévoilais peu à peu ce que je ressentais pour elle, même si le nom de ce sentiment m'échappait encore. Je le recherchais encore, comptant sur le temps pour pouvoir me le dévoiler. En attendant de trouver ce mot je restais avec elle, à lui parler. On évoquait ainsi la maitrise de ce qu'on était, même si l'instant où elle m'avait touchée était juste le trouble le plus intense de toute ma vie. Ce que j'avais ressenti en cet instant, c'était un frisson. Je venais de frissonner sous ses doigts, même si le toucher n'était que bref. C'était intense, tellement intense que j'eus du mal à répondre tout de suite.

- Pour être honnête avec toi, avoir une certaine maîtrise de tout cela a été un travail sérieusement difficile pour moi, surtout pour mon pouvoir actif, celui qui concerne la Terre. Au fond, c'est ce pouvoir qui a détruit mon existence alors le maitriser a été extrêmement compliqué. J'ai du m'entrainer, souvent, pour parvenir à une certaine maitrise de ce don et éviter de tuer n'importe qui n'importe quand...surtout quand je ne le veux pas. Pour maîtriser ce qui t'a retenue ici, cela a été différent, plus simple. En même temps, je ne tue personne avec ce pouvoir, donc...un poids en moins qui m'a aidé sans doute...mais toi...oh toi je...

J'osais lui prendre la main avant de lui dire ceci :

- Je suis sûr, extrêmement sûr même, que tu peux t'en sortir, maîtriser ce pouvoir que tu as et faire de grandes choses avec. Je le vois dans tes yeux. Tu es vraiment une bonne personne, quelqu'un de bien. Je le ressens même, au plus profond de moi.

Mes doigts caressaient la paume de sa main, avec une lenteur extrêmement douce. Ils tournoyaient comme pour former plusieurs cercles à chaque fois. C'était un réflexe, en quelque sorte.

- Si tu le souhaites, sache que tu peux compter sur moi si jamais tu as besoin d'aide.

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Lun 10 Juin - 14:16

Cette soirée n'était absolument pas à l'image de celle que je m'étais faite lorsque j'avais décidé de m'évader dans ce parc. Je m'étais imaginé me balader toute seule, explorer les environs, fuir la population, me ressourcer en me rapprochant de la nature afin de me rappeler mes chères montagnes… Jamais au grand jamais je n'aurais pensé croiser quelqu'un et encore moins éprouver l'envie d'entretenir une conversation avec cette personne… Pourtant c'était exactement ce qui était en train de se passer et je devais m'avouer, à ma très grande surprise, que cette tournure inattendue des événements me plaisait énormément, non seulement parce que ce très charmant jeune homme qui se tenait devant moi m'attirait physiquement mais aussi parce qu'il était dangereusement parfait. Il avait tout pour lui. Il correspondait en tout point à ce que l'homme idéal représentait à mes yeux. Il était beau, patient, doux, compréhensif, intelligent... Cette perfection, elle m'effrayait et m'attirait en même temps. Je constatais, avec le recul, que depuis le tout début de notre rencontre ce sentiment étrange avait été redondant. Peur et attirance. Un contraste saisissant qui agissait comme un aimant sur moi, qui me portait de plus en plus à me rapprocher de Kieran alors que je ne le connaissais pas du tout. Enfin, pratiquement pas. Kieran me déstabilisait. Avec efficacité et sans le savoir, il brisait une à une toutes les barrières que je m'étais acharné à maintenir debout depuis tant d'années. Je n'avais pas souvent eu l'occasion de discuter avec des gens au cours de mon existence et cet échange envoutant entre lui et moi m'ensorcelait définitivement. Il m'ensorcelait tant que j'avais vraiment très envie de le laisser entrer dans ma petite bulle privée. À bien y penser, finalement, non seulement j'en avais envie mais j'en avais sérieusement de besoin. Kieran était exactement ce qu'il me fallait, il était celui que j'avais attendu pendant toute ma vie. Il était la copie conforme de cet idéal que je m'étais forgé, de ces songes qui m'avaient hantée depuis tant d'années. Chacun de ses mots me déstabilisait, attrapait mon cœur comme personne ne l'avait fait auparavant. Plus les secondes passées en sa présence s'écoulaient, plus j'étais irrésistiblement attirée à lui, plus mon envie d'apprendre à le connaitre davantage augmentait.

Qu'on me dise que j'étais fascinante et exceptionnelle provoqua chez moi un brutal et solide battement de cœur qui me fit mal à la poitrine et qui incendia mes joues tout en m'apportant une soudaine bouffée de chaleur. Jamais on ne m'avait dit cela auparavant. J'étais profondément bouleversée. Je l'étais à un point tel qu'aucun mot ne parvenait à s'échapper d'entre mes lèvres. J'étais troublée et perdue. Je regardais Kieran, hébétée et engourdie mais pas suffisamment gelée pour ne pas voir qu'il avait frissonné sous mes très brefs touchers, qu'il s'était tût, sous le choc. Je le dévisageais, un peu inquiète. J'avais une très forte envie de le tenir dans mes bras et cette réaction venant de ma part me dépassait. Jamais au grand jamais je n'avais ressenti un tel besoin auparavant, preuve que j'étais totalement tombée sous son charme. Cela avait de quoi m'inquiéter mais malgré cela je refusais de porter attention à ce tracas. J'avais envie de foncer, de vivre une vie normale, j'avais envie d'accéder à ce bonheur que j'avais repoussé depuis tant d'années. Kieran lui, était parvenu à le faire, du moins il avait persévéré suffisamment pour en arriver à maitriser ses dons. Il ne s'était pas bloqué comme je l'avais fait et je l'enviais pour sa persévérance et sa force, pour sa ténacité et son courage. Ces obstacles, ces incidents qui étaient survenus dans sa vie ne l'avaient pas arrêté, bien au contraire. Il avait bûché fort et dur pour faire sa place, pour se forger une vie acceptable, pour accéder au contrôle absolu de tout ce qui lui plaisait.

Lorsque je le vis cueillir délicatement ma main tout en s'adressant à moi de sa voix si attirante, ce fut à mon tour d'être couverte de frissons. Ce toucher, si doux et tellement apaisant me plongeait dans un état de bien-être inégalable. Ces cercles qu'il traçait calmement au creux de ma paume m'hypnotisaient. J'étais incapable de détacher mes yeux de ses doigts. Mon cœur battait à tout rompre. Je sentais mes joues s'enflammer pour devenir chaudes et roses. Tout en moi était débalancé, tout était déséquilibré. Je fis alors l'impensable; accepter son offre sans aucune hésitation.

- Aide-moi…

Cette supplique désespérée mais surtout extrêmement honnête s'était échappée d'entre mes lèvres sans que je ne puisse rien y faire. Ça avait été spontané, rapide mais surtout très sincère. Autant que lui, j'avais besoin d'aide. En sa présence, je respirais mieux, je m'acceptais telle que j'étais, je parvenais même à être... heureuse. En ma présence, Kieran parvenait à se confier, à dévoiler les bribes de son passé qui l'avaient marqué. Il avait l'air si bien! Je désirais réellement apprendre à le connaitre davantage, je désirais véritablement voir apparaitre un splendide sourire sur ses lèvres mais pour l'heure, j'étais statufiée. Mes yeux étaient plongés sur ce toucher envoutant qu'il effectuait dans la paume de ma main. Impossible, donc, de me concentrer sur autre chose que ces lignes concentriques qu'il dessinait délicatement sur moi dans un calme des plus hallucinants. Pendant une fraction de secondes ils se fermèrent, m'aidant à m'imprégner davantage de sa présence, de sa chaleur, de sa douceur. Il me semblait que mon corps penchait de plus en plus vers le sien, qu'il y était irrésistiblement attiré et que rien ne pouvait l'en empêcher. C'est cette impression de chuter sur Kieran qui me fit ouvrir violemment les yeux et même tressauter, m'amenant à plonger mon regard dans le sien, pataugeant encore à moitié dans les brumes du bien-être dans lequel je baignais l'instant d'avant. À mon très grand soulagement, je n'avais absolument pas bougé d'un cheveu, hormis le sursaut.

- Je suis bien… là, tout de suite.

Mes mâchoires se refermèrent brutalement pour mordre sans pitié l'intérieur de ma joue, histoire de me rappeler de faire bien attention de ne pas tomber dans un piège. Ma conscience me criait de me méfier, que Kieran était peut-être une fois de plus en train de se jouer de moi en m'utilisant comme un pantin, à l'image de ce qu'il avait fait quelques minutes auparavant… mais je ne ressentais pas d'emprise. Aucune emprise. Juste… une très étrange sensation que mon cœur était gonflé comme s'il voulait exploser. Pour la toute première fois de mon existence, quelqu'un appréciait ma présence. Pour la toute première fois j'étais utile, je rendais une personne heureuse, véritablement heureuse….

- J'aimerais te croire… J'aimerais croire que je vais m'en sortir, que j'arriverai à maitriser ce pouvoir… Tout comme toi, j'ai toujours perçu ce don comme une punition, voir une malédiction. Je n'ai jamais réussi à trouver ma place dans ce monde… Ce n'est pas pour rien que je m'isole autant…

Ma main était toujours dans la sienne. Je refusais de la retirer. Ce contact, je ne voulais pas le perdre, j'en avais trop de besoin. Mon cœur cognait terriblement fort dans ma poitrine et je sentais que très bientôt mes jambes n'allaient plus me soutenir si je continuais à rester debout. J'étais nerveuse. Kieran me bouleversait énormément.

Timidement, ma main libre se leva pour aller rejoindre celle de Kieran qui était à tracer des cercles sur ma paume. Je la pris délicatement pour tirer tout doucement sur elle. Je voulais m'asseoir à cheval sur la rambarde du pont avant de défaillir et de m'écrouler sur le sol et comme celle-ci était suffisamment large pour qu'on puisse y être confortablement assis, j'y entrevoyais là un genre de salut à ma condition de plus précaire. J'entrainais donc Kieran avec moi pour qu'il prenne place face à moi, puis, à contrecœur, je rompis temporairement le contact physique avec lui. Sa présence si calme m'apaisait tant que j'avais envie de tenter une petite expérience. C'est pourquoi mes mains se portèrent à ma chaîne pour la retirer de mon cou et la placer sur la rambarde, entre Kieran et moi.

- Cette chaîne est le seul souvenir que je possède de ma mère. Elle est morte en me donnant la vie. Je ne l'ai jamais connue. Si je perds ce bijou, je m'éteins…

Mes yeux forèrent les siens avec une intensité et une émotion que je ne me connaissais pas. J'étais très émue mais par-dessus tout, j'éprouvais une confiance complètement démesurée en Kieran.

- Je ne m'en sépare jamais. Je l'ai au cou depuis que je suis toute petite. C'est la première fois que je l'enlève.

Kieran ne voyait visiblement pas où je voulais en venir. Pour moi, c'était très simple.

- Je ne te connais pas, Kieran. Mais va savoir pourquoi, j'ai une confiance absolue en toi. Tu m'apaises…

Mon attention se reporta à ma chaine qui gisait, immobile, sur le béton du pont. Je pris une grande inspiration avant de porter ma main droite non loin du bijou. Avec la gauche, j'allais récupérer celle de Kieran que je fis pivoter de sorte à ce que sa paume soit tournée vers le ciel. Mes doigts se refermèrent tout doucement sur elle, sans serrer, juste pour servir de guide, puis, avec toute la concentration que je possédais, je fis en sorte que ma chaine se soulève dans le but d'aller se nicher dans la main de Kieran. Je tremblais légèrement, tout de même stressé que l'expérience échoue et que mon précieux héritage sombre dans les eaux de la rivière qui glissait paisiblement juste en dessous de nous.

Au début, le bijou se mit à remuer discrètement puis, avec le temps, il se dressa à la verticale, imitant à la perfection un cobra dansant sous la flute d'un charmeur de serpents. J'avais peur, j'avais très peur et l'espace d'une seconde je faillis échapper un cri tant la panique tentait cruellement de s'emparer de moi. La chaine se mit à valdinguer dangereusement puis, sentant le regard pesant de Kieran sur moi j'entrepris de détacher mes yeux d'elle pour focaliser sur le visage de mon camarade. Ce que j'y vis acheva de me déconcentrer puisque j'y lu une révélation, je la ressentis, même, et cela coupa net l'expérience que j'étais à faire. La chaine retomba lourdement sur les doigts de Kieran cependant que je ne le quittais plus des yeux. Je sentais que depuis le début, il n'avait pas du tout porté attention à la petite séance de télékinésie que je venais de faire. Non, j'avais l'impression qu'il ne m'avait pas lâchée des yeux, du début à la fin. Maintenant est-ce que je trompais, ça, je l'ignorais. Avait-il usé de son pouvoir pour me calmer? Ça aussi, je l'ignorais. J'avais beau me creuser l'esprit, je n'arrivais pas à retrouver de traces, d'indices pouvant m'indiquer si ça avait été le cas.

Ma main qui tenait celle de Kieran se referma solidement sur elle, comme pour emprisonner le collier entre ses doigts. Pas question qu'il tombe et que je le perde.

- Tu pourrais me la remettre, s'il te plait?

J'étais déçue. Les résultats de ma petite expérience n'étaient pas concluants mais j'avais au moins la certitude que, pendant un moment, j'avais eu un certain contrôle de ma télékinésie et ça, c'était incontestablement grâce à Kieran.
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Kieran N. Blackburn
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Mer 12 Juin - 1:29

Durant toute mon existence, jamais je n'avais pu vivre un seul et unique moment où je pouvais sincèrement dire que j'étais heureux sans regretter mes paroles trente secondes après...non. Ma vie n'était que le reflet d'une succession d'instants noyés dans des émotions malsaines telles que la colère ou la haine. Toute cette si intense rage avait pu envahir mon existence pour la détruire petit à petit parce que je n'avais pas pu connaître autre chose de bien plus positif que cela. Tout sentiment en lien avec le bonheur n'avait jamais pu exister. Le bonheur ou même l'amour n'étaient jamais là pour moi. Je ne savais pas l'effet que ça faisait d'être heureux, car je ne passais mon temps qu'à profiter du monde qui m'entourait, sans me soucier de leur âme, à la vue du fait que je ne ressentais pas la mienne. On m'avait volé ma vie et je n'allais jamais pouvoir vivre sans cette injustice profonde. Je devais vivre avec ça, toute ma vie, et mon mental ne le supportait qu'en me faisant devenir un réel connard pour n'importe qui, parce que je ne trouvais pas un seul instant de bonheur durable, pas un seul. En me levant ce matin, je pensais vivre une journée comme une autre, où j'allais passer mon temps à faire chier n'importe qui et à profiter de la vie de la plus malhonnête des manières. Jamais je n'aurais pu m'attendre à vivre une aussi belle soirée que celle qui m'était offerte. C'était bien la toute première fois que je me sentais aussi humain et surtout que je pouvais sentir que les battements de mon cœur étaient nés pour autre chose qu'une forte dose de rage. Mon cœur battait pour montrer que j'étais vivant et que le bonheur m'envahissait enfin. Ce sentiment, c'était la première fois que je le vivais. Cela me perdait car je n'avais pas conscience de l'intensité positive de ce sentiment. Les effets du bonheur m'étaient étrangers parce que je n'avais jamais eu l'occasion de ressentir concrètement tout cela. Je savais que ce que je vivais était lié au bonheur, mais je demeurais incapable de définir à proprement parler ce sentiment en lui-même. Je ne le pouvais pas. Il semblait si profond, extrêmement profond, mais donner un nom à cette émotion m'était impossible. C'était positif, mais je ne pouvais pas aller plus loin dans la description.

Tout ce que je ressentais en cet instant précis n'était possible que parce qu'elle était là. Iseult était clairement celle qui me révélait cette partie de moi-même que je n'avais jamais pu connaître, cet humain que j'aurais pu être si jamais tout s'était passé normalement pour moi. Ce bonheur, toutes ces belles choses positives, c'était elle qui me les fournissait. Iseult me rendait clairement heureux en déverrouillant cette prison qui avait enfermé mon humanité durant toutes ces années d'horreur et de déchéance. C'était un magnifique cadeau. Iseult m'offrait en quelque sorte le cadeau dont je n'avais jamais pu clairement profiter durant toute mon existence, à savoir cette existence en elle-même. Iseult était ma révélation, la rencontre importante parmi toutes les autres. Ce que je ressentais pour elle était clairement profond et surtout extrêmement important. Ce sentiment me faisait vivre et me rendait surtout humain, la personne que j'aurais du être si on n'avait pas voulu me dérober mon enfance. Iseult bouleversait en quelque sorte toute cette perception que je possédais de moi-même. Cette fille était exceptionnelle, si unique. Cette rencontre avec elle m'avait en quelque sorte ouvert les yeux sur toutes ces choses que je refusais de voir autant sur moi-même que sur ma vie. C'était incroyable mais je ne parvenais pas à décrire tout ce que je ressentais. Peut-être était-ce parce que je ne connaissais rien aux émotions. Tout ce qui était humain je ne pouvais pas le définir. Je ne savais pas ce que c'était, ce que cela faisait. Je n'avais jamais vécu ça avant. C'était une première fois, même si j'étais affreusement en retard pour cela. Même les adolescents de nos jours avaient un coup de cœur pour quelqu'un maintenant ! Moi, cela ne m'était jamais arrivé. C'était bien la preuve que je ne grandissais pas et que la vie ne m'apportait pas grand-chose. Cette colère, cette haine, ce n'était qu'une façade, celui que je n'étais pas. Je n'étais pas un héros, ce n'était vraiment pas ce que j'étais. Je n'avais fait que me ranger derrière le côté le plus facile de la vie et je m'en rendais davantage compte depuis que je connaissais Iseult. Ma façon de vivre n'avait fait que favoriser l'exclusion de mon humanité, humanité que je commençais à retrouver en restant avec Iseult. Plus je restais et plus j'avais l'impression d'avoir besoin d'elle à tout prix. C'était pour cela que je lui attrapais la main. Sentir sa présence suffisait pour m'apaiser.

Ce contact tactile n'avait jamais été quelque chose d'aussi vital. Avec Iseult, c'était comme si le fait de la toucher me faisait vivre. Elle n'avait visiblement pas de pouvoir de guérison mais pourtant le fait de l'avoir auprès de moi me soignait. Cela soignait en quelque sorte les blessures de mon cœur que personne ne parvenait à guérir même en faisant les plus importants efforts de cette planète. Caresser ses doigts était le geste le plus reposant de toute une vie. Tous ces cercles que je faisais, je ressentais le besoin de le faire. Sa peau était si délicate, et cette présence était si belle. Je ne voulais pas me détacher d'Iseult. Elle était extrêmement importante pour moi. Mon cœur battait à tout rompre. Son battement de cœur était si rapide, si fort. C'était comme si mon cœur voulait bondir de ma poitrine. Plus le temps passait et plus je me rapprochais d'Iseult. J'avais besoin d'elle. Je voulais être avec elle. C'était plus qu'essentiel pour moi. C'était comme si, peu à peu, Iseult devenait la femme de toute une vie, celle qui changeait toute une histoire pour la rendre encore plus belle. Ce qu'elle m'apportait était réellement exceptionnel, le plus beau cadeau de toute une vie. Je ne la connaissais que depuis peu de temps, mais c'était comme si je la connaissais depuis une éternité, depuis toujours même. Iseult avait changé ma vie en si peu de temps. Je ne savais pas comment elle avait fait mais elle avait réussi ce que personne n'avait jamais pu faire avec moi. Elle était parvenue à me faire sourire et surtout à me montrer que la vie n'était pas forcément comme je la voyais au départ. Quelque chose de bon pouvait découler de tout cela, de très bon, et j'avais pu le comprendre grâce à Iseult. Cette révélation qu'elle m'offrait était le plus délicat des présents, quelque chose de splendide, de vraiment splendide. Iseult était la révélation de la soirée et surtout la première personne à qui je faisais une proposition sincère. Je savais que je voulais l'aider et je n'allais pas la lâcher comme ça, surtout pas après cet important présent qu'elle m'avait fait. Mon souhait était sincère. Je voulais l'aider et j'allais le faire. C'était une promesse que je venais de faire car j'avais donné ma parole. Iseult méritait cette parole. Elle était sans doute l'un des plus beaux présents que la Terre avait pu m'offrir jusqu'à présent.

Iseult hantait mon esprit désormais. A chaque fois que je traçais ces cercles dans sa main, j'avais l'impression d'être de plus en plus proche d'elle. C'était incroyable à quel point un rapprochement pouvait être aussi fort. Vraiment je me sentais parfaitement bien avec elle. Iseult offrait à mon âme la perspective d'être meilleure. C'était comme si le soleil m'illuminait enfin de ses rayons. C'était la preuve que ma vie avait enfin un certain intérêt et cela me faisait sincèrement beaucoup de bien. Tout ce qu'Iseult m'offrait, personne n'avait pu me l'offrir jusqu'à présent. Elle était un cadeau du ciel, un ange tombé des cieux pour me charmer et me montrer que la vie valait la peine d'être vécue. On pouvait dire qu'elle avait atteint son objectif. Si le but de cette rencontre était de faire entrer le bonheur dans ma vie, on pouvait dire que la belle avait pu atteindre son but sans trop de difficulté. Iseult était ce soleil qui illuminait ma vie. Elle était une belle image du changement. J'étais attaché à elle, à une profondeur que personne ne pourrait jamais réussir à briser. Ce lien était d'une solidité face à laquelle personne ne pouvait s'opposer. Je ne pouvais pas nommer ce sentiment, mais je savais qu'il était là et que je ne pouvais pas vivre sans lui tout comme je ne pouvais plus vivre sans Iseult auprès de moi. C'était une évidence. J'étais si bien avec elle que je ne pouvais plus être sans elle. Quand elle me dit qu'elle était bien là tout de suite, je ne pus dire qu'une chose en retour.


- Si tu savais à quel point tu m'apaises...je me sens bien avec toi.

Plus aucune manipulation, plus aucun faux semblant. Pour la première fois depuis longtemps, j'étais enfin sincère avec quelqu'un. Iseult était la première personne avec qui j'osais être honnête. Le vrai moi se dévoilait au grand jour en la présence de cette fascinante créature. Je m'attachais de plus en plus à elle. C'était extrêmement important pour moi. Ce sentiment dont j'ignorais le nom était en train de dominer mon esprit et de prendre la place de tout ce qui existait au départ. C'était une émotion positive, quelque chose de magique. Ce qui m'arrivait était quelque chose d'exceptionnel, quelque chose que je n'avais jamais pu vivre jusque là. Iseult était vraiment unique, bien plus fascinante que toutes les personnes que j'avais pu rencontrer jusque là. Elle était la première avec qui j'osais être moi-même, signe d'une importance majeure et surtout exceptionnelle. Il n'y aura plus de manipulations, plus aucune. Je n'allais plus jamais lui mentir, plus jamais. Désormais, l'attachement qui me liait à elle était extrêmement fort, puissant au point que je ne puisse plus me défaire de sa présence. Tout mon être souhaitait rester avec elle et je ne voulais surtout pas détruire ce qu'on visait ensemble. C'était extrêmement important pour moi, vraiment important.

- Je peux te donner ma parole que tu pourras toujours compter sur moi Iseult. Je t'offre mon aide et je tiendrai parole. Si tu as besoin de moi, peu importe pour quelle raison, tu pourras toujours compter sur moi. Jamais je n'oserais t'abandonner, jamais de la vie. Si tu cherches quelqu'un sur qui tu peux compter, sache que tu m'as...moi... Je me sens si bien avec toi...vraiment bien. C'est incroyable ce qui m'arrive. Vraiment, ce que tu m'offres...personne n'a jamais pu me l'offrir avant toi. Mon cœur bat parce que je me sens bien et c'est vraiment la première fois que je peux dire ça sans le regretter juste après. C'est important pour moi...je me sens bien avec toi et si je peux t'aider, ne t'inquiète pas que je le ferais et avec détermination en plus.

En étant si proche d'elle, mon cœur chantait une certaine mélodie que je ne connaissais pas jusque là. C'était l'intensité du bonheur, une belle chose qui m'envahissait pour la première fois de mon existence. Si seulement je pouvais mettre un nom sur ce que je ressentais, dire à Iseult ce qu'elle était clairement pour moi. Je voulais vraiment lui dire ce qu'elle était pour moi, à savoir si elle était une amie ou quelque chose de bien plus important et surtout de bien plus beau. Je tenais énormément à elle et j'aimerais vraiment pouvoir lui dire à quel point, dire ce mot que ma tête ne parvenait pas à trouver, ce mot pour lequel je patinais depuis que je la connaissais et surtout depuis que je savais à quel point je tenais à elle. Elle était importante, je n'allais plus le nier, plus jamais de la vie. Quand elle porta ses mains à son coup, je me demandais ce qu'elle allait faire. Je vis alors sa chaîne. J'étais bouleversé par une aussi intense confiance. Cela se voyait dans mes yeux. J'étais extrêmement touché par cette confiance qu'elle m'offrait.

- Elle est vraiment magnifique...vraiment. Elle doit l'être sans doute encore plus à tes yeux à la vue de la valeur sentimentale qu'elle a pour toi. Quand quelque chose nous rappelle le souvenir de quelqu'un qu'on aime, on y attache encore plus d'importance que pour n'importe quel objet. C'est en quelque sorte une partie de notre cœur qui vit dans ces souvenirs...quand on en possède. Ce que tu as fait, en me la montrant, me touche énormément.

Je ne pouvais en effet pas en dire autant de moi...pour les souvenirs. Les seuls géniteurs dont je me rappelais n'étaient que des imposteurs. Je ne savais pas qui étaient mes parents. Iseult avait de la chance, de pouvoir se souvenir de quelqu'un. C'était quelque chose qu'elle ne devait jamais oublier...jamais de la vie. C'était la plus belle importance de toute une vie.

Quand ses doigts touchèrent de nouveau les mains, j'en frissonnais. Je me demandais vraiment ce qu'elle allait faire. Je ne compris ce qui allait se passer qu'à l'instant où elle déposa ses yeux sur la chaîne. Mes yeux se déposaient quant à eux sur elle. Je ne regardais qu'elle, comme pour lui transmettre une certaine énergie positive, une énergie positive qu'elle m'inspirait elle aussi en étant avec moi. C'était en quelque sorte cette confiance que j'avais envers elle que je souhaitais lui offrir. Je la sentais tremblante, vraiment tremblante. En sentant cette peur, j'eus envie de lui transmettre un certain apaisement. Je lui parlais, tout bas :


- Tout ira bien...tout ira bien.

Et tout alla finalement très bien, quand la chaîne atterrit dans ma main. Je n'avais pas vu ce qu'elle avait fait, mais je savais qu'elle avait réussi ce qu'elle souhaitait. La chaîne avait bougé pour atterrir dans ma main, main qu'Iseult enferma dans la sienne.

- Je vais te la remettre, ne bouge pas.

Comme promis, je lui remis sa chaîne, par des gestes extrêmement délicats. Toucher son cou était un instant d'une profondeur inestimable pour moi. C'était la première partie de son corps que je touchais en dehors des mains, et à peine avais-je déposé mes doigts que j'en frissonnais de partout. Plus je me sentais proche d'Iseult et plus je tenais à elle. Elle était vraiment importante pour moi. Vraiment, je tenais à elle.

- Cette chaîne est magnifique, sublimée en plus par un visage tel que le tien.   lui dis-je par un sourire. Je...je...

Je voulais dire quelque chose, mais je ne savais pas comment finir cette phrase. Il manquait ce mot, le mot que je ne trouvais pas.

- Je ne parviens pas à trouver le mot...ce mot qui manque à ma phrase...

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Lun 17 Juin - 14:15

Il y avait en moi cette espèce d'impression de planer… comme si à tout moment je risquais de m'envoler.  C'était une sensation très intense que je n'avais jamais ressentie auparavant et qui me plaisait énormément.  Mes interactions avec les gens avaient toujours été très brèves ou quasi inexistantes.  Mis à part avec mon père et la dame chez qui j'avais vécu suite à son décès, jamais je n'étais parvenue à développer un lien suffisamment fort avec quelqu'un pour être capable de le qualifier de "relation positive" ce qui n'avait rien de surprenant puisque je ne voyais ni fréquentais personne!  Personne jusqu'à ce que je rencontre Kieran.  D'être assise sur ce pont à discuter avec lui était assurément l'échange le plus exaltant que j'aie connu jusqu'à ce jour.  Le moment le plus pur et plus beau de toute une vie.  C'était simplement revivifiant, c'était merveilleusement magique, c'était… c'était absolument magnifique!  Je ne savais pas comment qualifier cet étrange lien qui m'unissait à lui.  J'ignorais même ce que je ressentais puisqu'il y avait tant de mots qui se bousculaient dans ma tête que je ne savais plus quoi en penser.  Kieran me fascinait et me gênait, il attisait ma curiosité, il me donnait envie de sourire, de rêver… d'aimer...  or donc j'étais perdue... et je flottais.  Il y avait une chose toutefois que je ne pouvais ignorer; les battements effrénés que mon cœur produisait et qui ne cessaient d'augmenter proportionnellement au temps passé en compagnie de Kieran.  J'en étais même à me dire que si je ne parvenais pas à les calmer ils allaient probablement le faire exploser!  Tout ceci était nouveau pour moi.  J'ignorais comment me comporter, quoi dire, quoi faire ou ne pas faire.  Mes yeux restaient plantés dans ceux de Kieran tandis que ses mains jouaient dans mon cou pour attacher ma chaine.  Je ne voulais pas qu'il les enlève... j'avais envie qu'il les laisse à cet endroit, j'avais même envie qu'il remue ses doigts pour me toucher davantage.  J'avais, à vrai dire, tout un tas d'envies qui se bousculaient dans ma tête mais je luttais contre.  Je tenais à garder le contrôle mais franchement, ça devenait sérieusement difficile.
 
Mon précieux héritage attaché, je ne fis rien pour déloger les bras de Kieran.  Pire, je me surpris même à lever la main pour effleurer ce petit fossé niché en plein milieu de son menton.  Je le fis d'un air curieux, un sourire timide aux lèvres, y déposant délicatement mon index afin de frôler sa peau l'espace d'un instant.
 
- Ça... c'est charmant...
 
À coup sûr je devenais soit folle, idiote ou stupide… ou les trois à la fois!  J'avais le cœur au bord des lèvres tant il cherchait à s'échapper de ma poitrine.  Ce contact direct et terriblement volontaire que j'osais faire à Kieran me sciait en deux.  Je ne me reconnaissais pas du tout.  Je venais soudainement de faire disparaitre la petite Iseult timide et effacée que j'avais toujours été, la faisant s'envoler au profit d'une Iseult curieuse et fascinée.  Une Iseult dont les sentiments étaient si mélangées et contradictoire qu'elle n'avait plus d'autre choix que de se laisser guider par son instinct...
 
- Je me sens bien avec toi…
 
Je continuais de sourire, réellement subjuguée par lui.  Je me noyais dans le bleu de ses iris, dans son regard profondément sincère.  Kieran m'envoutait.  J'étais bien en sa compagnie, je me surprenais à sourire, à être heureuse, chose qui ne m'était que très rarement arrivé dans mon existence.  Kieran était le tout premier garçon que j'osais approcher, que j'osais laisser s'approcher, évidemment.  J'en étais toute retournée et c'est pourquoi mon coeur continuait de battre aussi rapidement, terriblement excité et content de ce qui était à se dérouler sous ce splendide clair de lune.
 
- Ça ne m'était jamais arrivé auparavant, de me sentir bien comme ça…  Là tout de suite, pour la toute première fois, je n'ai pas envie de partir.  Avec toi je ne me sens pas jugée, examinée, étudiée ou rejetée… Non, avec toi c'est différent et franchement… tu ne peux pas savoir à quel point ça me fait du bien.
 
Est-ce que je venais vraiment de dire ça? La confidence m'étonna tant que pendant deux secondes je dus réfléchir afin de déterminer si tout ceci tenait du rêve ou de la réalité puis, constatant que j'étais bel et bien éveillée, j'eu le réflexe de déposer mes mains sur celle de Kieran pour les retirer de mon cou.  J'étais quelque peu déstabilisée, surtout horriblement gênée et morte de trouille.  Je craignais tout à coup de l'être, rejetée ou ridiculisée.
 
- J… je m'excuse… je n'ai pas l'habitude… pardon… j'aurais dû me taire, je…
 
J'avais gardé ses mains dans les miennes et je les tenais délicatement, mes pouces traçant de très discrets petits arcs de cercle sur le dessus.  Mes yeux ne quittaient pas les siens.  Ils étaient implorants, sans doute très brillants voir embués de larmes.
 
- C'est tout nouveau pour moi… Kieran, je ne sais pas comment me comporter…  J'ai envie que tu m'aides, je le veux vraiment…  J'ai envie de croire que tu ne m'abandonneras pas, j'ai envie de croire chacun des mots que tu m'as dit.   J'en ai de besoin… j'en ai réellement de besoin.
 
Je repensais aux encouragements qu'il m'avait doucement murmurés, à ce soutien infaillible qu'il m'avait offert depuis le tout début de notre entretien.  À cet étrange blanc de mémoire qui l'avait affecté lorsqu'il avait replacé la chaine autour de mon cou…  Un trou de mémoire qui ne laissait présager que du bon.  Impossible d'en douter.
 
Les mains de Kieran reposaient toujours dans les miennes.   Je refusais de le lâcher.  Je m'accrochais à lui comme à une bouée.  Je le percevais comme un envoyé du ciel, comme un sauveur.  En très peu de temps il avait réussi à m'apprivoiser, à gagner ma confiance et même à implanter un peu de bonheur dans mon cœur.  Cette euphorie qui m'enveloppait peu à peu devenait vitale et très rapidement j'y devenais sérieusement dépendante.  Il m'était impossible de la rejeter ni même de la renier.  J'en étais à un stade de ma vie où l'accès au bonheur devenait urgent.   Je ne pouvais plus concevoir de vivre seule.  J'avais un besoin urgent d'être aimée et pour la toute première fois j'entrevoyais en Kieran une petite possibilité de l'être ce qui ne faisait que renforcer ce désir élémentaire des plus essentiels.  Je ne demandais pas l'amour…  mais au moins une certaine amitié.  C'était déjà un bon départ non?  En tout cas, c'était certainement mieux que rien du tout…
 
- Tu as les mains chaudes…
 
Et moi je frissonnais.  La nuit était fraiche et je ne m'étais pas apporté de quoi couvrir mes épaules et mes bras.  J'étais sortie en petite robe d'été, n'ayant pas en tête de rester des heures au parc.  Maintenant que la lune était là, je commençais à grelotter.  Les frissons qui recouvraient mon corps n'étaient pas seulement dus à l'absence du soleil, cependant…  Malgré cela, je ne voulais pas rentrer, je voulais rester avec Kieran, je voulais poursuivre cet échange et donc, je m'accrochais à lui, à ses mains bouillantes qui distribuaient un peu de chaleur à mon corps mais surtout à mon cœur.  Je n'avais cessé de les caresser dans des gestes très discrets, extrêmement lents et légers, presque absents, même…  Juste… pour dire que j'en faisais.  Juste pour montrer que j'étais là et que j'étais bien…
 
- Kieran… est-ce que…
 
Je voulais lui demander de rester avec moi, de m'accompagner encore un moment.  Je voulais discuter avec lui, apprendre à le connaitre davantage, échanger sur tout ce qui nous venait en tête, je voulais rire, je voulais… je voulais tant de choses!  Mais au lieu de lui avouer ce qui trottait dans ma tête, une toute autre demande s'échappa d'entre mes lèvres.
 
- Tu voudrais me faire une démonstration de ton autre pouvoir?
 
Stupide Iseult!  Stupide!  Et pour bien enfoncer le clou… :
 
- Si ce n'est pas dangereux, évidemment…
 
Mes mains retournèrent les siennes pour les mettre paumes en l'air, comme si le fait de les examiner allait me révéler le fonctionnement de son don alors que tout était simplement une question de mental.  Kieran disait tout maitriser, forcément il allait pouvoir me faire une petite démonstration sans perturber la Terre entière… du moins je l'espérais!
 
- Mais je vais comprendre si tu refuses…
 
Mes doigts se refermèrent autour de ses poignets puis les relâchèrent aussitôt dans un mouvement presque brutal, comme si je venais de me prendre une décharge électrique. J'étais tout à coup horriblement gênée d'avoir osé le toucher ainsi tout comme de lui avoir fait pareille demande alors que je me rappelais soudainement que ce don avait gâché sa vie.
 
- Excuse-moi… pardon… c'était terriblement maladroit… je suis désolée…
 
Mon regard dévia vers la rivière alors que mon cœur tressautait dans ma poitrine tant la honte m'accablait.  Je m'en voulais.  Je ne savais plus du tout quoi dire ni quoi faire alors je me contentais de fixer le paysage, bras croisés, espérant de toutes mes forces de ne pas avoir blessé Kieran en lui faisant cette demande.
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Kieran N. Blackburn
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Jeu 20 Juin - 0:26

Jusqu'à aujourd'hui, ce que j'avais pu vivre n'était pas une existence saine que je ressentais sans exprimer l'ombre d'un seul regret. Mon cœur battait, comme celui de chaque humain de cette planète, mais je ne l'avais pas ressenti. Chaque battement n'était qu'accessoire, une chose qui tout comme l'oxygène me permettait de survivre mais que je respirais de façon inconsciente. Je vivais ma vie sans réellement la ressentir ni même savoir comment j'y parvenais. Ce n'était que de la survie, une survie avec une absence de sincérité flagrante. Ma vie n'avait sérieusement pas de sens jusqu'à ma rencontre avec Iseult. Elle avait ranimé en moi quelque chose qui avait demeuré jusque là en sommeil tout au fond de moi. Mon cœur battait mais je ressentais cette fois-ci chacun de ses mouvements. Je ressentais tout avec une sincérité beaucoup plus forte, comme si ma vie venait de trouver un sens qu'elle n'avait jamais eu jusque là. Quel était-il ? Ce sens n'était autre qu'Iseult elle-même. Ma vie n'avait été qu'une ombre sans aucun sentiment jusqu'au moment où je l'avais rencontrée elle. J'avais pourtant vu bien des filles durant toute ma vie, qui n'étaient pas restées dans ma vie plus d'une nuit car elles n'étaient qu'un jeu, mais Iseult était différente. Dès que je l'avais aperçue, elle m'avait attiré vers elle comme aucune autre n'avait pu le faire. Il avait été facile de comprendre à quel point elle me fascinait rien qu'en fixant mon regard. Il avait cette étincelle qu'aucune autre connaissance féminine n'avait pu m'offrir jusque là. Iseult était unique pour cette raison. Elle m'avait redonné une vie acceptable, une vie pour laquelle je pouvais ressentir une certaine joie, une joie humaine et plus que bénéfique. Même mon cœur s'était mis à chanter pour exprimer cette joie, une joie que personne n'avait pu m'offrir avant elle, pas comme ça. Je ne savais pas ce que je vivais, mais c'était sans doute bien plus profond que le seul mot "bonheur". Malheureusement, le mot associé au sentiment qui noyait mes sens m'échappait encore. Je voulais pourtant le dévoiler à Iseult, dire ce que je ressentais pour elle, mais c'était comme si ce mot n'était pas dans mon vocabulaire, comme si l'existence ne m'avait jamais donné l'occasion de pouvoir apprendre ce mot et surtout le dire. C'était quand même assez besoin de passer pour le dernier des abrutis en restant bouche bée devant une personne aussi attirante qu'Iseult. J'aurais aimé pouvoir lui dire pourquoi, mais je n'y parvenais pas du tout à cause d'un seul et ridicule petit mot qui pourtant signifiait tout, absolument tout. C'était la réponse à trouver à tout prix.

Quand je touchais Iseult, j'avais l'impression de caresser le plus doux des corps, quelque chose d'extrêmement attirant et d'une délicatesse exceptionnelle. J'aimais jouer dans ce cou que je frôlais. Ce moment je ne cessais de l'étirer dans sa longueur comme pour pouvoir en dégager toute la saveur. La toucher était quelque chose de magique pour moi, alors que mes mains avaient pourtant frôler plusieurs demoiselles avant elle ce soir. Iseult avait ce quelque chose qui la rendait unique à mes yeux et c'était cette chose qui m'entrainait à m'attacher à elle et à ne plus vouloir la quitter. Rester avec elle était une volonté évidente que j'avais envie de réaliser à tout prix. C'était un besoin devenu limite vital. L'avoir auprès de moi était la clé de ma tranquillité d'esprit. Iseult m'apaisait. Je l'avais déjà dit plusieurs fois et c'était la vérité. Elle me procurait des sentiments que je n'avais jamais pu vivre jusque là. A l'instant où ce fut son tour de me toucher, mon cœur eut un raté dans ses battements, comme si la surprise l'avait perforé mais que la douleur n'avait été qu'un plaisir extrêmement profond. J'en souriais. Tout était parfait. Avec Iseult, je connaissais cette facilité déconcertante de dessiner une belle banane sur mes lèvres, même mes dents se montraient de temps en temps, quand le sourire était fort. Elle avait le chic pour que je me sente obligé de dessiner ce bonheur sur mon visage. L'atmosphère de ce que je vivais était unique. Je ne me reconnaissais clairement plus. C'était comme si Iseult avait libéré une partie de moi dont je n'avais pas conscience, une bonne partie de moi-même. Elle m'envoutait littéralement rien qu'en me fusillant du regard, ce qu'aucune autre personne n'avait pu faire jusqu'à présent. Même à l'instant où elle disait que le fossé situé sous mon menton était charmant, je ne pus m'empêcher de sourire et de la remercier. Même ce mot "merci", je ne le disais que rarement. Iseult par contre méritait ces remerciements, d'une part pour ne pas m'avoir quitté alors que je l'avais manipulée contre sa volonté mais aussi pour tous ces gestes si humains qu'elle adoptait avec moi. C'était humainement unique et je ne voulais pas que cela puisse s'arrêter. Ce qu'elle me disait par la suite était également vrai pour moi. Je ne pouvais pas m'empêcher de lui répondre cette fois, envouté par ces sourires qu'elle me jetait sans cesse.


- Ce que je ressens est littéralement inexplicable pour moi. Mon cœur chante...il n'a jamais chanté à ce point avant que je ne te rencontre. Ses battements sont si forts mais c'est tellement beau que cela ne me gêne pas. Au contraire, je trouve cela magnifique. A tes côtés, je me sens parfaitement bien. Il n'y a plus aucune rage, plus aucune peur, plus rien, juste un certain calme absolu qui m'envahit et un profond attachement pour toi qui ne cesse de grandir. Je me sens bien avec toi. La sérénité est parfaite. Tu es envoutante, extrêmement fascinante et attirante. Si franchement certains osent te trouver repoussante, ils ont réellement tort. Tu ne mérites pas d'être examinée puis jugée et surtout d'être rejetée comme une malpropre. Franchement, tu ne le mérites pas. Iseult...
 
J'avais mes mains enfermées dans les siennes qui ne cessaient de tracer des cercles sur leur sommet. Ce geste tactile me faisait énormément de bien, un bien que je ne pouvais pas estimer tellement il était puissant. Ce que je vivais était littéralement parfait.
 
- Pour tout te dire, ce que je vis avec toi est tout nouveau pour moi aussi. Ces sentiments puissants que tu me procures, je ne les ai jamais vécus avant...avec personne... Tu es unique, différente. Tu m'attires à un point démesuré. Je me sens bien avec toi. Je n'ai pas envie de te quitter Iseult, pas après ce soir. Tu es importante...même si le plus beau mot qui existe me manque pour le dire. Tu me fais ressentir ces choses que personne ne m'a offertes. J'ai l'impression d'enfin pouvoir vivre depuis que je te connais, et je peux t'assurer que c'est important pour moi. Tu es importante. Iseult... 

Mes mains étaient chaudes, et cela m'empêchait de ressentir clairement qu'Iseult commençait à grelotter sous la fraicheur de cette nuit étoilée. Je ne ressentais pas la fraicheur pour ma part, n'étant pas d'un naturel frileux en général. Je restais proche d'elle, pour lui offrir la chaleur de mon corps. Si au moins je pouvais être utile à cela, ce serait un beau geste de ma part, pas vrai ? Je restais un moment bloqué dans cette position, à prendre soin de celle que je tenais. Iseult était précieuse pour moi, tellement précieuse qu'il fallait à tout prix que j'en prenne soin. Je trainais la belle d'une façon extrêmement délicate. Jamais je n'avais traité quelqu'un de cette manière auparavant, jamais de la vie. C'était la personne que mon cœur avait su adopter, la personne précieuse que j'avais choisie pour moi, la personne dont j'étais...admiratif des trous de mémoire qu'elle m'inspirait dès que je voulais dire que je...enfin à quel point je l'appréciais...cette si belle Iseult. C'était si étrange ce que je ressentais que cela parvenait à me perdre, ce qui était réellement exceptionnel, surtout pour moi, habituellement jamais perdu par quoi que ce soit dans mon existence. 
 
Mais je fus extrêmement surpris par la question qu'elle me posa, qui avait un rapport avec mon autre pouvoir, celui qui faisait trembler la terre. Je m'attendais à tout sincèrement, sauf à cette question en particulier. Franchement je ne pensais pas qu'elle allait me demander cela, mais finalement la surprise était toujours au rendez-vous. Il suffisait de voir mon magnifique regard noyé dans cette impression de surprise étrange. Il était facile de voir que je ne m'attendais pas à entendre cette question sortir de sa bouche, mais je le dis quand même.


- Franchement, je ne m'attendais pas à cette question, vraiment je...je ne m'y attendais pas. Tu n'as pas à t'excuser pour ta question, c'est juste que je ne m'attendais pas à ce que tu me la poses. 
 
Je regardais un instant le sol. A ce moment-là, je ne savais pas quoi faire ni quoi dire. J'étais à la limite de la paralysie. Ce don avait changé toute mon existence. C'était lui qui m'avait noyé dans cette débauche dans laquelle j'avais choisi de plonger volontairement. Le point de départ n'était autre que ce don, alors bien évidemment cela me faisait quelque chose, d'en parler. Ce n'était pas une intense douleur, mais c'était comme un pincement au cœur, que je pouvais quand même déceler...encore plus maintenant que je ressentais mieux l'influence de mon cœur sur mon organisme. 

Je ne savais pas quoi faire en cet instant précis. Finalement je lui dis ceci :

 
- Si c'est ce que tu veux, je peux te montrer, mais à une dose minime vu l'endroit où nous sommes...

Progressivement, mes doigts se serraient pour former un poing. J'attrapais la terre, en quelque sorte. Une maigre secousse se fit ressentir. Elle était sans incidence sur le pont. C'était juste pour faire ressentir à Iseult que je pouvais faire trembler les choses. J'arrêtais, au point de trente secondes. Mon regard était humide, sans larme mais c'était limite. Les souvenirs remontaient à la surface et me donnait un air innocent en pleine détresse. 

- Lors des séismes, quand la terre tremble, on peut ressentir des secousses au loin de l'épicentre...c'est cette secousse que j'ai ressentie...quand la catastrophe est arrivée...je n'étais pourtant pas si loin...j'étais à côté d'eux... mais je ne ressentais pas la même chose qu'eux...c'était étrange, et pourtant si dur...j'ai mis du temps à le comprendre...trop de temps.

Ma voix était toute cassée quand j'évoquais le passé, c'était étrange. Mes yeux étaient si humides qu'on pouvait percevoir que j'avais besoin de réconfort. J'étais même à la limite de verser des larmes. Mon regard se plongea vers l'étendue marine qu'on surplombait. Jamais je n'avais été dans cet état, pas comme ça. Une larme s'échappa de mon regard pour aller s'échouer dans l'eau, comme pour rejoindre sa famille. Je n'avais pas pu me retenir. 

Par miracle, je trouvais la force de me relever. J'observais Iseult alors que j'essuyais mes yeux.
 

- Excuse-moi...je ne pensais pas pleurer...pardon. Et avant que tu ne dises quoi que ce soit, tu n'es pas la fautive...ce n'est pas ta faute...je t'assure. Je ne t'en veux pas de m'avoir posé la question. Tu étais en droit de savoir. Je suis juste plus fragile que je le pensais en réalité.

J'enchainais sur une question, sans rapport avec mes larmes bien évidemment.

- Tu dois être frigorifiée par une telle fraicheur...tu n'aimerais pas qu'on aille ailleurs pour se mettre à l'abri, là où le chauffage serait roi ? Qu'en penses-tu...?

Pourvu qu'elle accepte...je n'avais vraiment pas envie de la quitter...pas tout de suite.

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Mar 25 Juin - 20:20

Je n'avais pas plus envie que lui de le quitter...  Pour la toute première fois de mon existence j'étais bien avec quelqu'un, j'étais vraiment, vraiment bien...  Si bien que mon cœur ne cessait de battre, que les frissons qui recouvraient mon corps refusaient de disparaître.  Ce contact avec Kieran m'étourdissait et me perdait.  Je ne me reconnaissais plus dans mes gestes ni dans mes paroles.  Au lieu de fuir je restais.  Au lieu de me fermer à lui je m'ouvrais, je le laissais m'approcher, je le laissais même me toucher...  Je n'avais aucunement envie d'offrir de résistance, au contraire, je souhaitais juste que nous nous rapprochions davantage.  C'était à n'y rien comprendre.  De toute façon je ne voulais pas comprendre.  J'étais bien dans ses bras, j'y étais au chaud et je me sentais en sécurité mais ces émotions nouvelles qui m'envahissaient m'effrayaient, toutefois.  J'avais peur d'avoir mal, j'avais peur que tout ceci ne soit qu'un rêve.  J'avais peur de me réveiller dans mon lit, seule, affreusement seule.

Sans l'ombre d'un doute, ce furent ces stupides craintes qui me poussèrent à me détacher de Kieran alors que j'étais pourtant si bien nichée tout contre lui.  De stupides craintes qui brisèrent cette douceur incroyable dans laquelle nous baignions tous les deux.  Pourtant, absolument aucun de ses mots n'avait eu le mérite de justifier pareil doute.  J'avais beau être ignorante en ce qui avait trait à l'amour, j'étais quand même capable d'affirmer sans trop me tromper que ce qui s'était dégagé de chacune des paroles qu'il m'avait adressé était bien puis fort, bien plus puissant qu'un simple sentiment d'amitié.

Je fixais la rivière, bras croisés, encore secouée d'avoir brisé cette si délicieuse magie en lui posant une question ridicule.  Je voyais bien que ma demande l'avait complètement déboussolé.  Kieran fixait le sol, pensif, statufié.  C'était de ma faute s'il se trouvait dans cet état et je m'en voulais terriblement.  Je refoulais mes larmes, mordait l'intérieur de mes joues pour m'empêcher de craquer ou d'échapper un sanglot de désolation.  J'avais tout gâché.  J'étais sans aucun doute la plus idiote des personnes qu'il avait rencontrées de toute sa vie.  J'allais réitérer mes excuses les plus sincères quand, contre toute attente, Kieran accepta finalement ma très étrange demande.  Ma tête pivota légèrement vers lui afin de me permettre de le regarder plus attentivement.  Il était sérieux et concentré, ne soufflait mot, avait le regard flou et humide, gardait son poing refermé comme s'il tenait quelque chose d'enfermé à l'intérieur.  Soudainement, une vibration se fit ressentir et bien qu'elle fut minime, la surprise me força à décroiser les bras pour me tenir à la rambarde du pont sur laquelle j'étais toujours assise.  

- Oh!

Ce n'était pas une énorme secousse mais je voyais bien qu'elle provenait de Kieran et que c'était lui qui la contrôlait.  La Terre continuait de vibrer sous moi, me prouvant hors de tout doute pendant une bonne trentaine de secondes que mon ami possédait un don très puissant.  Je comprenais maintenant à quel point la catastrophe qui s'était produite lorsqu'il était jeune avait dû le marquer en profondeur et j'osais à peine imaginer combien maîtriser ce don avait dû être difficile.  Par ma faute, à cause de cette foutue demande que je lui avais faite, ses mauvais souvenirs avaient refait surface.  Je m'en voulais.  Je n'arrivais pas détacher mes yeux des siens.  Je ne pouvais cesser de me morigéner pour avoir osé lui faire cette requête.  Kieran était si bouleversé que sa voix était brisée par l'émotion, amplifiant par conséquent mon désir fortement oppressant de le consoler.  Je me devais de réparer mon erreur,  il fallait absolument que Kieran retrouve son magnifique sourire.  J'étais obsédée par son regard humide.  Je voulais juste empêcher les larmes de rouler sur ses joues pour effacer sa tristesse mais ce fut trop peu trop tard; une larme dégringola presque aussitôt le long de son visage pour ensuite tomber dans le vide.  J'eus alors la sensation que mon cœur venait de se fendre en deux.

- Kieran...

Je le suivais silencieusement des yeux alors qu'il se relevait tout en épongeant ses yeux, s'excusant de s'être laissé emporter par ses émotions.  C'était à moi de le faire!  C'était à moi de m'excuser.  Pas à lui!  Je le dévisageais en secouant doucement la tête, dépassée par la tournure des événements, accablée par sa tristesse.  Je souhaitais tout à coup me blottir tout contre lui, j'avais envie de le tenir dans mes bras pour apaiser sa douleur et effacer sa peine.  Malheureusement je ne le pouvais pas.  Correction; je ne le pouvais plus.  Kieran venait de clore la discussion en bloquant mes mots.  Impossible donc, de me confondre en excuses.  Visiblement, il n'était plus question de poursuivre sur le sujet puisqu'en un rien de temps il en avait enchaîné un autre.

- Mais...

Je l'observais, un peu confuse et perdue.  Spontanément ma main se leva tranquillement pour effleurer la sienne, prolongeant le contact jusqu'au bout de ses doigts dans un geste lent et délicat.  J'avais envie de lui murmurer mille pardons, mille excuses, de lui faire mille et un câlins et de lui donner un millier de bisous pour lui faire oublier son chagrin mais j'en étais incapable.  J'étais pétrifiée.  La seule chose que je parvins à faire fut de me mettre à frotter mes bras pour en chasser les frissons, autant ceux causés par le froid que ceux causés par ce trop bref contact... puis d'acquiescer à sa suggestion.

- D'accord... partons...

À regret je pris le chemin du retour, m'orientant instinctivement vers la sortie qui débouchait sur le quartier où je logeais.  Je ne connaissais pas le coin, j'ignorais franchement où aller mis à part cette zone de la ville.  Je n'avais aucunement envie de retrouver l'appartement miteux que j'avais loué.  Il me fallait donc trouver un endroit confortable où nous serions bien lui et moi, un endroit où nous pourrions nous réchauffer tout en poursuivant notre discussion, un lieu paisible qui nous permettrait d'approfondir notre... relation.  J'avais envie de connaître davantage Kieran.  J'avais besoin de sa compagnie, de son calme contagieux, de son sourire, de ses mots qui me réconfortaient tant.  J'avais besoin de demeurer auprès de lui parce qu'en sa présence je me sentais bien, j'avais le sentiment que je pouvais m'épanouir et être moi-même sans craindre d'être jugée.  J'étais bien, oui, mais malgré cela j'avais l'âme en peine car même si cette magnifique soirée se poursuivait je savais d'ores et déjà qu'une séparation surviendrait et qu'elle me serait pénible.

Pour tenter d'oublier cet événement à venir j'observais les étoiles dans le ciel, songeuse, me remémorant l'intégrale de notre rencontre.  Mon cœur battait la chamade, ma main remuait spasmodiquement, mille fois tentée d'attraper celle de Kieran qui se trouvait juste à côté.  J'avais envie de glisser mes doigts entre les siens, de retrouver ce contact unique qui nous avait lié l'instant d'avant.  Je le voulais près de moi, je voulais retrouver sa chaleur, me blottir dans ses bras, entendre son cœur battre, écouter sa voix apaisante qui me calmait et me rassurait tant.  Je tenais énormément à retrouver tout ceci parce que jamais je ne l'avais vécu auparavant.  Sans le savoir, Kieran m'avait fait découvrir une toute petite parcelle de ce qu'était l'amitié.  Une toute petite parcelle qui avait eu un impact considérable sur ma vie, qui m'avait même fait entrevoir à quoi l'amour pouvait ressembler.  L'amour, oui, parce que ce que j'éprouvais en cet instant ne s'appliquait assurément pas à l'amitié.  Non.  Un cœur ne pouvait pas battre autant pour un ami, ni des frissons perdurer sur un corps, ni des tremblements secouer des membres, ni une gorge se serrer ou un ventre se tordre comme le mien était à le faire à chaque fois que Kieran s'adressait à moi ou qu'il me touchait.  Je tentais de conserver une respiration lente et régulière mais c'était difficile.  Depuis les toutes premières minutes passées  auprès de Kieran je n'avais jamais réellement eu la sensation de contrôler mon corps ni mes émotions.  C'était comme si j'avais été possédée depuis le début, comme s'il m'avait envoûtée et que j'étais demeurée sous son emprise.  Pourtant je savais pertinemment que ce n'était pas le cas.  J'étais en pleine possession de mon corps et de mon esprit... enfin... presque.  J'étais bel et bien moi, mais une partie de moi-même ne vivait plus que pour Kieran.  À quelque part c'était effrayant parce que je savais que je n'y pouvais absolument rien.  Malgré cela je restais avec lui, je continuais de marcher en sa compagnie, me dirigeant lentement mais sûrement vers la grande ville.

Si à l'occasion je lorgnais discrètement vers Kieran, la majorité du temps je fixais l'horizon, un peu incertaine d'où me rendre. Je n'avais pas véritablement d'objectif en vue.  New York était et resterait à mon sens une ville... perturbante.  Perturbante parce qu'elle était à la fois captivante et terrifiante.  Un peu comme ce que j'avais ressentit pour Kieran à un certain moment de notre rencontre à la différence que lui, j'avais très envie de le revoir.  Mais pas New York.  J'avais du mal à concevoir que des gens appréciaient vivre dans cet endroit, qu'ils parvenaient à s'y épanouir et à être heureux.  Les goûts n'étaient pas à discuter, disait-on.  C'était sans doute vrai...  Moi je ne me voyais pas vivre dans cet endroit.  J'avais besoin de mes grands espaces verts, de ma cabane, de cette splendide nature sauvage qui m'entourait.  Je m'étais établie au Colorado par choix personnel, parce que je recherchais un endroit calme et isolé, parce que je souhaitais vivre seule.  Toutefois cette optique que j'avais toujours eue et que j'avais toujours entretenue commençait à changer graduellement, proportionnellement au temps passé en compagnie de Kieran.  À son insu ce dernier m'avait fait réaliser bien des choses, entre autre qu'il était peut-être temps d'accepter ce que j'étais, qui j'étais mais aussi d'avoir confiance en moi et de foncer.  Kieran me donnait des forces et du courage.  Je ne doutais plus de moi quand j'étais avec lui.  Je n'avais pas envie de perdre cette merveilleuse sensation.  Je la prolongeais donc avec plaisir et égoïsme en nous entraînant dans un commerce dont les heures d'ouvertures flexibles permettaient aux clients de grignoter ou de boire quelques trucs à toute heure du jour ou de la nuit. Ce n'est que lorsque le breuvage chaud commandé fut entre mes mains gelées que je me remis à parler.

- Je suis désolée, j'ignorais où aller...  Je ne connais pas très bien le coin... à vrai dire je ne suis pas d'ici...

Kieran paraissait surpris.  Je pouvais comprendre.  Après tout, mis à part cette révélation de mon prénom et de mon don, il ne connaissait pratiquement rien de moi.

- J'habite... beaucoup plus loin.  Si je suis venue à New York c'est justement pour chercher de l'aide... parce que je n'en pouvais tout simplement plus d'être isolée des autres...

Je fixais ma tasse dans laquelle fumait mon chocolat chaud, fuyant volontairement le regard de Kieran.

- Je ne reste pas bien longtemps... en fait je pars dans quelques jours.  

Mes yeux se levèrent pour retrouver ceux de Kieran.  Sa figure mitigée ne me donnait aucun indice sur ce qui se tramait dans sa tête.  Néanmoins, la lueur que j'apercevais dans son regard ne trompait pas... cette annonce ne lui plaisait guère, j'en étais presque certaine.
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Kieran N. Blackburn
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Mer 26 Juin - 18:33

La vie était sérieusement compliquée quand on y songeait. J'avais rêvé tant de fois de pouvoir contrôler ma mémoire et me rendre amnésique afin de pouvoir oublier ce jour où tout avait basculé mais je n'avais pas pu le faire. A défaut de pouvoir effacer ma mémoire, le poids de l'innocence enfantine à l'époque de la catastrophe avait favorisé un certain refus de la vraie réalité. Aucune douleur logique n'avait pu me traverser à l'époque et mon corps avait préféré plonger dans l'euphorie plutôt que d'accepter ce que j'avais fait. Tout le monde croyait que j'étais devenu barge, que tout me passait par dessus la tête, mais c'était faux. Je refusais d'avoir mal. J'empêchais la douleur d'entrer pour éviter de la ressentir. La souffrance humaine est un poids de la vie que je ne parvenais pas à supporter et c'était pour cette raison que je le refusais et que je bannissais les souvenirs de ce que j'avais fait. Tant que je ne me rappelais de rien, tout allait bien. Tant que la douleur ne faisait pas partie de ma mémoire, je n'allais pas souffrir. Malheureusement, jamais je n'allais pouvoir guérir. A peine les souvenirs avaient-ils pu refaire surface que la douleur avait bien sûr suivi le même chemin. C'était inévitable. Devant Iseult, les souvenirs de ce que j'avais fait étaient ressortis, mais un changement avait pu être constaté. Cette fois, l'émotion était là, non pas cachée sous un voile de mensonge. Elle se montrait réellement sans aucune retenue. Les larmes ne sommeillaient pas dans mes yeux, préférant tomber et exprimer toute cette torture. J'avais vécu durant toutes ces années dans le mensonge de ce que je croyais être, en éclipsant ce que j'étais réellement, pensant que vivre de cette manière serait bien plus facile pour moi, que je pourrais mieux encaisser le choc. Grâce à Iseult j'avais compris quelque chose. Cacher la souffrance ne la guérissait pas. Bien au contraire, cela ne cessait de l'aggraver sans que je ne m'en rende vraiment compte. La preuve, cette douleur était encore là. Iseult faisait ressortir de mon cœur ce que j'étais réellement et non pas celui que je faisais semblant d'être pour me donner une façade de dur à cuir, que je n'étais qu'à moitié. Iseult était la lumière déposée sur la vérité, la révélation de ce que j'étais au fond de moi. C'était le Kieran humain que l'on retrouvait quand la façade volait en éclats.

Iseult avait ramené une certaine sincérité dont je n'avais jamais pu profiter dans mon existence. Toute ma vie n'était qu'une incarnation du mensonge et ce fait détruisait facilement le mental de quelqu'un. Cela avait détruit le mien, même si j'avais passé toute mon existence à croire le contraire et crier sur tous les toits que j'étais le roi du monde et que rien ne m'atteignait alors que j'avais passé ma vie à vivre avec le poids d'une douleur que je refusais et à même tenter d'accepter une chose qui m'avait détruit. C'était dur pour moi. J'avais vécu galère sur galère sans que personne ne se soucie de moi. Quelqu'un avait-il passé ne serait-ce qu'une seule seconde à me demander si j'allais bien ou même à vouloir me consoler ? Non...personne. J'avais vécu par moi-même, avec pour seule compagnie ma carcasse. La force n'était qu'une façade. Ce qu'Iseult voyait devant elle était le vrai Kieran, celui qui ne se cachait pas. Le manipulateur avait laissé place à celui qui ne se cachait pas et qui ne mentait pas. Elle était la première personne à me voir tel que j'étais, à avoir le privilège de me voir sans voile. C'était le privilège de celle qui avait touché mon cœur. Elle m'avait touché d'une certaine façon et ne me laissait pas indifférent. Iseult n'était pas un morceau de viande mais au contraire quelqu'un, quelqu'un de vraiment exceptionnel pour qui je ressentais des émotions que je ne pouvais pas nommer. Dans ma tête, jamais je n'avais eu l'occasion de dévoiler ce genre de sentiment à une fille. J'étais débutant dans ce domaine. Tout le monde y arrivait, tout le monde, mais pas moi. Jamais mon cœur n'avait pu battre aussi vite. Jamais il n'avait pu chanter cette si belle mélodie. Jamais je ne m'étais clairement senti aussi proche de quelqu'un avant Iseult, qui avait su me bouleverser entièrement. Je ne la connaissais qu'à peine, mais j'étais déjà attiré par elle. Tout allait si vite que cela devenait une évidence. J'étais tombé sur une personne importante pour moi, une personne que j'avais envie de traiter comme elle le méritait. Le problème était que je me sentais incapable de dévoiler ce que je ressentais. J'ignorais le nom de ce sentiment que tout le monde dévoilait un jour ou l'autre. Je savais juste qu'une chose extrêmement magnifique se produisait, mais je n'avais jamais pu le ressentir. Ce mot manquait à mon vocabulaire, ce qui me rendait incapable de le répéter à Iseult, qui pourtant méritait de l'entendre. Malheureusement, tant que je ne trouvais pas ce mot manquant, il allait m'être impossible de dire à Iseult autrement que par les gestes ce que je ressentais réellement pour elle.

Me sentir aussi impuissant me faisait mal mais ça par contre je ne le montrais pas. Déjà, le fait d'avoir laissé transparaître les émotions liées à la catastrophe de mon enfance était déjà énorme. Je n'avais pas envie de fournir à Iseult l'impression d'un soupçon, que quelque chose se passait et que cela me faisait sérieusement souffrir, sans que je ne puisse dire à proprement parler de quoi il s'agissait. J'aimerais pouvoir dévoiler à Iseult mes sentiments, mais c'était comme si quelque chose me bloquait. Je ne pouvais que maudire mon impuissance sans réellement la combattre, chose qui demeurait extrêmement compliquée. Pour l'heure, je ne pouvais que rester avec Iseult en espérant que le temps m'offre l'occasion de clairement pouvoir ce mot que j'avais sur le bout de la langue. C'était la seule chose que je pouvais faire : prier. Franchement dans ma vie je n'avais jamais réellement eu le goût de le faire. Iseult était la première personne pour laquelle j'allais le faire. J'allais prier pour tenter d'être moins misérable à l'avenir et enfin lui dire clairement ce que mes gestes et mes paroles signifiaient pour moi. Je voulais lui dire pourquoi mon cœur chantait et pourquoi mes mots demeuraient aussi poétiques quand je pensais à elle. Je voulais tout lui dire, mais ce mot m'en empêchait. Fichu vocabulaire, espèce de traître ! Pourquoi avait-il fallu que tu te décides à me déserter au moment où j'avais bien évidemment besoin de toi ? Sans doute pour me prouver que la vie n'était pas si facile, même si je ne l'avais jamais vue de cette façon.

Je m'étais essuyé les yeux de telle sorte à ne plus pleurer, mais il n'était pas compliqué de voir à quel point tout ceci me faisait encore mal. Il y avait toujours cette étincelle, au fond de moi, cette étincelle prouvant que je souffrais énormément, même si je ne l'admettais pas clairement. J'étais littéralement accablé par la tristesse que je ressentais en train de traverser mes yeux mais ma bouche n'acceptait pas cette douleur en la dévoilant dans ses paroles. C'était compliqué...mais c'était bien la preuve que cette catastrophe avait brisé quelque chose en moi, une chose dont je refusais de prendre conscience de peur de vivre une douleur qui pourrait très bien me détruire définitivement sans que je ne puisse faire quoi que ce soit pour échapper à tout ça. C'était ça ma plus grande faiblesse, c'était ma peur...une peur qui refaisait surface maintenant que la douleur me traversait réellement sans aucun voile. Il fallait à tout prix que je me calme, que je parvienne à oublier de nouveau cela si je voulais éviter de craquer sous la pression de la tristesse. C'était la seule façon pour moi de m'en sortir. Ma tête ne mit pas longtemps pour comprendre ce dont j'avais besoin. Pour éviter de pleurer de nouveau, je devais me concentrer sur Iseult. Elle était la seule réussite de ma vie, la seule personne qui me touchait sans aucun mensonge. Je devais rester avec elle...c'était la seule issue qui me restait et surtout la meilleure façon de réparer mon cœur brisé en mille morceaux.

C'était pour rester avec elle que je lui avais fait cette proposition de prolonger notre discussion dans un endroit plus chaud. La fraicheur de la nuit n'était pas franchement agréable. Elle ne m'affectait pas réellement car j'avais l'habitude de trainer la nuit, mais je me doutais bien qu'Iseult devait avoir froid à cause des habits légers qu'elle portait. La chaleur pourrait nous mettre à l'aise et peut-être qui sait me permettre d'enfin trouver ce fichu mot qui ne sortait jamais de ma bouche. Il fallait que je reste avec elle. C'était absolument nécessaire pour moi, peu importe où nous allions nous rendre. Je marchais à ses côtés, en priant pour cette soirée dure pour toute la vie. J'avais trouvé quelqu'un avec qui je me sentais bien. Je n'avais pas envie de perdre Iseult. Elle me permettait d'avoir accès à des émotions que je n'avais pu ressentir jusqu'à présent. C'était quelque chose de magique qu'elle seule avait pu m'offrir. C'était bien la preuve de son importance pour moi. Iseult était importante...même essentielle sans abuser de mes mots. Pendant notre marche, j'avais envie plusieurs fois de la toucher, de la caresser comme je n'avais jamais pu caresser qui que ce soit, mais je me retenais. La catastrophe occupait mes pensées et je n'avais pas encore suffisamment de force pour l'oublier. Seul un tête à tête avec Iseult dans un autre endroit pourrait m'aider. Je n'avais aucunement besoin de l'endroit le plus chic du monde, mais simplement un endroit où je pourrais être à ses côtés d'une plus belle façon que celle-ci, et surtout sans séisme dans mon crâne. Je ne voulais pas me séparer d'elle. Je ne voulais réellement pas la perdre. Mon cœur battait la chamade en sa présence. C'était incontrôlable mais surtout magnifique. Je vivais pour clairement pour elle. Je n'existais rien que pour Iseult.

Nous nous rendions finalement dans un endroit qui était l'image de ce que j'espérais, un endroit où je pourrais rester en tête à tête avec elle. Pour l'instant elle ne reparlait pas et je pouvais dire que ce geste m'inquiétait. Avais-je fait quelque chose de mal ? Ne m'avait-elle pas dit quelque chose qu'elle aurait du déjà me dire ? Je m'imaginais tout dans ma tête, mais certainement pas ce que j'allais entendre. Iseult me dévoilait en effet qu'elle ne venait pas d'ici. Là je fus surpris, mais je commençais également à avoir peur. Peut-être avais-je rencontré une personne que je risquais de ne plus revoir. Cela ne me plaisait pas.

Pour une rare fois dans ma vie je nourrissais des sentiments pour quelqu'un, des sentiments sincères et que je n'avais pas envie de perdre. Malheureusement, la belle n'allait pas rester. Comment être ravi après avoir entendu cela ? C'était impossible. Sur mon visage on pouvait lire l'expression d'un être choqué et triste à la fois. Je pensais être uni avec elle...pouvoir la revoir quand je le pensais, mais cela n'allait pas être le cas.


-Tu pars...oh non... dis-je en baissant le regard vers sa tasse de chocolat chaud.

Cette annonce m'avait fracassé. J'étais sous le choc. Je ne pleurais pas mais c'était limite. Ma voix était déjà celle d'un pleurnicheur. Je risquais de craquer d'un instant à l'autre.


- Mais...je ne veux pas te perdre moi...pas après ce qu'on a vécu...non...

Et là, je fus honnête.

- Tu es la première...qui me touche autant...Iseult...la toute première à me voir sans masque...tu me donnes une vie que je n'ai pas eue...jamais. Je tiens à toi, même si on ne se connait que depuis peu de temps. Je me suis attaché à toi...au point de ne pas vouloir te perdre...

Après ces mots, les larmes tombèrent. Et là, je n'eus pas la force de m'excuser pour ma tristesse. Il n'y avait plus de faux semblant, mais simplement des sentiments réels, quelque chose qui m'amenait à ne pas vouloir quitter Iseult. Je tenais énormément à elle.

- Ne me quitte pas...je t'en supplie. Ne me quitte pas Iseult…

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Jeu 4 Juil - 13:08

Je devais m’avouer que la réaction de Kieran suite à l’annonce de mon départ m’avait sérieusement jetée par terre.  J’étais sans voix.  La seule chose que je parvenais à faire était de le dévisager d’une mine horriblement triste.  La douleur et la peine qui se dégageaient de lui étaient loin de me laisser indifférente.  Sa voix s’était brisée, son regard s’était voilé, ses paroles s'étaient empreintes d’une profonde détresse qu’il m’était impossible d’ignorer.  Cet énorme désespoir qui l'habitait, je l'avais déjà vécu et je le vivais encore aujourd'hui.  Je me retrouvais en Kieran, je me reconnaissais en chacun de ses mots.  Qui plus est, j'avais été victime de rejet, j'avais, à cause de mon don, traversé nombre d'événements éprouvants dans ma vie qui avaient contribué à m'éloigner des gens, à m'enfermer dans ma coquille, à fuir la civilisation, les contacts humains et la société en générale.  À entendre Kieran parler, son existence ressemblait un peu à la mienne.  Je ne savais pas jusqu'à quel point il avait réussi à s'épanouir dans la sienne, je savais juste qu'il avait, contrairement à moi, réussi à vivre avec ses deux pouvoirs et à les dompter.  Pas moi.  Enfin, tranquillement j'y parvenais.  Ma rencontre récente avec Jin alors que je trottais évasivement dans les rues de New York avait changé certaines choses.  Je ne regrettais pas d'avoir accepté son offre.  Maintenant je pouvais quelque peu maîtriser mon don.  Quelque peu.  Pas totalement.  J'en avais bien fait la preuve avec Kieran sur le pont en faisant bouger ma chaîne.

À l'image de mon interlocuteur je fixais ma tasse, on ne peut plus songeuse.  Son contenu ne me faisait soudainement plus envie.  Apprendre que Kieran ne souhaitait pas me perdre avait fendu mon cœur en deux.  Moi non plus je ne voulais pas le perdre.  Ce que j'avais vécu avec lui cette nuit était extraordinaire.  J'avais enfin eu l'impression d'être comprise et appréciée.  J'avais eu le sentiment de ne pas être inutile... ni dangereuse.  Il était ma première relation, mon premier ami, la toute première personne en dehors de mon père avec qui j'avais réellement envie d'approfondir un lien.  On se rejoignait sur plusieurs points.  J'avais été incroyablement chanceuse de tomber sur lui au parc.  J'avais surtout pris une excellente décision en choisissant de rester auprès de lui.  Ma fuite m'aurait empêchée d'apprendre à le connaître et à cause de cela j'aurais passé à côté de l'occasion en or d'enfin pouvoir m'épanouir.  De sourire.  D'être heureuse... et peut-être même d'aimer et d'être aimée.

Quand des larmes roulèrent sur les joues de Kieran, mon ventre se tordit et mes yeux s'embuèrent.  Comment pouvait-on demeurer de marbre face à pareille détresse?  Moi en tout cas, je ne le pouvais pas.  C'est pourquoi, spontanément, ma main attrapa délicatement la sienne pour la tenir tout doucement, y distribuant par la même occasion toute la chaleur accumulée de par son contact à ma tasse brûlante.  

- Hey... ne pleure pas...

Je me mis à caresser légèrement sa main, le regard triste, mes yeux encore et toujours dans le flou.

- Je n'habite pas New York mais cela ne nous n'empêche pas de nous revoir...

C'était dur de voir Kieran dans cet état.  Il avait mal autant que moi.  J'avais envie de contourner la table pour prendre place à ses côtés, pour passer mon bras autour de ses épaules et me coller sur lui mais je n'osais pas le faire.  J'ignorais ce qui était acceptable ou non.  On ne se connaissait que depuis quelques heures, je ne savais pas du tout comment réagir avec lui.  Je souhaitais juste qu'il cesse de pleurer.

- Kieran...

Mes doigts se refermèrent sur les siens tandis que je me penchais légèrement par-dessus la table pour laisser ma main libre essuyer délicatement ses pleurs.  Un geste immensément doux qui provoqua une forte accélération des battements de mon cœur et empourpra légèrement mes joues, m'obligeant à reprendre ma place presque aussitôt, sans relâcher mon emprise sur Kieran, cependant.  Je m'étonnais grandement d'agir ainsi alors que j'avais fui tout contact pendant tant d'années.  Je m'apercevais que depuis toujours, bien au fond de moi j'avais toujours eu cette envie dévorante, ce désir brûlant de fonder une relation durable avec un homme, de faire ma vie comme tout le monde.  J'avais la capacité d'aimer, j'en avais le profond désir également et je réalisais que j'en étais même capable alors que j'avais toujours pensé le contraire.  Il y avait un pas énorme entre souhaiter quelque chose et réaliser que ce souhait était possible alors qu'on n'y avait jamais cru.  Ce pas je venais tout juste de le franchir et maintenant que j'avais traversé de l'autre côté je ne voulais plus revenir en arrière.  Pas après ce que je venais de vivre avec Kieran.  Retourner à mon ancienne vie m'étais désormais impossible.  Si je le faisais, j'allais mourir d'ennui.  J'allais mourir de tristesse et de solitude.  Cette perspective me terrifiait, m'étouffait mais pire encore, autant je craignais tout ceci, autant la possibilité d'enfin vivre ma vie comme je l'avais toujours souhaité m'effrayait.  Cette nouveauté dorénavant accessible, cette sensation de liberté m'étourdissait et me perdait.  J'étais tiraillée de tout bords tout côtés, je ne savais plus sur quel pied danser.

De toutes les peurs qui me hantaient, ce fut celle concernant une éventuelle possibilité de liberté de vie qui prit le dessus, amenant des mots que je n'aurais jamais pensé prononcer à s'échapper d'entre mes lèvres.  Une confidence sincère qui fit vibrer ma voix et raffermir ma poigne sur la main de Kieran.

- Je suis terrifiée Kieran...  Tout ceci est très nouveau pour moi...  Ça... ce contact physique, ces émotions, ces sentiments... ça m’étourdit.  Je suis dépassée... je ne sais pas quoi dire ni quoi faire... je suis perdue!

C'était en quelque sorte un cri du cœur, un appel à l'aide.  J'avais besoin d'être guidée.  J'étais novice dans à peu près tout ce qui avait trait aux relations humaines.  Je n'avais jamais eu d'amis.  Ma vie entière n'avait été consacrée qu'à mon père, jusqu'à son décès.  Je m'étonnais encore d'avoir survécu jusqu'à aujourd'hui avec cette attitude et ce comportement renfermé que j'avais toujours affiché depuis son départ.  En songeant à tout ceci, j'observais Kieran de ma mine encore et toujours triste.  Je ne voulais pas pleurer, je ne voulais pas me laisser aller et risquer de perdre le contrôle.  J'étais dans un lieu public et bien que le commerce n'était pas bondé vu l'heure, je me refusais tout écart de conduite susceptible de mettre en danger quiconque se trouvant à proximité, Kieran le premier.  Je devais à tout prix me contenir.  C'est pourquoi mes yeux se fermèrent doucement tandis que je me concentrais à calmer les battements effrénés de mon cœur, ma main pressant à certains moments celle de Kieran, s'y accrochant, en quelque sorte, pendant que, tranquillement, je retrouvais une respiration plus normale.

- Je n'ai pas envie de te perdre... mais ma vie n'est pas ici...  Cette ville... je la déteste!  Si j'y suis c'est uniquement parce que j'ai voulu trouver de l'aide pour parvenir à maîtriser ma télékinésie.  Je pars dans trois jours... Je retourne dans mes montagnes...

Ma vue se brouilla à nouveau et je dus me mordre l'intérieur de la joue pour ne pas flancher.

- Tu viendras me voir...?

J'avais l'impression que Kieran était encore sous le choc et ça me terrifiait.  Je ne voulais pas le perdre!

- Je t'en prie... dis que tu vas venir...

Ma main pressa la sienne pour une énième fois, dans l'attente d'une réponse positive.
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Kieran N. Blackburn
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Ven 5 Juil - 18:11

Avant de rencontrer Iseult, ma vie avait clairement été fade, sans lumière. J'avais passé mon temps à me cacher derrière une façade de dur parce que je ne parvenais pas à jouir des plaisirs normalement logiques. Ma triste histoire m'avait dérobé toute logique, toute humanité, et c'était à cause de ces horreurs que j'étais devenu le Kieran qui ne se souciait de rien, celui qui profitait de ses dons pour user de l'aspect malhonnête d'une vie, celui qui se fichait de tout. Malheureusement cette vie n'était pas saine. Elle me permettait d'effacer les souvenirs de la catastrophe qui m'avait définitivement détruit, mais cela ne me guérissait pas. Je ne faisais que de l'omission depuis tout ce temps et cela ne m'aidait en rien. Les souvenirs demeuraient toujours quelque part, en moi, n'attendant que le bon moment pour sortir et me tourmenter de nouveau, que je les ressente clairement ou non. Rencontrer Iseult m'avait aidé à prendre conscience que j'avais vécu toute mon existence dans l'erreur, en prenant le chemin le plus facile de peur d'affronter l'autre. Elle m'avait rendu cette humanité que je croyais avoir perdu pour toujours. Mes émotions demeuraient clairement présentes, en moi, pour la première fois depuis longtemps. Même mes larmes, que je croyais inexistantes, avaient pu s'effondrer de mes yeux au moment de faire face aux souvenirs de ce que j'avais fait, de ces vies que j'avais pu ôter en étant enfant. J'étais redevenu humain grâce à elle. Mon cœur chantait le plaisir de vivre normalement comme s'il n'avait jamais ressenti cela auparavant. Peu de temps avait été suffisant pour me permettre de me rapprocher de Iseult et de souhaiter rester avec elle à tout prix. Il m'était clairement impossible de concevoir ma vie sans elle à présent. Iseult devait rester dans ma vie. La perdre serait clairement impossible à supporter pour moi. Je m'étais beaucoup trop rapproché d'elle pour la laisser partir sans broncher. Iseult était désormais essentielle dans ma vie et je ne pouvais pas nier ce fait. Je tenais à elle. Je tenais à sa présence, à cette chaleur d'esprit que je ressentais. Vraiment, tout en elle me plaisait. Elle était devenue bien plus importante que toutes les rencontres que j'avais pu faire dans toute mon existence en se revêtant de cette importance que je n'offrais à personne d'autre qu'elle-même. Je rêvais juste d'une chose maintenant, à savoir lui dire clairement ce que je ressentais, car je savais pertinemment que ce qui me liait à elle n'était pas qu'une simple amitié. Un cœur ne chantait pas autant pour une simple amie. Il chantait pour quelque chose de bien plus fort, mais le mot m'échappait encore, même si je le maudissais pour cela.

Je pensais avoir tout mon temps pour trouver ce mot et ensuite aller chercher Iseult pour le lui dire car je croyais au départ qu'Iseult habitait dans le coin. A mon sens, elle était là parce qu'elle y vivait mais ce n'était pas le cas. L'annonce de son départ m'avait littéralement choqué. C'était comme si le fait de savoir qu'elle partait m'avait poignardé en plein cœur. Ce dernier n'avait plus la force de chanter. Il était fissuré au point de me faire mal désormais. Chaque battement de cœur me torturait. C'était horrible de croire en réalité que le bonheur entrait dans notre vie pour y rester alors qu'on pouvait le perdre ainsi, en un claquement de doigts. Cette torture provoquait mes larmes ainsi qu'une intense crise de désespoir. Je ne voulais pas perdre Iseult et la voir s'en aller. Même si je devais la supplier à genoux ou me trainer sur un sol dégueulasse pour l'implorer de rester avec moi, je serais capable de le faire...mais l'annonce m'avait anéanti, c'était évident. Iseult allait partir et retourner chez elle. C'était un fait que je ne pouvais pas empêcher, même en utilisant tous les mots du monde pour la supplier. Le seul mot qui pourrait éventuellement tout changer serait le mot qui ne parvenait pas à sortir de ma bouche, mais ce dernier était toujours aux abonnés absents. Je ne sortais que des phrases incomplètes quand je souhaitais dire à Iseult ce que je ressentais pour elle, parce que je n'avais jamais pu dévoiler mon sentiment à personne d'autre qu'elle. Je savais que ce sentiment existait pour avoir vu plusieurs personnes s'épanouir en la compagnie d'autres, mais jamais je n'avais pu le ressentir et c'était pour cette raison que je n'avais pas pu l'apprendre pour mon vocabulaire personnel. Malheureusement, ce fait me pétrifiait devant le fait accompli. J'avais trouvé la personne importante de ma vie et je ne pouvais même pas lui dire par ce mot universel que tout le monde prononçait. Ce mot ne me venait pas, alors que j'étais pourtant sûr de ce que je ressentais. C'était terrible...et maintenant j'allais la perdre. Elle allait partir très bientôt et je ne pouvais rien faire pour empêcher cela. Cette intense cruauté de l'existence m'attristait. La vie m'avait offert ce bonheur auprès d'elle durant cette soirée inoubliable, mais cela n'allait malheureusement pas durer. Comment m'empêcher de pleurer face à cet état de fait ? Impossible. Il était clairement impossible pour moi de m'arrêter. C'était comme si le fait de perdre Iseult était en train de me tuer juste devant ses yeux. La douleur était beaucoup trop forte au point que je ne pouvais pas la réprimer. J'étais redevenu humain et il était impossible de faire marche arrière.

Alors que la tristesse était en train de me dévorer, je ressentis tout d'un coup la main d'Iseult en train de toucher la mienne et l'envahir de cette chaleur absorbée grâce à la tasse brûlante qu'elle avait tenue jusque là. Ces caresses étaient légères, mais c'était cette légèreté qui m'avait justement rapproché d'elle. Cette bulle dans laquelle Iseult m'enfermait était un bienfait que personne ne m'avait offert jusqu'à présent, quelque chose que j'avais envie de voir perdurer tout comme cette humanité que je ressentais davantage depuis que je la connaissais. Malheureusement, c'était peut-être trop beau pour être vrai. Toute bonne chose avait une fin et peut-être allais-je devoir appliquer ceci à ma relation avec Iseult, alors que je n'en avais aucune envie. Mes rêves se brisaient. Je voulais rester avec elle, vivre avec elle. Je m'imaginais toute belle chose avec elle. Je me faisais clairement des films mais je n'avais pas envie de les voir conserver leur statut de films car je souhaitais faire d'eux une réalité amoureuse envoutante. Cette relation avec Iseult, je voulais qu'elle dépasse la soirée pour clairement la voir perdurer dans le temps. Le destin était cruel en nous imposant une séparation de la sorte. Cela me faisait si mal. Jamais je n'avais eu aussi mal par le passé. Iseult était la première personne dont la perte m'anéantissait. Pour la première fois de ma vie, j'étais sincèrement triste et personne ne pouvait m'empêcher de pleurer. Cette cassure était trop intense pour que mes larmes parviennent à cesser leur action dans la seconde. C'était trop dur pour moi d'arrêter de pleurer…


- Non...je ne peux pas...je ne peux pas ne pas pleurer...c'est juste impossible là…

C'était la pure vérité. Mes larmes étaient bien plus fortes que moi je ne l'étais. Je ne pouvais pas les combattre. C'était une torture que je n'avais jamais pu vivre jusque là. Je rêvais d'une belle relation avec Iseult...et l'idée de la voir partir me faisait souffrir. J'aurais tant voulu qu'on puisse simplement être ensemble...pour toute la vie...sans complication...sans séparation..sans rien. Je voulais juste être avec elle moi. Pourquoi la vie devait-elle être si compliquée mon Dieu...? Je n'en pouvais plus…

- Je tiens à toi...Iseult. En une soirée tu as su changer ma vie et me rendre cette chose que je croyais définitivement avoir perdue avec le temps. Tu m'as rendu mon humanité Iseult...tu m'as rendu mon humanité. Je revis grâce à toi...je revis sincèrement grâce à toi. Iseult...tu es magnifique...la rencontre la plus importante de ma vie...tu...tu es importante pour moi.

Ma voix était brisée. Les larmes qui tombaient de mes yeux attaquaient sévèrement mes cordes vocales pour les rendre sérieusement fragiles. J'avais énormément de mal à parler pour exprimer ce que je ressentais. Je ne cessais de songer à cette perte que j'allais bientôt subir en voyant Iseult s'en aller et ce fait me faisait terriblement souffrir. Je ne voulais pas perdre la plus belle rencontre de toute mon existence. Je voulais qu'elle reste...auprès de moi. Cette main si douce qui me touchait, je ne voulais pas l'abandonner. L'autre main qui caressait ma joue, je voulais la sentir pour le restant de ma vie. Je voulais Iseult...je la voulais sincèrement pour pouvoir être auprès d'elle pour le restant de mes jours et ainsi vivre la plus belle relation de toute une vie. Tous ces films dans ma tête, je voulais vraiment les rendre réels. C'était important pour moi. Cette douceur qui régnait entre nous devait à tout prix durer, peu importe la distance et peu importe les obstacles, mais cette peur m'envahissait d'une façon extrêmement incontrôlable. C'était horrible, mais je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir peur de perdre Iseult. J'avais peur de me retrouver séparée d'elle alors que le fait de la rencontrer était sans doute le plus beau cadeau de toute une vie. Je craquais littéralement. J'avais beau tout tenter et me dire que j'allais forcément la revoir et que l'éloignement n'était peut-être pas définitif, je n'arrivais pas à me calmer. A peine retrouvée, cette humanité provoquait un flot émotionnel que je n'avais jamais pu vivre jusqu'à présent. J'étais littéralement anéanti par ma tristesse, mais je ne pouvais pas l'empêcher d'agir. J'étais attaché à Iseult au point de ne plus m'en défaire. C'était plus fort que moi. Tout mon être souhaitait être à tout prix avec elle et ne jamais s'en séparer. Je voulais les plus belles choses de la Terre, pour elle...c'était juste intense ce que je vivais avec elle.

- Tout ce que je vis avec toi...je...je ne l'ai jamais vécu avec qui que ce soit. Tu es unique Iseult, parfaitement unique et tellement...magnifique. Je...je me suis attaché à toi, en très peu de temps, et jamais je ne regretterais cette soirée, jamais de la vie. Tu m'as offert des choses que personne n'a pu m'offrir jusque là...tu...tu es parfaite à mes yeux Iseult. Le fait de savoir que tu vas partir me déchire profondément. Je ne veux pas te perdre, vraiment...tu es essentielle pour moi. C'est tout nouveau...si beau...mais aussi tellement dur. En si peu de temps Iseult, je me suis attaché à toi au point de ne pas réussir à supporter ton départ. Je n'y arrive tout simplement pas...c'est trop dur...pour moi.

Le choc était puissant et ma voix ne cessait de le répéter sans arrêt. Tous mes mots montraient à quel point j'étais mal en cet instant précis. J'avais peur de perdre Iseult, que cet éloignement soit le symbole de la fin de ce qu'on était en train de construire tous les deux. Même si un éloignement ne caractérisait pas forcément une séparation définitive, je ne pouvais pas m'empêcher d'avoir peur de ne jamais la revoir et de redevenir l'instrument de cette vie fade où la façade n'était qu'une facilité dérobée pour mieux vivre avec une douleur incapable de s'éteindre. J'avais peur, en la voyant partir, de perdre tout ce qu'elle m'avait offert. Iseult était un cadeau du ciel...que j'avais peur de perdre. Mon cœur battait clairement pour elle. Elle était si importante que je ne m'imaginais pas en train de vivre sans l'avoir auprès de moi. J'allais me battre, me battre pour cette vision des choses et ainsi tout faire pour vivre à ses côtés. Cette peur me noyait toujours mais cela n'allait pas m'empêcher de me battre surtout après cette question qu'Iseult venait de me poser. Nous étions extrêmement éloignés, géographiquement parlant, mais rien ne m'empêchait d'aller la voir. Il fallait que je tente le coup. L'éloignement n'était qu'une épreuve pour mon cœur, et je devais le combattre. Au fond, le fait de me battre pour pouvoir être à ses côtés était peut-être le seul moyen de conserver ce beau cadeau qu'Iseult m'avait fait. Je n'avais rien à perdre mais au contraire tout à y gagner. J'étais encore sous le choc, mais j'allais me battre. Tout était clair pour moi à présent. La douleur m'empêchait de supporter son départ, mais j'allais tout faire pour ne pas la laisser quitter ma vie définitivement, pas de cette façon.

- Il est hors de question que je te perde....je ne veux pas te perdre…

Je parvenais enfin à la regarder dans les yeux, même si mon regard demeurait encore fragilisé par mes larmes, pour pouvoir lui dire la phrase la plus importante de mon discours, même si mes cordes vocales souffraient encore à cause de mes larmes, ces si puissantes larmes qui tombaient encore en nombre.

- Peu importe les kilomètres, peu importe le temps, peu importe l'obstacle...ce n'est pas ça qui va me séparer de toi. Je viendrai te voir Iseult. Je viendrai... Je tiens tant à toi que je refuse de t'abandonner... je ne veux absolument pas te perdre Iseult...alors je viendrai te voir...je viendrai te voir Iseult.

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Sam 6 Juil - 13:54

Je n'avais pas lâché Kieran.  Sa main reposait toujours dans la mienne et il était hors de question que je la délaisse.  Je refusais de perdre ce contact physique alors je m'y accrochais de toutes mes forces, sans jamais quitter des yeux celui qui faisait étrangement battre mon cœur même si lui, ne me regardait pas.  Les larmes qui roulaient sur ses joues m'atteignaient à un point inimaginable.  Je retenais les miennes depuis un bon moment déjà mais je voyais bien que je n'allais pas tenir le coup encore très longtemps.  De toute façon, à qui bon me contenir?  Kieran lui, ne se gênait pas...

- Ce voyage à New York a complètement chamboulé ma vie.  Si je suis venue ici c'était pour trouver de l'aide parce que je n'en pouvais tout simplement plus de vivre seule, de vivre dans la peur constante de détruire tout ce qui se trouve autour de moi.  J'ai trouvé ce que je cherchais... et bien plus encore.  Je t'ai trouvé toi, Kieran, et je n'ai pas du tout envie de te perdre...  Tu dis que j'ai changé ta vie, je peux en dire autant de toi.  J'ai enfin rencontré une personne comme moi, une personne qui m'accepte telle que je suis, une personne qui m'apprécie et qui...

Et qui quoi, au juste?  Je n'avais pas osé prononcer "m'aime", parce que je n'étais pas certaine de pouvoir qualifier les sentiments que Kieran éprouvait pour moi comment étant de l'amour.  Je savais qu'il m'appréciait, qu'il aimait ma compagnie mais je ne pouvais pas confirmer qu'il s'agissait d'amour.  Le vrai, le grand... même si tout me portait de plus en plus à croire qu'il s'agissait bien de cela.

- Tout ceci est également nouveau pour moi.  Te toucher comme je suis à le faire en ce moment... jamais je n'ai fait ça auparavant.  Je n'ai jamais eu d'amis Kieran, ni de contacts avec qui que ce soit.  J'ai un boulot tranquille dans un bibliothèque...  Je ne parle à personne, je ne fréquente personne, pas même des collègues de travail.  J'ai une routine qui m'isole du reste du monde parce que je l'ai volontairement désiré.  C'était mon choix, jusqu'à dernièrement...  Je n'ai plus envie de passer toute ma vie seule, j'ai besoin d'aimer et d'être aimée...  Ça ne peut plus continuer.  Je ne veux plus passer mes soirées à regarder la télé, jardiner ou jouer du violon...  J'ai besoin de chaleur humaine...

En prononçant ces derniers mots j'avais, d'une main, retourné celle de Kieran paume en l'air et de l'autre, commencé à faire cheminer mes doigts sur son poignet et sur tout l'intérieur de sa main.  J'effleurais délicatement sa peau, je passais et repassais calmement mes doigts pour tracer à peu près n'importe quoi : des cercles, des lignes, des zigzags, tout ce qui me passait en tête, peu importait.  Ce que je désirais c'était simplement de le toucher, de le caresser et sans doute de le consoler un peu en lui montrant que j'étais là, avec lui, et que j'allais rester autant que je le pouvais.  

- Je n'ai pas envie de te perdre...  J'ai... J'ai besoin de toi Kieran.  J'aimerais que mes derniers jours ici soient passés en ta compagnie.  Je l'aimerais vraiment.  Je me sens bien avec toi.   J'ai le sentiment d'être en sécurité.   C'est comme si j'étais protégée.  En ta présence je parviens à me contrôler.  Je n'ai plus peur.  Je souris.  Je suis heureuse.  Je ne veux pas perdre ça.  Je ne le veux pas.  C'est trop beau, trop merveilleux.  C'est le rêve de toute une vie, c'est ce que j'ai souhaité avec ardeur depuis que je suis toute petite.  Je t'en supplie, cesse de dire que tu vas me perdre.  Ça ne va pas arriver.  Je vais partir, oui, mais pas sortir de ta vie...  Il y a une nuance, une importante nuance.

Lorsqu'il leva enfin les yeux pour me regarder mon cœur eu un raté puis bondit avec force dans ma poitrine.  Au même moment, ma main qui tenait celle de Kieran se serra avec force sur la sienne en appui à mes dires.  Si les larmes avaient finalement déserté mes yeux, mon regard lui, n'en demeurait pas moins brillant et très lumineux.  J'ignorais ce qui était en train de se passer, je savais juste que ma relation avec Kieran allait bien au-delà de la simple amitié.  C'était définitivement beaucoup plus que ça et ça me troublait énormément.  Ça me troublait au point de remettre en question bien des aspects de ma vie.  J'étais légèrement effrayé.  Cette nouveauté me perdait et ne plus avoir le contrôle sur mes émotions et mes sentiments devenait étourdissant.  Bizarrement, je ne détestait pas ça.  Je pouvais même qualifier ceci... d'agréablement surprenant.  Je n'avais tout simplement pas envie que ça s'arrête.


En attendant, les larmes de Kieran elles, n'avaient pas de cesse et chacune d'entre elles piétinait atrocement mon cœur, renforçant cette impression qu'entre lui et moi il se passait quelque chose de très spécial.  Un lien s'était bâti et je savais pertinemment qu'il était des plus solides. Je savais aussi que plus le temps passait, plus il allait se renforcer et que rien n'allait l'ébranler ou le briser, pas même ces fichus kilomètres qui allaient éventuellement nous séparer.  Pour l'heure je ne voulais pas y penser.  Je ne voulais pas consacrer mes énergies à faire grandir tout de suite un éventuel chagrin de séparation.  Il fallait profiter du moment présent autant qu'il était possible de le faire, et surtout, surtout, chasser ces larmes qui ne cessaient de glisser silencieusement sur les joues de Kieran.

- On se verra, on se verra...  promis.  Tu viendras dans mes montagnes et je retournerai à New-York.  On trouvera bien un moyen de...

Je me tus, avalant les mots que je m'apprêtais à dire.  Il était trop tôt pour trouver des arrangements ou des compromis.  Je me devais de rester terre à terre même si cela était extrêmement difficile.  Je me devais d'être raisonnable... ne pas sauter d'étapes, laisser les choses se dérouler normalement, ne rien provoquer. Depuis le début de notre rencontre, tout s'était passé en douceur, tout s'était fait naturellement, à condition d'omettre la partie où j'avais été retenue contre mon gré.  Le reste avait coulé avec fluidité, comme l'eau d'une rivière ou d'un ruisseau.  Rien n'avait été brusqué, rien n'avait été poussé ou forcé et c'était très bien ainsi.  Je souhaitais garder cette avenue, cette spontanéité que j'avais avec Kieran et que lui aussi avait avec moi.  C'était ce qui caractérisait notre relation et ça me convenait parfaitement.  Cela brisait un tantinet ce côté rationnel que j'avais toujours eu, cette ligne de conduite stricte et sévère que je m'étais toujours imposée mais maintenant que j'y avais goûté, je ne pouvais plus m'en passer.

- Hey... ça va bien aller tu vas voir.  Je t'en prie, ne pleure plus, ça me brise le cœur...

À mon grand étonnement je découvrais, au fil du temps passé en compagnie de Kieran, que j'avais une certaine aisance à le réconforter.  Pas que j'y parvenais efficacement; après tout la preuve se retrouvait immanquablement dans ses larmes qui continuaient encore et toujours de rouler sur ses joues!  Non, c'était plutôt l'envie de le faire qui prédominait même si, pour l'heure, ça ne donnait pas de grands résultats.  Au moins, contrairement à mes habitudes, je n'étais pas portée à fuir ou à ne rien faire.  Je n'étais pas figée comme une statue de plâtre.  Je réagissais, je m'exprimais, je compatissais... et je souffrais.  Je souffrais parce que la dernière chose que je voulais était bien de voir Kieran malheureux par ma faute.

C'est cette souffrance qui me poussa à me lever pour aller prendre place près de lui.  Il m'était devenu insupportable de le voir pleurer et de ne pas parvenir à le consoler.  J'étais quelque peu novice en la matière et sans doute très maladroite mais je m'en fichais éperdument.  Si, depuis le tout début, la spontanéité avait primé entre lui et moi alors je n'allais certainement pas la freiner.  J'allais, au contraire, me laisser guider par elle, j'allais la laisser me dicter mes gestes et mes paroles.  C'est pourquoi, timidement, mes mains se levèrent vers le visage de Kieran et s'y déposèrent délicatement afin d'essuyer ses pleurs dans une douceur des plus extrême.  Chaque mouvement de mes pouces balayait ses larmes, effaçait son chagrin avec patience et minutie.  J'avais planté mes yeux dans les siens.  J'étais suspendue à son regard humide qui me serrait la gorge et remuait douloureusement tout ce qui se trouvait à l'intérieur de mon ventre.

- Je n'ai pas envie de me séparer.  Je suis bien quand je suis avec toi.  Je n'ai jamais été aussi bien de toute ma vie... comment pourrais-je résister à ça?  Comment pourrais-je... te résister?  Tu es extraordinaire Kieran... Je me sens revivre quand je suis à tes côtés... j'ai envie de tout faire, il n'y a plus de limites, plus de barrières, plus d'obstacles.  Tout est beau, tout est  merveilleux.  Je flotte!

Je voulais qu'il retrouve son sourire.  J'avais réellement envie de le voir réapparaître et pour cela, il fallait sortir de cet endroit, bouger, faire des choses, peu importe lesquelles.

- Allez viens, fais-moi visiter New-York.  Tu viens d'ici non?  Montre moi des trucs inusités, montre-moi tout ce que tu veux.  Fais-moi tomber sous le charme de la ville.

Je bondis de ma chaise, entraînant Kieran à ma suite, reculant sans rien voir de ce qui se trouvait derrière moi.  Mes yeux brillaient de bonheur et je voulais à tout  prix que ceux de Kieran en brillent également.  Je tenais absolument à profiter de mes dernières heures avec lui, je voulais savourer cette nuit en sa compagnie comme si c'était la dernière de mon existence, comme si je n'allais plus jamais le revoir par la suite.  Je la voulais mémorable.  Je voulais qu'elle soit la plus splendide nuit de toute ma vie.

- Donne-moi envie de revenir, Kieran...
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Kieran N. Blackburn
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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Dim 7 Juil - 0:10

Par définition universelle, l'être humain possédait la capacité de penser et ressentir chaque geste qu'il accomplissait dans ce monde. L'ancien Kieran se fichait éperdument de tout cela et vivait son existence sans se soucier de quoi que ce soit. Aucune gentillesse n'habitait son cœur. Tout ce que contenait ce dernier n'était que de la haine et de la satisfaction à profiter de la vie comme il le faisait. Ce n'était qu'un parfait manipulateur. Aucune délicatesse ne le faisait vivre. Il traitait tout le monde comme de la merde en jetant n'importe qui au bord de la route une fois que la personne devait complètement inutile à ses yeux. En résumé, l'ancien Kieran n'était qu'un monstre sans cervelle qui s'épanouissait justement parce qu'il vivait sa vie en gâchant celle des autres pour en tirer du profit, un si grand profit. Cet être de profonde méchanceté était celui que j'étais devenu après avoir subi la folie dangereuse liée à ce que j'avais fait, à toutes ces vies que j'avais ôtées durant mon enfance. Cette catastrophe avait détruit mon existence et m'affectait encore aujourd'hui. La preuve, je vivais cette existence en fuyant cette sanglante erreur de mon passé parce qu'elle me faisait terriblement souffrir, malgré le fait que je refusais de l'admettre. Je faisais subir aux autres ce que j'avais subi par moi-même parce que je refusais justement d'avoir mal. C'était une manière d'agir assez terrible, mais c'était ainsi. Je n'étais qu'une ordure torturant autrui par refus des larmes. Cette façade que j'avais forgée avec le temps s'évaporait depuis ma rencontre avec Iseult. A elle seule, elle était parvenue à faire naître un nouveau Kieran en me rendant cette humanité que j'avais perdue avec le temps. Je me sentais envahi par des émotions sincères dont je ne faisais pas abstraction. Mes larmes tombaient sans que je ne les retienne. Mon cœur chantait pour exprimer autre chose que l'excitation provoquée par le plaisir de faire les pires saloperies de l'existence. Il chantait pour exprimer l'attachement si profond qu'Iseult m'inspirait. Je m'étais lié à Iseult au point de ne plus vouloir la quitter. Sa présence était devenue littéralement essentielle à ma vie et l'idée de la voir me quitter m'effrayait, justement parce que j'avais réellement peur de redevenir celui que j'avais été par le passé. Je ne voulais plus être ce grossier personnage, plus jamais. Je voulais rester ce Kieran profond qu'Iseult avait su révéler au grand jour et j'avais peur de ne pas m'en sentir capable sans l'avoir auprès de moi. C'était pour cette seule raison que je pleurais autant. Même si l'éloignement ne signifiait pas forcément une perte définitive de la belle, j'avais peur de me perdre moi-même en ne pouvant pas rester avec elle pour toujours et à jamais.

J'étais chacun des mots qu'Iseult prononçait et je me retrouvais dans chaque parole que sa douce voix me déclarait. Tous ses mots étaient d'une profonde sincérité que je ne pouvais pas ignorer. Iseult déclarait en effet toute la vérité et rien que la vérité. Au fond, la belle avait su dévoiler ces mots que je n'osais pas dire à qui que ce soit. Ce qu'elle disait vivre grâce à moi était mutuellement vécu car Iseult avait su bouleverser ma vie de la même façon. On s'unissait même dans la vérité qu'Iseult m'offrait et ce fait me touchait. Je ne pouvais pas ignorer ce rapprochement...pas du tout. C'était tellement beau et tellement important que je ne devais surtout pas l'ignorer. Mon regard était toujours endolori par les larmes qui en coulaient, mais j'avais tout de même la force de parler. Je ne pouvais pas rester de glace face à ce qu'Iseult avait su me dire. Cette vérité, je devais l'appuyer pour en faire une évidence. Cette seule rencontre avait su à elle seule bouleverser non pas une mais deux existences radicalement opposés qui dans d'autres circonstances auraient très bien pu ne jamais se rencontrer. Je devais appuyer ce fait, à tout prix.


- Ces mots que tu prononces me crient une vérité que je ressens au plus profond de moi. Je me reconnais dans chacune de tes paroles, car tu décris exactement ce que je ressens. Cette rencontre avec toi Iseult a bouleversé mon existence dans le plus merveilleux des sens. Tu as illuminé ma soirée en m'offrant des instants mais aussi des sentiments que je n'oublierais jamais. Vraiment Iseult, tu es ma perle rare, le rayon de soleil que j'attendais sans pour autant le trouver. Tu as changé ma vie. Tu m'as offert le plus beau cadeau que quelqu'un puisse me faire. Je suis vraiment attaché à toi. Je...

Encore une fois une phrase incomplète vint briser mon discours parce que je ne parvenais pas à trouver le parfait mot pour l'achever. Ce fut à cet instant qu'un détail auquel je n'avais pas prêté attention me percuta. Tout comme moi et mes constantes impossibilités de dévoiler ce que je ressentais, Iseult avait vécu ce même trou, dans ses phrases. Ce mot qui lui manquait, était-ce le même que le mien ? Etions-nous deux ignorants de ce sentiment qui nous unissait l'un à l'autre ? Je ne savais pas vraiment quoi penser de tout cela, mais une chose était sûre : hors de question de la laisser s'en aller celle-là, pas avant d'avoir dévoiler toutes mes cartes.

- Iseult...je...chacun de tes mots...quand tu me parles de qui tu étais avant de me rencontrer, je pourrais très bien les utiliser pour me décrire personnellement. J'ai toujours pris la fuite face à l'existence humaine en vivant dans une solitude écrasante. Les autres ne m'ont jamais clairement intéressant, sauf quand je pouvais me servir d'eux pour rendre mon existence plus facile. Je n'existe que pour moi...pour vivre ma propre vie et je ne me voyais pas...en tout cas pas jusqu'à aujourd'hui, la vivre avec quelqu'un. Depuis tout ce temps, j'ai toujours vécu seul ou bien enfermé dans des accompagnements bercés par une malhonnêteté extrêmement désagréable pour la simple et bonne raison que je ne parvenais pas à vivre autrement sans souffrir. J'avais clairement peur de la souffrance...peur d'avoir mal...peur de me briser les ailes en croyant m'en sortir. Je croyais que la solitude était la solution, que fuir les souvenirs allaient finalement m'en guérir, mais j'avais tort. J'avais sérieusement tort sur toute la ligne. Tu m'as ouvert les yeux Iseult....je te l'assure. Tu m'as ouvert les yeux sur une réalité que je n'avais jamais explorée jusqu'à présent, une belle réalité. Cette réalité n'est autre que l'existence elle-même, la vraie, la si belle vie humaine. Tu m'as ouvert les yeux sur l'humanité en elle-même Iseult, un présent dont je n'ai jamais pu réellement profiter jusqu'à aujourd'hui, une chose que tu me donnes envie de vivre...avec toi....avec toi seule....Iseult...

Tout en me parlant, Iseult avait retourné ma main de telle sorte à ce que la paume se retrouve tournée vers les airs. Avec ces doigts, elle l'effleurait avec une délicatesse qui lui était propre et on pouvait dire que je fondais sous ses caresses. A chaque fois qu'elle me touchait, j'avais l'impression de vivre dans un autre monde et d'être isolé dans une autre réalité où nous étions les seules importances de l'histoire. Je ne voyais qu'elle. J'étais si attaché à Iseult qu'elle me collait à la peau. C'était magnifique. Tout ce que je ressentais pour elle n'était que des émotions sublimes que je n'avais point envie de quitter. Cette sublime facette de la vie, je l'appréciais, j'en profitais, je la caressais délicatement par mes doigts. Oh Iseult...elle enflammait ma vie à elle seule. En me fusillant du regard, je fondais pour elle à chaque fois et j'allais toujours fondre pour elle de cette manière. C'était incroyable et si beau. Les mots pour décrire ce que je vivais m'échappaient littéralement. C'était...c'était...un truc que je saurais sans doute nommer un jour, du moins je l'espérais.

Mes larmes tombaient encore à cause de cette peur qui me dévorait de l'intérieur. Je tentais toujours désespérément de me convaincre qu'Iseult n'allait pas définitivement sortir de ma vie et que tout allait pour le mieux, mais cela ne suffisait pas. Quelque chose n'allait clairement pas en moi. Cette peur du monstre ne cessait de s'accentuer au point de me dévorer. Entre la vie qu'Iseult m'offrait et celle que j'avais toujours vécue jusqu'à ma rencontre avec elle, je préférais radicalement le modèle humain. Ce que je détectais chez elle, je ne l'avais jamais vu en qui que ce soit. Je détectais une âme profondément bonne, une âme qui n'allait pas prendre un malin plaisir pour me détruire. Cette profondeur d'âme m'avait littéralement lié à Iseult et à ce modèle humain de ma personnalité. Je souhaitais conserver cela et ainsi vivre avec elle cette existence que je n'avais jamais pu avoir. C'était justement parce que je n'avais jamais pu vivre quelque chose d'aussi beau que j'avais peur. J'avais peur que ce bonheur me file entre les doigts et que je ne puisse plus le récupérer à la même intensité que ce soir. J'avais peur de perdre Iseult malgré l'idée qu'un éloignement n'impliquait jamais une séparation définitive. La belle Iseult m'avait envouté au point que je ne puisse plus me séparer d'elle. Je ne pourrais jamais me sentir capable de la quitter, pas après une aussi belle soirée que celle que nous venions de vivre elle et moi. Vraiment il s'agissait de la plus belle rencontre de toute une vie. Sans aucune hésitation, je pouvais vraiment parler de la plus belle rencontre de toute une vie. Perdre ça serait une déchirure impossible à guérir et surtout une déchirure que je risquais de compenser en demeurant encore plus cruel que je n'étais. Bon sang que la vie était compliquée...beaucoup trop.


- Ce que tu me procures...je ne peux pas vivre sans ça...je...je ne peux pas vivre sans toi Iseult. Je ne peux pas vivre sans toi...je ne veux pas te perdre. Cela me fait si peur...et cette peur contrôle mes larmes...je n'arrive pas à les arrêter. J'ai beau me dire que tout va bien aller...que je ne vais pas te perdre...je ne peux pas m'empêcher d'avoir peur. Pardon...d'être si confus...mais j'ai vraiment l'impression que ma vie a pu commencer quand mon regard a pu plonger dans le tien pour ne plus s'en défaire. J'ai peur qu'elle s'arrête en ne le faisant plus...

Je lui avais enfin dévoilé une partie de la vérité qui provoquait cet intense chagrin dans mes yeux. Cette peur, je ne pouvais pas la cacher, cette peur de vivre sans ces sentiments humains qu'elle m'offrait, et surtout vivre sans elle. Iseult était essentielle dans mon existence malgré le fait que je ne la connaissais que depuis ce soir. Mon cœur s'était directement lié à elle comme si je la connaissais depuis une éternité et c'était ce fait qui m'empêchait de concevoir une séparation. En une soirée avait été accompli le travail d'union de toute une vie. Une soirée avait pu être suffisante pour m'unir à Iseult et me rapprocher de plus en plus d'elle. Je ne pouvais pas nier cela. Iseult était une personne sans qui le Kieran que je venais de devenir ne pourrait sans doute pas survivre. Le Kieran émotif avait pu naître avec elle et avec cette beauté sentimentale offerte par ses soins. Facile à dire que sans elle, il n'y aurait plus rien du tout. Toute cette humanité s'évanouirait facilement si la responsable de sa présence n'était plus là pour la maintenir vivante. Iseult m'avait fait renaître. Comment oublier cela et surtout comment vivre sans cela ? C'était tout bonnement impossible... Cette pensée devenait de plus en plus claire à mesure que le temps passait et elle l'était encore plus quand je la sentais en train de me toucher. Ces doigts parcouraient délicatement mon visage pour éponger mes larmes et moi j'en fondais...comme à chacun de ses gestes. Elle avait à chaque fois ce petit quelque chose qui la rendait charmante à mes yeux et je ne voyais que ça, toujours. A mes yeux, Iseult brillait comme la plus belle des étoiles.

- Je n'ai pas envie de me séparer de toi....plus jamais...

Et là, elle fit quelque chose qui me surprit. Iseult m'offrait le rôle de guide, un guide de la ville de New-York. J'étais pour ainsi dire pris au dépourvu, extrêmement surpris par cette idée. Au départ, j'eus du mal à m'y faire, mais ses derniers mots avaient su me convaincre. En quelque sorte, avec cette visite, je pourrais convaincre Iseult et lui donner envie de revenir ici. Cela valait le coup d'essayer.

- Ton envie me donne une idée Iseult.

Je gardais ses mains dans les miennes, en plongeant mon regard dans le sien avant de finalement l'entrainer vers l'extérieur en lui parlant de cet endroit dans lequel j'allais l'emmener.

- Souvent, quand les guides parcourent la ville pour la faire visiter, ils ne la montrent que sous un aspect touristique en faisant découvrir les endroits à voir à tout prix aux personnes qui le souhaitent. Moi, je n'aime pas vraiment faire visiter la ville de cette manière. J'aime faire découvrir l'âme d'un lieu, à savoir des endroits qui signifient quelque chose et non pas des endroits purement commerciaux.

Je m'arrêtais avec elle devant un immeuble, plongeant de nouveau mon regard dans le sien, avant de lui dire :

- Je vais te montrer sans doute la meilleure façon d'observer la ville, une façon...qui signifie beaucoup pour moi et qui est bien meilleure à mon sens que les gratte-ciels uniformes qu'on voit partout.

D'apparence terriblement ancienne, cet immeuble ne donnait pas réellement envie aux adeptes de modernité d'y habiter. Il était vide depuis maintenant des années et ne devait sa survie qu'à son architecture particulière. C'était pour cette raison que je l'appréciais. C'était un refuge, un refuge parfait qui révélait un atout splendide : son toit. Après avoir ouvert la porte grâce à mes clés, dont l'obtention allait rester un mystère tellement l'histoire était longue, j'entrainais Iseult dans cette bâtisse, heureusement dotée d'un bel ascenseur qu'un réparateur avait remis en service après avoir été manipulé par mes soins. Les étages allaient être moins pénibles à grimper. Je le fis s'arrêter au dernier étage, afin que nous puissions accéder au toit par l'escalier.

- Suis-moi. Je vais te montrer un endroit qui vaut la peine d'être vu, un lieu chargé d'histoire et de beauté.

Je grimpais cet escalier, en m'assurant évidemment qu'elle me suivait, avant d'ouvrir la porte du toit et lui dire ceci :

- Je te souhaite la bienvenue Iseult dans ce qui est pour moi le meilleur refuge de la Terre.

Je l'avais amenée ici pour qu'Iseult puisse admirer la vue que cet immeuble m'offrait de la ville, noyée par les lumières des immeubles, de la lune, une atmosphère calme et plus jolie qu'ailleurs, mais aussi voir à quel point ce toit avait le don de préserver l'intimité de ceux qui s'y trouvaient. Dans mon profond intérieur, je priais tant pour que l'âme de toit puisse la percuter autant qu'elle avait pu le faire avec moi.

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MessageSujet: Re: Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)   Mer 10 Juil - 14:40

Les révélations de Kieran me percutaient violemment.  Je découvrais que nous avions beaucoup en commun.  Certaines parties de notre passé étaient à peu près identiques; plusieurs sentiments et émotions s'apparentaient tout comme notre façon de réagir ou de se comporter face à certaines situations.  Lui aussi avait vécu l'isolement et la solitude.  Il s'était, tout comme moi, réfugié dans une bulle protectrice qu'il s'était lui-même forgée.  Un type de bulle que j'avais, pendant beaucoup trop d'années, fidèlement entretenue... jusqu'à il y a de cela quelques jours.  Mue par une soudaine ouverture d'esprit et une soif de vivre une vie plus normale, mes pas m'avaient enfin guidée vers une destinée qui me plaisait énormément.  Sur le chemin de ma guérison, j'avais fait la rencontre de Kieran.  Je ne pouvais qu'en remercier la divine providence parce qu'enfin, pour la toute première fois, je sentais que j'allais vivre quelque chose magnifique et qui, par-dessus tout, allait me permettre de m'épanouir comme je l'avais toujours rêvé et espéré depuis que j'étais toute petite.

Si je me réjouissait de tout ceci, mon cœur lui,ne pouvait s'empêcher d'être piétiné par certains des aveux de Kieran.  Apparemment, sa vie que je savais déjà pénible avait été beaucoup plus difficile que je ne l'avais cru au départ.  J'étais un peu abasourdie d'apprendre que la découverte de son don l'avait souvent mené vers le chemin de la malhonnêteté.  Cette souffrance qu'il avait vécue et qu'il me dévoilait sans gêne aucune m'attristait profondément.  Je n'éprouvais nulles difficultés à ressentir toute la lourdeur de ce terrible sort dans lequel Kieran s'était lui-même confiné.  Un sort qui devenait de plus en plus pesant à gérer et soudainement très repoussant à la vue de cette nouvelle perspective de vie que ma présence à ses côtés lui apportait.  Comme moi, il était clair que Kieran avait sincèrement envie de changer le cours de son existence et pour ce faire nous avions tous les deux besoin de l'autre afin d'en garantir le succès.  L'idée de retourner vivre dans mes montagnes du Colorado devenait donc tout à coup beaucoup moins alléchante. Qu'allais-je y faire une fois revenue?  Qu'allait être ma vie à l'avenir, sans la présence de Kieran à mes côtés?  Cette force, cet espoir qu'il m'apportait allaient-ils s'évanouir une fois de retour là-bas, une fois ma solitude retrouvée?  J'étais perdue.  Plus le temps passé en compagnie de Kieran augmentait, plus l'envie de retourner vivre dans ma chère petite cabane me rebutait.  C'était déboussolant et perturbant.  Je ne me voyais pas vivre en plein New-York... mais je ne me voyais pas non plus vivre sans Kieran à mes côtés.  J'étais déchirée.  Une chose était sûre... je ne souhaitait pas perdre Kieran.  Il ne pouvait mieux dire en affirmant que sa vie avait commencée dès que son regard avait plongé dans le mien.  C'était exactement la même chose pour moi.  Il m'avait carrément volé les mots de la bouche.  Pas surprenant donc, que ni lui ni moi n'éprouvions l'envie de se séparer de l'autre.

Sur le trottoir où j'avais été entraînée avec enthousiasme je suivais Kieran, mes yeux brillants de plaisir.  Cette petite visite guidée était définitivement une excellente idée.  Elle avait su chasser les larmes des yeux de mon ami et lui avait redonné son sourire que j'aimais tant.  J'adorais voir Kieran autant emballé.  Je ressentais aisément toute l'énergie, la passion et l'amour qu'il éprouvait pour sa ville, en particulier pour cet immeuble d'architecture ancienne qui tranchait sauvagement avec le reste de la ville d'apparence moderne et fade.  Même si je n'étais pas entrée à l'intérieur, j'avais déjà un coup de cœur pour lui.  Il ne ressemblait en aucun point à ma cabane de bois ronds mais tout comme elle il possédait une âme, chose que rien autour de lui ne semblait être pourvu.  Kieran n'avait pu trouver mieux.  Il avait mit le doigt sur ce que je recherchais, sur ce coup de cœur que j'espérais trouver suite à ma proposition de visite guidée.  Quand ses yeux trouvèrent les miens je ne pus faire autrement que de m'y accrocher, subjuguée par leur beauté autant que par les explications dont il me faisait part.  Cet immeuble était important pour lui alors je savais déjà que j'allais l'aimer moi aussi.  Sa joie me contaminait, j'avais l'impression de flotter sur un nuage.

- Je te l'accorde, il est magnifique.  C'est un bâtiment comme on n'en voit plus de nos jours, malheureusement. Le genre possédant une âme, une histoire, un vécu...  Ses murs doivent cacher pleins de trésors et de secrets...

J'étais grandement émerveillée et je le fus davantage quand je vis Kieran sortir un trousseau de clé dans le but de déverrouiller l'accès à l'immeuble pour y pénétrer.  À  mon très grand étonnement se trouvait, à l'intérieur, un ascenseur encore en état de fonctionner.  Je suivis donc Kieran sans rien dire, trop occupée que j'étais à observer tout ce qui se trouvait autour de moi.  Lorsque les portes se refermèrent sur nous et que l'appareil se mit en branle, je me surpris à sourire, intriguée.

- Je suis bluffée.  De un, jamais je n'aurais cru que tu allais me montrer ce genre de bâtiment.  J'avais plutôt imaginé que tu me trimbalerais sur une avenue achalandée et illuminée.  Et de deux... je suis fortement étonnée de voir que tu possèdes les clés de cet immeuble...  Je vais t'avouer que je suis très curieuse de découvrir ce qui se cache tout en haut!

Je ne savais vraiment pas à quoi m'attendre mais j'allais très bientôt le savoir puisque nous étions maintenant parvenus au dernier étage.  Ne restait plus qu'un escalier à grimper avant d'accéder au toit.  Mon sourire s'élargit quand mes yeux croisèrent ceux de Kieran, alors que je cheminais tout juste derrière lui.  Puis mon cœur eut un raté.  Définitivement, j'adorais chacune des sensations que mon nouvel ami me procurait.  Elles me donnaient encore plus l'impression de planer sur mon si joli nuage.  Elles me rendaient davantage dépendante à chaque seconde qui s'écoulait.

Lorsque Kieran me souhaita la bienvenue sur son toit je ne pus faire autrement que d'échapper un "oh!" de surprise au lieu d'un "merci" tant la vue était à couper le souffle.  De mon point de vue, je pouvais très bien voir la ville bourdonner d'activité.  Des milliers de lumières mouvantes l'animaient et l'éclairaient, me donnaient même l'impression que les murs des buildings bougeaient tant elles étaient nombreuses et animées.  Provenant autant de véhicules que d'enseignes lumineuses, à certains endroits elles se faisaient plus discrètes, étaient plutôt remplacées par la lueur de la lune qui baignait de son calme blanc ce gigantesque monde fascinant.  J'étais tellement hypnotisée par le spectacle que je me mis à avancer lentement vers le rebord du toit afin de mieux scruter les rues et bâtiments qui se trouvaient tout partout autour de nous.  Curieusement, l'ambiance de cet endroit favorisait une certaine détente qui m'étonnait.  Là-haut, rien ne pouvait nous perturber.  Nous étions dans une petite bulle intime extrêmement chaleureuse et apaisante.  Ici, la brise qui circulait était beaucoup plus chaude que celle au parc, là où le couvert des arbres favorisait la fraîcheur.  J'étais bien, je n'avais plus froid et mon ventre rempli de chocolat chaud m'aidait à conserver ma chaleur corporelle.    

- Kieran ! C'est tout simplement magnifique.  Il y a tellement d'énergie dans cette ville que je la ressens dans chacun des pores de ma peau.  C'est électrisant.  Je me sens survoltée.  J'ai envie de voler...

Maintenant penchée par-dessus le petit muret, j'observais les passants circuler en nombre dans les rues et sur les trottoirs malgré l'heure tardive de la nuit.  New-York avait un certain charme, je devais l'avouer.  Je ne me voyais toujours pas y vivre mais grâce à Kieran, la ville me rebutait beaucoup moins.

- Tu gagnes...

Il ne comprenait rien et ça me faisait rigoler.

- Tu as réussi... Je n'ai toujours pas envie de m'établir ici mais je dois t'avouer que ce que tu m'as fait découvrir ne m'a pas laissée indifférente, loin de là.

Sans gêne, je fis le tour du toit, analysant chacun de ses côtés dans le but de découvrir les différentes vues qu'il offrait.  À tout coup je restais émerveillée et charmée.  En aucun temps ce qui s'offrait à moi me décevait.  Je voyais bien que mon petit manège amusait Kieran parce qu'il ne me quittait pas des yeux et qu'il continuait de sourire.  Son regard brillait maintenant d'une étincelle qui ne pouvait refléter autre chose que le bonheur.  La tristesse semblait avoir complètement disparue.  Il m'attirait, bien entendu, et après quelque minutes d'exploration je ne pus faire autrement que de revenir près de lui en souriant également.

- Kieran, tu m'as fait renaître ce soir.  Jamais je ne pourrai suffisamment te remercier pour cela.

J'avais juste envie de me jeter dans ses bras et de lui faire la bise mais j'étais pétrifiée.  Alors je fis ce qui me semblait le plus naturel : je lui pris la main pour l’entraîner vers le côté que j'avais préféré observer.

- C'est cette vue que je préfère... et toi?

Je ne le lâchais pas.  Je tenais sa main bien emprisonnée dans la mienne.  Pour le moment, il était hors de question que je libère mon ami...
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Balade nocturne (Feat Kieran N. Blackburn)

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