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 Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )

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MessageSujet: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Ven 31 Aoû - 8:22

Lao Tzu a dit : « Lorsque je me laisse aller à être ce que je suis, je deviens ce que je pourrais être ».
Assise sur un banc, je contemplais les passants ou plutôt j’observais la vague humaine qui déferlait sur les rues de New York. Le pas pressé de quelques uns, l’air irritable d’un autre, l’insouciance transparente de l’humanité. Leur désinvolture m’agace, elle me brûle jusqu’à la profondeur de mon âme. Je leur envie cette insouciance, dormir avec un esprit aussi vide qu’un nouveau-né. Plonger dans l’océan aussi infini que ne l’est la folie. Laver cet esprit qui me range, me démange, me change en quelque chose que je crains de le découvrir. Avouer mon incertitude, lâcher mes tourments au-delà d’un détour, forger un mur contre la raison et la déraison. Abattre l’hypocrite qui est en moi, vit en moi, dément mes paroles. Renie l’évidence, dérange le silence, meurt à l’aube et renait au crépuscule. Détruire, reconstruire. Tic tac tic tac, rien ne va plus. La laideur qui m’entoure se fracasse et se disperse en l’air, en mer partout où mon esprit vagabonde. Elle m’encercle de toutes ses forces, mon cœur se serre. Un si petit organe aux battements incrédules qui refuse de céder à la prière du ciel.
Agrippant mes mains dans mes poches fortement, je levais les yeux au ciel. Il faisait déjà nuit, je n’avais pas vu le temps passé. Un ciel étoilé où la lune luisante veiller sur les âmes perdues. Un sourire de contentement desserra mes lèvres à la pensée stupide qui me traversa l’esprit ; si je pouvais être une étoile, je filerai un voyage inédit, je serais un guide dans un ciel aussi grand que l’univers, je brillerai au côté de la lune. Je soupirais lassé de mes fantaisies enfantines, me levant du banc. Il était 21h30, cette nuit il faisait assez frais pour un jour d’été. Me rappelant soudainement que j’avais prévu de prendre le train, j’accélérais le pas vers la station de métro.

Arrivée à destination, il n y avait pas grand monde. Je fouillais dans mes poches, retrouvant mon ticket où était inscrit :’départ pour San Francisco à 21h45’. Rassuré de n’avoir pas raté le métro, je rebroussais le précieux ticket dans ma poche, balayant du regard la station. Mes yeux ciblèrent la cafeteria, j’avais soif. Après avoir acheté mon café, le haut parleur annonçait l’arrivée du métro. Me postant devant la portière c’est à ce moment-là que j’aperçue mon reflet horrible était le mot. Mes cheveux dans un piteux état, en bataille on dirait que je ne l’ai jamais coiffée. Cela passé encore devant la mine terne que me renvoyait la glace, mes yeux étaient encerclé de cerne dû à mon insomnie. L’air hagard, négligé pour pas dire inélégante, on croirait à une SDF. Passant une main rapide sur mes cheveux, essayant d’être acceptable au moins. Je n’avais pas eu le temps de m’attardé que la portière c’était ouvert. Laissant mes insouciances d’apparence de coté, je me faufilais dans le métro. Prenant un siège libre celui à coté de la fenêtre, attendant que le brouhaha des passagers cesse et que le métro part afin de boire mon café confortablement.


Dernière édition par Alexis Nolan le Ven 31 Aoû - 21:02, édité 1 fois
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Alan J. Hamilton
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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Ven 31 Aoû - 16:54

Tel un inconnu ne sachant pas réellement où il se trouvait ni même où aller, mon corps arpentait les rues au hasard, sans recherche, sans envie, sans rien du tout. Je ne savais même pas ce que je faisais là. J'étais simplement présent dans la ville parce que je devais bien le faire un jour, même si toute cette ville n'était qu'un réel mensonge à mes yeux. La ville de New-York n'avait plus le même visage, ni même les endroits habituels que j'avais pu connaître. Tout avait changé, et c'était probablement le détail le plus douloureux de mon transfert dans le passé. J'avais perdu tour à tour ma vie, mes repères et toutes les choses auxquelles j'avais pu aspirer dans mon avenir. Je n'étais plus rien dans cette époque. Je n'étais plus ce Alan Hamilton que j'étais...sans plus rien de valable dans ma vie. J'aimais ma vie. Mes parents...mon travail...tout me plaisait, mais j'avais du tout quitter. Mes parents allaient-ils comprendre ce qui s'était produit ? Allaient-ils être anéanti par le chagrin en comprenant que j'avais disparu de la surface de la Terre pour remonter le temps ? Je n'étais malheureusement sûr de rien. J'aurais aimé avoir plus de réponses, mais seul un pouvoir tel que celui de mon père aurait pu m'aider au point où j'en suis. Sans ces réponses, je demeurerais perdu à tout jamais. Mais bon...peut-être était-ce mon destin...

A force de marcher au hasard dans ces rues que je ne reconnaissais qu'à peine, je tombais sur le chemin du métro, chemin qui n'avait pas changé même si les métros n'étaient pas du tout les mêmes. Je tombais directement dans le sens pire du rétro. Adieu mes métros futuristes et bienvenue dans le passé... S'il y avait bien une chose qui n'avait pas changé entre le passé et le futur, c'était bien la foule qui se réunissait toujours à proximité du métro. Elle était toujours présente et elle allait toujours l'être. Tous ces anonymes se réunissaient dans le coin et attendaient le métro qui arrivait. Ma première action en arrivant de ce passé avait justement été de voir où on prenait les tickets de métro. Je m'en étais réservé un plus tôt dans la journée, pour pouvoir rentrer à San Francisco ce soir, et j'avais toujours l'intention de l'utiliser. Le métro arriva enfin, à peu près à l'heure, sonnant à l'intérieur de moi le réflexe d'entrer à l'intérieur. Je me forgeais un trou parmi la foule, me permettant d'entrer et de chercher une place libre non loin d'une fenêtre, car les autres places n'étaient pas les meilleures à mes yeux. J'en trouvais une, probablement la dernière, non loin des portes, et je m'y asseyais, même si un homme voulait au départ la place, mais j'étais là avant lui.


- Dégage de là toi ! me cria le naze...

- C'est à toi de dégager...

Un peu en colère, j'excitais le sang dans le corps de cet être abominable, pour juste chauffer un petit peu son organisme. Sentant le malaise arriver, le type dégagea après m'avoir lâché quand même une dernière marque de colère.

- Garde-la alors ta place de merde, si t'insistes !

Il se barra de là et alla se chercher une autre place, ce qui me fit lâcher mon influence sur son sang. Les personnes autour de moi ne s'étaient pas doutés de ce que j'avais fait, et je priais pour que ce soit la vérité, car je n'avais pas envie de me prendre la tête avec mon pouvoir...

Je priais pour une absence de question.

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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Ven 31 Aoû - 21:01

Observant au-delà de la fenêtre les derniers passagers qui se précipitaient vers le métro, le claquement des portières de ce dernier me transporta dans mon enfance. L’odeur de la terre fraîche juste après que la pluie ai tapissé la pleine, une odeur bien familière. Je me revoyais respirant à plein poumons l’air, riant à apaiser mon cœur. Libre comme l’air, sautant d’une marre à une autre, insouciante et inconsciente. La cloche retentissait du haut de la colline, ma grand-mère nous appeler à l’aide de cette ancienne clochette. Mes deux frères et moi nous savions pertinemment que c’était l’heure du dîner et quelle bonne cuisine que nous gâtait bien notre grand-mère avec ses tartes aux fraises et ses délicieuses tourtes à faire frémir nos papilles. Encore une fois deux silhouettes prirent forme dans ma mémoire, ils couraient l’un après l’autre. Je ne sais plus qui court après l’autre, moi ou un autre. L’autre obscurcit par ma mémoire ne devient qu’un pantin de mon esprit hanté et obsédé. J’en deviens presque l’arnaqueur arnaquée, le rictus au coin des lèvres. Il me sourit le salaud !
Une altercation assez bruyante entre deux hommes m’arracha de ma léthargie, regardant la source de cette perturbation juste devant moi. Un rapide coup d’œil sur les protagonistes et le sujet de la discorde était claire et nette, ils se disputaient une place comme tout le monde. La scène en elle-même ne m’intrigua nullement, la politesse n’était plus de notre monde enfin rarement. Il suffisait d’une infime étincelle et tout éclater en morceaux comme de la porcelaine. La vulnérabilité de l’humain se transforme en une impulsivité au quart du tour, on ne se respecte plus, pire on préfère ignorer aveuglément ce qui est inacceptable.

Mary Shelley a dit : «Aucun homme ne choisit le mal pour le mal, il le confond seulement avec le bonheur, le bien qu’il recherche ».

Entre les joutes verbales des deux concernés, je me voyais comme une spectatrice dans un ring de boxe. Attendant le premier qui lèvera le poing, ce qui était fréquent de nos jours. On règle les problèmes par la violence eux même engendré par cette même violence, source de nos vices. L’agression du temps, un autre grand dilemme. S’acharné à fuir le temps, non à arrêter ce foutu temps ! Quelle folie.
Mon attente fût veine, il n y avait eu que quelques mots déplaisant. Ce qui attira mon attention était l’homme qui avait commencé la dispute. Son visage avait subitement changé ? Enfin il était plus crispé …Je ne sais pas. Je n’eus pas le temps de méditer sur cela vu que le concerné se détourner résigné et en lâchant une réplique bien marqué. Bizarre tout cela, qu’est-ce qui ne l’est pas dans ce monde grouillant de surnaturel…
Mes yeux se détournèrent un instant vers l’homme qui avait gagné la place, un brun bien portant. Autour de la trentaine probablement, un physique attrayant en somme. Il aspirait un calme inédit, peut-être que ceci était dû a sa prestance ou bien les traits de son visage qui laisser transparaitre une certaine sagesse. Contrairement à ce que renvoie mon image, une carapace fragilisée par le temps. L’assurance, une chose que je voudrai tant voler, non là séquestrer pour un temps et là relâcher à terme de mon temps ici bas. Maudit, maudit ! Moi et mes envies, moi et mes folies. Un sourire au coin des lèvres se dessina sur ma bouche, en m’apercevant que je le dévisager ouvertement. Absurde et stupide, encore une fois quand je me laisse aller dans mes réflexions, j’en oublie le monde et leurs réactions. Je détournais mon regard gênée, j’étais sûre qu’il m’avait attrapé sur le fait. M’éclaircissant la gorge, je pris mon café en avalant d’un trait, trouvant un intérêt soudain à contemplé les sièges d’à coté.


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Alan J. Hamilton
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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Ven 31 Aoû - 23:50

Le perturbateur, encore un peu crispé par le mal que je venais de lui faire subir, avait décidé de s'écarter un peu plus loin, vers une place bien au fond de la cabine, une chose qui n'était pas une si mauvaise idée, car rien que le fait de savoir cette carcasse éloignée de mon pauvre visage me faisait un peu de bien. Je parvenais à retrouver mon calme peu à peu, une sorte de bénédiction pour être honnête, moi qui passait davantage mon temps à me perdre dans un monde que je ne reconnaissais plus. Aucun paysage n'était identique, aucune façon de vivre, aucune chose ne me semblait identique à mon avenir, cette vie que j'avais quittée un peu malgré moi. J'avais plongé dans une expérience bien pire que le simple rétro. En effet, c'était comme si je visitais un tout nouveau monde, un monde qui n'avait rien à voir avec ma vie. J'étais encore sur la Terre...d'accord...mais c'était comme si je venais de plonger dans un monde parallèle, une dimension de la vie où tout avait changé. Cette hypothèse me paraissait tellement absurde qu'elle me donnait envie de me frapper moi-même, mais même ce geste demeurait stupide. J'avais en effet remonté le temps, mais trop loin pour pouvoir reconnaître quoi que ce soit. Normal que je m'y perde, que je ne sache pas où aller. Ces réactions demeuraient légitimes, mais je devais malheureusement m'y faire. Avec le temps, peut-être me ferais-je à cette vie dans laquelle j'étais prisonnier.

Le voyage du métro démarra, procurant quelques secousses sur toute la surface de la cabine. Pour tenter de me détendre, je posais ma tête contre la fenêtre, pour ainsi essayer de vider mes pensées, et penser à une chose qui ne me ferait pas trop souffrir. J'avais besoin d'une certaine tranquillité, une chose à laquelle j'aspirais depuis des lustres, mais je n'avais jamais pu la trouver depuis que je me trouvais enfermé dans cette époque. Même le fait de fermer les yeux un moment ne m'aidait pas, preuve que j'étais un cas plutôt désespéré. Je me contentais pour le moment d'éviter les regards, au cas où quelqu'un ne soit tenté de poser une seule question bien ennuyeuse au sujet de ce qui avait pu m'aider à repousser ce type sans bouger ne serait-ce qu'un doigt. Je ne voulais pas en parler, ni même parler de mon pouvoir. D'une part je n'aimais pas cela et d'autre part je n'étais pas suffisamment calme. Je ne souhaitais pas faire une bêtise que je pourrais regretter. La crispation du visage du premier type m'avait déjà suffit. Je vivais beaucoup trop d'incertitudes depuis que je me trouvais dans cette époque. Tout ceci ne me plaisait pas. Je me pensais déjà maudit, alors je n'avais pas envie de me prendre davantage la tête avec cela. C'était déjà suffisant. Mon esprit souffrait d'atroces douleurs depuis que j'étais dans cette époque. Plus je me perdais et plus elles grossissaient, mais je n'étais malheureusement là que depuis trop récemment pour me faire à cette idée de ne jamais partir d'ici.

Fuyant les regards, je regardais souvent le sol, et les crasses qui s'y trouvaient. Les emballages ou restes de pommes que je croisais étaient dégoutants...mais bien le reflet de la société. Rares étaient ceux qui se souciaient de la propreté quand ils savaient que des personnes passaient des heures à nettoyer chaque saleté faite par un passager. Je trouvais même parfois des feuilles chiffonnées derrière un paquet de chips entamé et abandonné là depuis probablement quelques heures. Je préférais mieux ne toucher à rien, d'une part parce que ces déchets ne me faisaient pas envie, mais aussi parce que j'avais peur de ne rien y comprendre, surtout pour le papier chiffonné. Mais, même si je fuyais les regards, j'avais le profond sentiment d'être observé par quelqu'un, sans me rendre compte de qui il s'agissait. Un regard s'était déposé sur moi depuis mon altercation. Oh non...allais-je avoir des ennuis ? Je relevais un peu la tête pour observé cette femme, qui avait l'air de me regarder d'une étrange façon, un regard de gêne. Elle avait détourné son regard de moi, probablement parce qu'elle pensait que je l'avais vue, et c'était en effet le cas.

Allais-je lui demander ce qui la gênait ou bien la laisser tranquille ? J'étais plutôt perdu pour être entièrement honnête. Au bout d'un temps de réflexion, je pris la décision de me lancer et d'enfin ouvrir la bouche pour une parole utile. Je lançais alors ma question à voix haute, sans savoir si elle allait y répondre ou pas, mais ceci n'avait aucune importance.


- Quelque chose vous gêne ?


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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Sam 1 Sep - 9:53

Mon regard nonchalant était resté fixer sur le siège bien vide à l’opposé du brun que j’avais scruté plutôt, je prié intérieurement qu’il ne fasse pas attention à mon indélicatesse passagère. Entre les secousses du train qui bercer notre chemin, je me sentis soudainement apaiser. Je ne serais expliquer ce sentiment, peut-être était-il dû à la familiarité du voyage ?
Cette ligne de métro plus particulièrement était une certaine routine pour moi, prenant le même chemin pour rentré chez soi. Je dirai presque que je suis une habitué des lieux tant bien que je reconnaissais les conducteurs et même parfois je me laisser deviner l’identité des passagers. Qui entre autre devenaient des visages familiers prenant le même train-train de vie. Ce soir le métro était désert pour un dimanche soir, l’insécurité des moyens de transports avait fini par faire fuir ses accoutumés. Moi ça ne me déranger pas, je crains que je ne recherche une certaine provocation pour exhorter mon amertume. Dingue me dirait Aaron et audacieuse serais le mot de mon petit frère, oui j’avoue que je me laisse tenter par le danger de l’instant. Spontanée dans des situations particulières et aveuglément attiré par la force et mystifiée par la faiblesse. Oh mais je voudrais bien redevenir aussi pure qu’une âme d’enfant, aussi innocente qu’un nouveau-né. Si c’était possible tout cela, le monde aurait peut-être connu la paix, même passagère juste une petite étincelle. Une petite dose de sérénité et d’un petit bonheur au fond du cœur pour embaumer nos petites vies, Je crois que je serais heureuse. L’incertitude est une chose qui me fait à la fois avancer d’un pas et reculer de l’autre, elle m’entoure de tout part. Aveuglante, sanglante, bruyante. Elle ricane derrière ce masque, elle s’incruste de partout où je vais. Comme un poison qu’on avale, agonisant mon corps, intoxiquant mon esprit pour enfin agoniser mon âme.
Et toi dans tous cela Ryan ? Tu as disparu mais je sens ta présence, je frôle ta tristesse. Ton intelligence est là, elle est bien physique. Ta souffrance aussi, je pourrai la communiquer à autrui. Mais pour cela qu’il faut que tu vives, que tu reviennes des morts.
« L’homme espère mais son espoir est vain ; l’homme prie et sa prière est futile ; l’homme pleure mais ses larmes sont fausses. Rien n’est accompli ici bas, reconnais-le : la tête est lourde et la conscience encombrée. La lumière est pestilentielle et l’air est étouffant. Tu veux vivre Alexis ? Qui te qui te dit, que tu as le droit de vivre ? » La voix de Ryan raisonner dans ma tête. Un étau encerclé mon cœur, pourquoi essaya-il de m’éloigner de lui ? Pourquoi refusait-il de me suivre ? Ryan se détourné de moi ; lui et ses idéaux, lui et ses foutus délires. Mal à l’aise je pris la tête entre mes deux mains, d’un geste défensive pour faire chasser ses sombres pensées. À cet instant une voix calme me fit relever la tête, c’était le brun d’à côté. J’avais pris une certaine lenteur à assimiler ce qu’il avait dit.
« Quelque chose vous gêne ? »
Il avait remarqué mon indiscrétion, c’était la première fois que je me laissais aller à analyser un autre ouvertement. Ce qui m’avais surpris moi-même, sa voix n’était ni hautaine ni colérique. Au fond j’étais fautif, je me mordis la lèvre signe d’embarras.
« Non, absolument rien » annonçais-je d’une voix que je m’efforçais de paraître calme et rassurante.
Détournant les yeux pour la unième fois, l’atmosphère devenait assez particulier. M’efforçant de trouver quelque chose d’intéressant à contempler me doutant qu’il pourrait relancer la conversation ou pire me dévisager à son tour.




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Alan J. Hamilton
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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Sam 1 Sep - 17:49

La sensation d'être observé par un regard en silence était plutôt désagréable. Le corps observé demeurait en effet au courant du fait qu'il était surveillé par un regard inconnu, mais il ne savait

malheureusement pas forcément la raison de cette surveillance, et c'était cette chose qui pesait facilement sur les cœurs, le mien n'étant bien sûr pas épargné par tout ceci. J'avais beau fuir les regards à tout prix, pour me concentrer sur n'importe quelle particule étrange du métro, mais je savais bien qu'un des regards inconnus du métro s'était déposé sur mon visage, et qu'il ne l'avait pas quitté pendant un moment. Etait-ce de la peur ? De la gêne ? Une curiosité mal placée ? Je ne le savais malheureusement pas. La télépathie était un phénomène présent chez certains des spéciaux, mais il me dépassait personnellement. Je ne pouvais que faire confiance à mon instinct, cette conscience capable de me conseiller. Je n'avais malheureusement pas le choix. Je ne pouvais que faire des suppositions sans aucune garantie. Mais bon, ma seule volonté actuelle demeurait celle d'éviter les interrogatoires. Je ne voulais pas subir cette avalanche de questions qui me perdrait encore plus dans cette vie. Mon égarement faisait déjà peine à voir...et cela pourrait s'aggraver si je faisais l'objet de questions. Je n'aimerais pas cette situation. Déjà que je souhaitais limite la perte de ma vie pour ne plus subir ce cauchemar, imaginez la suite si je devais l'objet de toutes les questions existantes. Le cauchemar serait plus intense et plus horrible.

Afin de tenter de comprendre pourquoi le regard de cette femme s'était déposé sur moi, j'avais préféré lui demander moi-même, dans le but de mettre les choses au clair le plus rapidement possible. En général, on ne m'observait pas de la sorte, et surtout sans raison. Il y avait forcément quelque chose derrière tout ceci. Ces multiples interrogations ne cessaient de perforer mon esprit. Avant de me répondre, la jeune femme fit un geste plutôt clair. Elle semblait embarrassée, sans que je ne puisse comprendre la raison de ce sentiment. Pourtant, lorsqu'elle parlait, elle me dévoilait le fait que rien ne la gênait. J'avais de la peine à la croire...mais les conséquences si jamais j'insistais n'allaient pas être glorieuses. Etait-il mieux de laisser tomber ? Etait-ce la meilleure solution ? Au fond, je ne savais pas trop quoi penser. Au départ, je ne lui répondais pas tout de suite, d'une part parce qu'il s'agissait de l'une de mes premières conversations simples depuis mon arrivée dans cette époque, mais aussi parce que je ressentais moi aussi une sorte de gêne, quelque chose qui ne me plaisait pas réellement. Je n'avais pas pris l'habitude d'être entreprenant, quelqu'un pouvant facilement parler à qui il le souhaitait, pour la simple et bonne raison que je n'y parvenais pas. Je ne parvenais pas à m'ouvrir autant que je pouvais le faire dans mon autre vie, celle que j'avais quitté de force.

Je pensais que j'allais parler et répondre à cette jeune femme, soit pour relancer la conversation ou bien enchainer sur une toute autre chose, mais ma conscience me surprit sur un tout autre chemin, un chemin que je ne pensais jamais emprunté. En effet, je fis le choix inconscient de ne pas parler du tout. Aucune réponse tangible n'avait pu sortir de ma bouche, aucun son, aucun mot, rien du tout... Mais il n'y avait pourtant pas que des absences dans cette scène. En effet, mon regard venait d'avoir une certaine brillance, rien de positif, mais elle était quand même là. Une sorte d'intensité de tristesse commençait à naître dans mes deux yeux, sans que je ne comprenne pourquoi. Pour tenter de me camoufler, même si on avait déjà du voir qu'une larme coulait de mon œil droit, toujours le premier à pleurer, je commençais à observer mon carnet, qui enfermait toutes les photos importantes de ma vie. A force de tourner les pages, je trouvais la force de m'arrêter. C'était une double page regroupant la photo de mes parents accompagnés de mon frère et mon chien ainsi qu'une photo de chez moi. Rien qu'en observant ces deux photos, les larmes continuaient de tomber alors que ma bouche s'était enfermée dans le silence. Je ne faisais que souffrir en silence afin de m'enfermer dans l'oubli. Je ne voulais pas attirer les regards. C'était la dernière de mes envies, mais j'avais l'impression que jamais je ne pourrais écarter tous les regards de mon pauvre visage. C'était comme si je ne pouvais jamais échapper à tout le monde...jamais...

Laissant ce carnet présent devant mon visage, je me cachais pour pleurer. Je dissimulais mes larmes, soit par honte soit pour une autre raison, mais je refusais de les montrer, même si on pouvait pertinemment entendre le son de ma tristesse. Une tristesse pouvait se faire en silence, mais je ne le faisais jamais. On pouvait toujours entendre que je pleurais. J'avais beau me cacher derrière ce carnet, rien ne pouvait me rendre invisible. Les autres sauraient toujours que je pleurais...


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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Sam 1 Sep - 21:27

Aucune réponse ne vint de la part du brun, à la fois surprise et rassuré. Je n’avais vraiment pas la force de monologuer sur mon impulsivité ni d’essayer de paraître quelqu’un que je ne suis pas. Par politesse j’aurais sûrement changé de sujet ou bien carrément changer de place. Une subtile manière de fuir l’interrogation, la curiosité et enfin la parole. Je n’aime pas affronter l’inconnu impunément, et je ne vois aucun besoin poussée d’en savoir plus. Il semblerait qu’on soit sur la même longueur d’onde, moi et cet inconnu. Le silence ne signifie pas absence de parole, il est bien au-delà de la parole. Je penchais ma tête contre le rebord du siège, fatigué par mes journées interminables. Lasser du monde et ses futilités, excéder de voir la terre ravager par ce fléau. Le monde qui se détruit par lui-même, l’humanité qui se ronge à petit feu, elle s’enflamme et se débat contre un ennemi invisible. Pas si invisible que ça, on se refuse de le voir. Par caprice on renie l’origine du mal, se détournant de la vérité pour fuir une réalité abominable. Je ne les plains pas, le mensonge nous fait croire à toutes nos fantaisies comme un bouclier pour chasser nos peurs. Basculant ma tête en direction de la fenêtre, mon regard absorber l’intensité de la nuit. Aussi infini que se porte mon regard, belle à contempler. J’aimerai là frôler de tout mon être afin de goûter à une liberté partielle. Là contempler pour des heures, courir sans m’arrêter pour sentir le souffle du vent me caresser le visage. M’envoler vers elle dans un geste d’abandon, oublier mon identité. Effacer ma mémoire, endosser un nouvel habit qui n’est pas mien. Mon obstination était dérisoire et désespérée car au fond de moi-même je savais pertinemment que ma quête était perdue d’avance. Impossible, fictif et irréalisable. Je me sentis subitement engloutit sous le poids de mes tourments, elles étaient bien lourdes et étouffantes. Je suffoquais, essayant de respirer alternativement de part ma bouche puis mon nez. Quelques minutes passèrent avant que je puisse reprendre une respiration normale.

« Il n’est peut-être pas donné à l’homme d’effacer le mal, mais il peut en être la conscience ; il ne lui est pas donner de forger les gloires de la nuit, mais il peut les attendre et ensuite les raconter » Des mots oubliés raisonné dans ma tête. Je ne comprenais pas pourquoi les paroles de Ryan refaisaient surface dans ma mémoire. Plus précisément je n’arrivais pas à trouver un sens logique à ce que cela voulais dire. Ses délires existentielles commencer à me rendre folle, ça me terrifie d’y penser et perturbe inexorablement mes nuits de sommeil.
C’est pour retrouver Ryan que j’ai pris ce métro, je ne m’attends pas à le retrouver vivant mais sa pensée me guide vers ce chemin. Son subconscient m’incite à venir le chercher, il m’appelle dans mon sommeil, il me chuchote ses vérités et avoue ses méfaits. Sa voix est grave, mélodieuse et teintée d’une mélancolie. Elle est d’une telle gravité que je me laisse emporter par elle. Je me soumets à sa cadence, à sa logique. J’absorbe la voix et lui permet de m’absorber, c’est à l’intérieur de cette voix que je fais entendre la mienne. Ce métro du soir devenait étrange où pensées et passions semblent déréglées et où le temps lui-même paraît désaxée.
Un frisson me parcourra l’échine me sentant en insécurité soudaine, je relevais finalement la tête. Mon regard se posa instinctivement sur l’inconnu en face de moi, encore fois je me surprenais à le détailler sans gêne cette fois-ci. Il avait entre ses mains un carnet, la tête basse. Je supposais que c’était quelque chose qu’il lui tenait à cœur voyant bien ses doigts crispés sur le dit carnet. Quelque chose avait attiré mon attention sur son visage, des larmes ? Étonnée par ma propre découverte, je me suis sentie pour la seconde fois coupable d’avoir violé son intimité et curieuse de la source de son chagrin. Bizarrement je voulais lui tendre la main, l’écouter parler. Je me sentais proche de sa tristesse qui émaner de lui, de son cri en silence. De sa souffrance caché, peut-être parce que je partager aussi une tristesse profonde ? J’en doute que se soit la même mais je suis sûre qu’on a quelque chose en commun, un bonheur avortée.
J’abaissais mon regard prenant dans mon sac un mouchoir en papier où j’avais enrobé quelques bonbons aux citrons. Ne pensant à rien, mes pas se dirigèrent vers lui. Déposant à ses coté le mouchoir enrobé en lançant :
« Prenez-en un ils sont vraiment bons ! ».
Reprenant ma place, n’osant pas encore affronter son regard. Je n’avais pas réfléchi à mon geste ni comment il allait réagir, préférant laisser ça au destin.





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Alan J. Hamilton
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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Sam 1 Sep - 23:36

Après toutes ces années, avais-je autant pleurer que pendant cet instant précis ? Honnêtement, je ne le pensais pas. Ma peine était terrible et ne cessait de grandir depuis mon arrivée dans cette époque. Jamais avant aujourd'hui je n'avais ressenti une aussi grande puissance dans cette tristesse...jamais. Ces larmes perforaient mon coeur, c'était terrible, mais je ne parvenais pas à me défaire de ce qui m'arrivait, comme si j'étais le prisonnier de ma propre tristesse. C'était peut-être étrange à dire mais c'était ce que je pensais. Ce que j'avais vécu par le passé n'était quand même pas rien. J'avais pu vivre ma vie comme tout le monde avant que quelqu'un n'ait malheureusement l'idée de m'enlever toute source de bonheur en me jetant dans cette époque. C'était bien ce que j'étais : un jouet qui n'avait que ses yeux pour pleurer.

Ma tristesse était directement liée au manque que m'inspirait ma vie d'avant, cette vie que j'avais affectionnée avec le temps mais que j'avais perdue beaucoup trop rapidement. Le manque me déchirait et je subissais tout ceci de plein fouet. Le comble dans tout ceci était le fait que je me cachais. Je pleurais, chose que tout le monde pouvait faire, mais je préférais dissimuler ma peine plutôt que de montrer mon visage en train de se déchirer à cause de mes larmes. Avais-je honte de ma tristesse ? Un peu...mais c'était aussi parce que le secret me rongeait. Il n'était pas évident de parler à quelqu'un d'une vie que j'avais pu vivre à un demi-siècle d'écart avec cette époque. La personne risquerait de me prendre pour un fou ou tout bonnement rien comprendre à mes dires. Trouver la personne qui pourrait comprendre ce que je vivais était impossible. Mais, une âme d'écoute pourrait peut-être exister, du moins je l'espérais. Peut-être que quelqu'un dans ce monde pourrait parvenir à simplement m'écouter, sans me juger et sans dire des immondes insultes à mon encontre. Je n'étais pas fou. J'avais vécu tout ce que je prétendais. Mais qui pourrait me croire ? Qui pourrait croire au fait que je viens d'un futur encore plus lointain que l'imagination ? Ceci paraissait grotesque ou même tout bonnement impossible.

Ma situation n'était donc pas évidente et c'était pour cette raison que je pleurais. Cette situation n'était pas facile à vivre et j'étais la seule personne à la subir. Je rêvais d'avoir de l'aide, quelqu'un sur qui me reposait, mais l'espoir perdait ses plumes à la longue. A la longue une âme perdue arrêtait d'espérer le retour de sa grâce et c'était ce qui m'arrivait en ce moment-même. A force de subir le déluge de ma peine, je me laissais manger par le malheur, sans prendre conscience qu'autre chose sommeillait quelque part...peut-être même sous mon nez. La simplicité pouvait être ma porte de sortie. Je devais la trouver, bien qu'elle était peut-être déjà là. Cette femme, je ne la connaissais absolument pas, mais je ressentais dans son regard quelque chose de plus doux que ce que j'avais pu connaître jusqu'ici. Elle était...je ne savais pas trop comment décrire cela. Elle me semblait différente, pas par rapport à un éventuel pouvoir, mais par rapport à sa personnalité. Une chose m'attirait...sans que je ne comprenne pour quelle raison.

En parlant d'elle, elle venait d'avoir un geste, à mon égard, qui m'avait surpris. Elle venait en effet de déposer un mouchoir près de moi, qui renfermait quelques bonbons. Je ne m'attendais vraiment pas à ça, mais ce geste suffisait quand même à ma conscience. Ce dépôt venait en effet de me faire perdre un réflexe terrible. Je ne me cachais plus. Je venais de remettre le carnet dans ma poche pour ne plus l'observer pour l'instant, et je regardais ces bonbons un instant avant de me décider à en prendre un dans ma main, pour pouvoir y goûter. Aussi étonnant que cela puisse paraître, cette action simple décrocha un petit sourire de ma part. Le changement me faisait du bien. Je relevais mon regard, voyant qu'elle venait de reprendre sa place. Je la regardais réellement cette fois-ci, sans aucune retenue.


- Merci beaucoup...sincèrement...

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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Dim 2 Sep - 9:36

Pour la première fois depuis longtemps je laisser libre cours à ma spontanéité, une chose que j’avais sceller profondément qu’elle devenait inatteignable. Mon angoisse, mes phobies, ma complexité enchainer tout mon être. Elle me changer en quelque chose que je n’ai pas encore découvert toutes les facettes obscures. Je m’enfonce éperdument dans les ténèbres ne voyant aucune lueur d’espoir, j’aperçois l’enceinte devant moi ; j’avance vers elle, un pas de plus et je serais de l’autre côté. Un mot de plus et je serais avec mon frère.
Et si mes yeux étaient aussi éteints que celle de Ryan ? Cette folle pensée me fait frémir. Me frottant les tempes comme pour y effacer une migraine. Il était 22h10 devrais-je faire une sieste comme tout le monde ? Dormir ? Impossible. Inutile. À quoi sert-t-il de fuir les fantômes ? Ils me traquent jusqu’à dans mon sommeil. Mieux vaut leur faire face. Recevoir leurs regards et leurs paroles. Et les suivre jusqu’au bout. Jusqu’à la croisée des chemins. Jusqu’à la mort. Jusqu’à la démence. C’est-à-dire jusqu’à la confusion des valeurs, des notions, des sensations, des souvenirs, des mobiles, des identités. Voilà le vrai péril et défi : La confusion.
Je me revois expédier à cette maudite banque, j’étouffe de chaleur ; cette cellule blanche étroite où Ryan gèle de froid. Je le revois torturer par les spéciaux, je m’entends hurler son nom mais il ne me voit pas. Je crie et prie au même instant que quelqu’un le sauve, qu’il faut le sauver à tout prix ! Je demande à l’aide pour qu’on sauve mon frère qui va mourir, qui est déjà mort ; j’entends ses gémissements : « Il faut l’aider, nom de dieu, il faut l’aider ! ». Impuissante comme un enfant hospitalisé, comme une petite fille chétif de dix ans qui doit se battre contre le monde entier pour ramener des morts un frère perdu. Pourquoi ne me dit-il pas, maintenant encore de ne pas se résigner, de ne pas céder aux forces obscures ? Pourquoi, pourquoi ? Je n’ai que ce mot à la bouche. Pourquoi je ne trouvais pas le repos ? Pourquoi étais-je ici ? Dans ce métro, dans ce monde ? Combien de temps vais-je rester pour débusquer un ennemi ou un témoin sans visage ?

- Merci beaucoup...sincèrement...
Une voix apaisante retentit ; d’abords j’avais cru à une hallucination ou encore à mes foutus remords, par réflexe mes yeux rencontrèrent celle de l’inconnu. Il arborait un franc sourire, voyant bien qu’il avait pris un bonbon. Je me senti étrangement satisfaite et simplement bien. Je souriais à mon tour assimilant sa parole, peut-être parce que sa tristesse s’était évaporer pour ce court instant ou bien parce que j’avais réussi à lui voler un sourire. Je ne sais pas avec certitude mais sa compagnie m’était agréable. Le fait de ne rien connaître l’un de l’autre avait un certain rôle là-dedans, une rencontre au hasard. La partie caché de nos identités était un atout incroyable, aucun jugement au préalable ni conflit d’intérêt. Il avait un regard apaisant, je me sentais rassuré par sa présence. Peut-être étais-ce dû à sa vulnérabilité passagère parce que grandir c’est accepter d’être vulnérable et être en vie, c’est vulnérable.
« Ce n’est rien, vraiment » Dis-je.
Tout à coups j’ai envie de parler, de lui parler, moi, qui jusqu’ici, n’aimais qu’écouter, j’éprouve le besoin de sortir de moi-même en me servant de la parole. Je dois lui parler de tous les fantômes qui hantent mon sommeil, de tous les souvenirs qui entravent ma marche vers le soleil ; je dois lui dire ce que je n’ai dis à personne encore.Sans y réfléchir les mots dépassèrent ma pensée, et la barrière qui me protéger du monde extérieur s’était brisée.
« Je m’appelle Alexis » annonçais-je avec un sourire aux coins des lèvres, mes mots étaient sincères sans arrière pensées ni calculées. J’entamer moi-même la conversation, je ne le connais pas, il ne connaît pas. Pourtant je sens que je suis assez proche de lui que je ne l’ai été de personne.






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Alan J. Hamilton
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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Dim 2 Sep - 14:04

La paix, cette notion absurde de paix me manquait, car je la vivais pleinement dans mon avenir. Ma vie n'était peut-être pas éternellement rose, mais je l'appréciais tout de même. J'étais victime des bonheurs les plus simples du monde, avec un travail qui me plaisait et mes deux parents toujours en vie pour s'occuper de moi, même si cette hypothèse semblait absurde, pour des raisons que je n'évoquerais pas. Tout ce dont j'avais besoin, je le possédais, sans aucun désir et sans aucun caprice. La vie m'avait donné le peu de choses qui m'intéressait. Le fait d'avoir tout perdu à cause des envies macabres d'une belle ordure me révoltait. Du jour au lendemain, j'avais tout perdu, car une personne inconnue m'avait enlevé et fait connaître un voyage dans le passé, ce si lointain passé. Un demi-siècle en arrière était un écart beaucoup trop énorme. J'avais beaucoup de mal à le supporter, mais je devais malheureusement tout faire pour supporter ce qui m'arrivait. Je n'avais pas le choix. Même si je souhaitais repartir, aucune personne avec un don de voyage temporel n'avait croisé ma route. Donc à quoi bon espérer...à quoi bon espérer pour un espoir vide de toute conviction ? Cela ne servait à rien, à rien du tout. Attendre dans le vide n'était pas mon point fort et cela n'allait jamais le devenir. J'avais déjà suffisamment souffert comme ça, alors ce n'était pas la peine d'en ajouter.

Les larmes que j'avais versées étaient bien la preuve de mon mal-être. Même si je voulais tout faire pour parvenir à donner l'illusion du fait que je me sentais bien, c'était malheureusement faux. Jamais je ne pourrais aller parfaitement bien après ce qui m'était arrivé. On m'avait privé de la plus importante chose de ma vie, la plus importante. Ce n'était pas un manque qui pouvait s'évanouir de mon esprit en l'espace de quelques secondes. J'avais besoin de beaucoup plus de temps pour me sentir capable d'oublier ce qui m'était arrivé, enfin si je le pouvais encore, car je n'étais même pas certain de pouvoir éclipser ce malheureux détail de ma tête. C'était bien trop grave. Le carnet qui avait retrouvé ma poche, était la seule chose qui me restait pour pouvoir garder en mémoire la vie qu'on m'avait ôté. Toutes ces photos étaient les représentations parfaites des choses que j'avais perdues. Pour oublier...peut-être devrais-je le brûler, ou bien simplement m'en débarrasser mais mon cœur se brisait rien qu'à l'évocation de cette idée. Je serais incapable de me résoudre à le faire. C'était ma vie, et la quitter serait comme une envolée de mon identité. Au fond, je ne serais plus personne. Je n'étais déjà plus dans mon époque, donc plus capable d'exprimer qui j'étais réellement, mais perdre mon identité serait un peu comme une extermination finale. Jamais je ne pourrais continuer de vivre si je n'étais plus personne. Refaire une vie entière dans le mensonge d'une toute autre identité serait beaucoup trop difficile.

Le geste que cette jeune femme avait eu à mon égard m'avait touché, car peu de personnes m'offraient une seule marque d'affection depuis mon arrivée dans cet endroit. Je passais la plupart de mon temps en solitaire, soit pour pleurer soit pour dormir. Au fond, ma vie avait perdu de l'intérêt quand j'y avais perdu mes proches et tous les lieux familiers que je fréquentais. C'était comme si je devais tout recommencer, et c'était au dessus de mes forces. Mais, la simplicité de ce geste avait eu le mérite de voler l'un de mes sourires. Il s'agissait de la plus simple des choses, mais également de la plus touchante. Jamais je n'aurais pensé voir quelqu'un faire ceci pour moi, mais cela s'était pourtant produit. J'avais pris ce bonbon, j'y avais goûté, et cela m'avait fait sourire. C'était d'une simplicité enfantine mais j'avais souri. Cela me plaisait. Je ne pouvais que remercier cette jeune femme pour ce qu'elle avait fait, car elle venait quand même de commettre un exploit. Me faire sourire relevait en effet du miracle mais elle avait pourtant réussi. Elle était parvenu à faire ce que d'autres n'avaient pas réussi à faire, et c'était déjà quelque chose à mes yeux. Ce n'était pas rien, bien au contraire. Ce geste m'avait aidé, et m'avait surtout fait du bien.


- Non je vous assure...ce n'est pas rien...vous m'avez fait sourire, alors que j'ai du mal à le faire depuis quelques temps. Merci beaucoup...

Elle me révéla alors son prénom. Elle s'appelait Alexis. J'allais en faire de même en lui révélant comment je m'appelais.

- Alan...je m'appelle Alan. Enchanté de vous connaître.

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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Dim 2 Sep - 16:14

Je prenais goût subitement à la parole, étais-ce encore un de mes caprices ? J’en savais rien, ce qui était certain c’est que ce soir je dévoiler une facette de moi ; qui à la fois révéler un coté doux, passif et incroyablement apaisant. Il y a une façon de s’imposer par le silence, tout dépend du sens qu’on souhaite de lui conférer. Tout dépend de moi. Parfois il m’arrive de ne pas avoir le courage de parler. Oh ! Je sais que ce que je dis est mal dit, mais une parole prononcée est préférable à un silence faux. A l’acquiescement artificiel je préfère la protestation libératrice. Le bruit du que faisait le métro me rappeler combien de temps j’avais pris la même route, pas toujours pour la même raison. Je voulais rentrer chez moi mais arriver devant la porte de la maison je me résigner à faire demi-tour. S’en était devenu une habitude, j’étais bien lâche de fuir de cette manière mais que pouvais-je faire pour rendre raison à ma cause ? Que pouvais-je argumenter pour que mes parents daignent me recevoir ? Qu’aurai-je pu dire devant les larmes de ma mère, sa haine pour sa propre fille? Quelle excuse stupide aurai-je pu imaginer pour demander leurs pardons ? Non je ne pouvais pas et je ne le pourrai pas ; J’étais coupable de tout mon âme, j’en avais la nausée. Je me dégoutée, mes mains porter encore le sang de mon frère. Comment aurai-je pu affronter le regard de ma mère, je ne pouvais concevoir la folle idée d’être fac à face à eux. Je n’avais plus eu de contact avec eu depuis la mort de Ryan c’est-à-dire presque six ans déjà ; ils me considéré morte, et peut-être ceci était une bonne chose. Je continué quand même à leur rendre visite en douce, espionnant mon père entrain de regarder la télé et observant ma mère entrain de cuisiner. Il fallait que je veille sur eux même s’ils ne voulaient plus de moi, les liens du sang restent indestructibles même si on s’efforce de les abîmer. Petite ils m’ont protégé, nourrit et choyer même si on grandissant nos relations se sont dégrader au fil du temps. J’en oublie pas mes racines, maintenant c’était à mon tour de m’occuper d’eux. Dans un monde au bord du chaos, ils devenaient vulnérables et des proies faciles.
‘‘Comment l’homme peut-il créer tant de beauté et commettre tant de crime ?’’
La question te tourmente toi aussi, je le sais ? Je n’ai pas de réponse, toi non plus. Cherchons-là ensemble, veux-tu ?
‘‘La différence entre toi et moi ; c’est que moi je marche vers l’espoir et toi tu marches vers le désespoir’’.
‘‘ Tu ferais bien de chercher la réponse. Mais souviens-toi : si tu veux la presser entre tes mains, la réponse fuira, te fuira. Comme la question, la réponse à besoin de liberté ; elle se nourrit de liberté. Mais tandis que la question reste inchangée, la réponse change toujours. Cela te déçoit ? Tu as tort. Dite-toi qu’il y a quelqu’un à qui tu as posé la même question, donc : même si tu n’as pas de réponse, il y a une réponse. Ta réponse à toi, c’est de savoir qu’il y a une réponse. La profondeur, le sens, la vérité de l’homme, c’est de sentir toujours plus intiment, toujours plus intensément l’existence d’une réponse ; ou plus précisément l’existence d’un être qui connait la réponse’
’. La voix de Ryan raisonné encore une fois dans ma tête.

-Non je vous assure...ce n'est pas rien...vous m'avez fait sourire, alors que j'ai du mal à le faire depuis quelques temps. Merci beaucoup...

La voix de mon interlocuteur coupa cours à ma réflexion, il était bien poli cet inconnu qui n’était plus inconnu que ça. Je l’observais un instant avant de répondre à mon tour.
« Eh bien j’en suis ravie alors ».
Il continua sur sa lancé révélant son identité, le ton de sa voix me sembla familier. C’était sûrement dû à la fatigue, je confondais les voix assez fréquemment ces jours-ci. Je ne fis aucune remarque à ce propos préférant ranger cela quelques part au fond de mon cerveau.
- Alan...je m'appelle Alan. Enchanté de vous connaître.
« Moi de même, Alan » Repris-je enthousiaste.
La compagnie d’Alan ne me déplaisait pas, pour le temps à passé dans ce métro je décider de me lancer pour une fois.
« Vous êtes de San Francisco Alan ? » Demandais-je.







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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Dim 2 Sep - 21:52

Tel que je venais de l'avouer à Alexis, le sourire n'était pas une vertu bien présente dans mon existence. En effet, les fois où j'avais pu exprimer pleinement mon bonheur par l'intérieur de l'un de mes sourires ne se comptaient pas réellement. Elles n'étaient que trop peu nombreuses, surtout depuis que j'avais atterri dans cette nouvelle vie que j'étais contraint de vivre à cause de mon enlèvement. Au départ, avant de partir, je n'étais pas cette personne. J'étais un être simple, gentil et généreux, même si j'avais une obsession pour aider les autres. J'étais comme mon père, avec le cœur profond de ma mère. J'avais une belle vie, enfin une vie qui me convenait en tout cas, mais bon je ne l'avais plus et je devais m'y faire, car je n'avais malheureusement pas le choix. Le fait d'avoir remonté le temps d'au moins un demi-siècle en arrière m'avait ôté mon sourire. J'avais perdu ce bonheur en atterrissant dans ce temps, car plus rien n'était comme ce que je vivais. Je ne reconnaissais plus rien sur cette Terre...plus rien. J'étais massivement perdu peu importe où je me trouvais. Tous les détails concernant cette nouvelle vie m'étaient étrangers et ça me pesait. Ce poids sur mon cœur me faisait énormément de mal et c'était pour cette raison que je pleurais le plus souvent. Mais, d'habitude, j'avais la force de me cacher entièrement. Cette fois-ci, je ne l'avais pas eue, bien au contraire. Ma tristesse avait été remarqué par Alexis, et ça avait été une bonne chose, à la vue de ce qu'elle avait fait pour moi.

Elle m'avait en effet aidé à retrouver un zeste de sourire, en ayant eu à mon égard un geste doux, humain. Partager ces bonbons était un geste simple mais qui avait suffit à dérober l'un de mes sourires. J'étais parvenu à sourire de nouveau, chose que je croyais impossible depuis quelques semaines. Pourtant, cette femme m'avait aidé. Je ne savais pas ce que je parvenais à ressentir en la présence d'Alexis, mais quelque chose m'apaisait en elle, un détail de sa personnalité qui m'aidait sans que je ne puisse réellement parvenir à le comprendre. Cela me faisait du bien. Je devais en profiter pour une fois. J'étais ravi de la connaître.

Elle me posa alors une question par la suite, à savoir si j'étais de San Francisco. En entendant le nom de cette ville, je pensais un instant à celle du futur, ce qui eut pour effet de faire briller mes yeux, mais je parvins à retenir mes larmes. Je décidais alors de lui parler.


- J'y viens de temps en temps en fait. Je n'habite pas réellement là-bas tout le temps car j'y viens surtout pour mon travail, enfin ce qui me sert de travail. Mais bon...je pense que je vais m'y installer. Je me sens plutôt mal à New York en réalité.

J'eus le courage d'enchainer.

- Et vous, vous venez de là-bas ?

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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Lun 3 Sep - 9:50

Je regardais mon interlocuteur, plus précisément les traits de son visage. Il y a bien longtemps que je n’ai pas eu une conversation conviviale ni l’intérêt de vouloir percer le mystère d’un étranger. Une lueur de curiosité enflamma mes yeux, je me sentais plus vivante. En partie dû au contact humain, depuis quelques années déjà je me suis enfermé dans ma propre prison. Ne laissant personne y entrer et ne m’autorisant pas à franchir la barrière du mur qui me sépare de l’humanité. J’en étais devenu l’ombre de moi-même engouffré sous le poids de la culpabilité, cherchant désespérément la rédemption. La route était embouchée d’obstacles, je m’obstinais à me détourner de la vérité. Par peur de ce que je pouvais voir, entendre et ressentir. Par caprice je construisais des murs pour m’imposer des limites, je détruisais des murailles, je bâtissais des forteresses. Au fil du temps tous me paraissais amer, la vie elle-même me dégouter. Elle qui à fait de la souffrance une preuve qu’on est vivant, mais moi je ne veux pas d’elle. Si souffrir jusqu’à agoniser et prier pour qu’on puisse nous entendre ; hurler aux secours aux hommes sourds, était une preuve de vie. Non je ne veux pas, j’ai déjà trop donné, trop attendu, trop espéré pour vraiment croire au pardon, à la paix. La paix que je recherchais, que je recherche toujours, qu’elle me fuit comme fuit la raison. Elle qui torture mes nuits et mes jours, celle qui à fait de moi un fantôme du passé…Errant sur la terre pour retrouver un frère.
- J'y viens de temps en temps en fait. Je n'habite pas réellement là-bas tout le temps car j'y viens surtout pour mon travail, enfin ce qui me sert de travail. Mais bon...je pense que je vais m'y installer. Je me sens plutôt mal à New York en réalité.

J’écoutais les mots d’Alan comme un récit, j’en buvais chaque mot avide d’étancher ma soif de l’humanité. La manque se ressentais; comme un drogué privé de sa dose quotidienne, il halluciner sur des choses ayant lieu, d’autres n’ayant pas ou bien pire encore. Cette fois-ci je ne me voilé plus la fasse, j’avais besoin d’une chaleur humaine. J’avais besoin de savoir qu’une personne sur terre m’écoutait sans me juger, qu’elle m’accompagnerait dans mon péril. Qu’elle serait apaiser mon cœur et abréger ma souffrance silencieuse, il fallait qu’elle existe !
« Ah… Je vous comprends, je ne me suis jamais habitué au train de vie de New York malgré ses années… » Avouai-je. Je me sentis brusquement nostalgique me projetant dans le passé, oui ma vie d’avant avait été heureuse. Pas parfaite mais elle me convenait, si j’avais pu remonter le temps je l’aurais fais sans regrets.

- Et vous, vous venez de là-bas ?


« J’ai vécu a San Francisco et même si je n’y vit plus maintenant je ne peux m’empêcher de la revoir…Là bas je me sens chez moi »
continuai-je.
Mon regard s’assombri à cette révélation, c’était comme une affirmation à voix haute de mon mal être. De ce que je voulais à tout prix voiler et ranger quelque part dans ma mémoire, une partie de mon cœur était resté à San Francisco. Cette partie était enterrée avec l’ancienne Alexis, elle était morte le jour où Ryan est mort. À chaque métro que je prenais pour rentrer chez moi, j’anticipé ma peur de l’inconnu. Mon cœur ne supportait plus les angoisses qui se ravivaient à cet endroit, je ne contrôlais plus mon corps ni mes émotions. Ça devenait flippant et ça me faisait horriblement mal. Qu’est-ce qui sépare la vie de la mort ? Qu’est-ce qui sépare la folie de la vérité ? Qu’es-ce qui me sépare du moi libre ou libéré ? Qu’est-ce qui me sépare de toi Ryan ? La nostalgie ? Je te revois vivant ; ce que je voyais hier, je le revois encore, demain je le verrai encore, et toujours ; un être qui reçoit en donnant. Comment faire pour résister Ryan ? Pour rester à la surface ? Il faudrait pouvoir nager dans l’eau sans l’effleurer. Or je sens que je sombre, je sombre Ryan. Je fouille en moi-même, Ryan. Je souhaite comprendre ce qui m’arrive. Depuis quand je suis entrain de marcher au bord du gouffre ? Impossible de situer le moment précis; il m’échappe et disparaît comme dans la brume.




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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Lun 3 Sep - 20:09

Habituellement, quand je me trouvais en présence de quelqu'un, un détail dans ma conscience me pétrifiait, sans que je ne puisse réellement comprendre pour quelle raison, mais quelque chose m'empêchait d'agir pleinement. Je ne parvenais pas à m'exprimer correctement, à être entreprenant et sociable comme les gens que je voyais, mais bon, j'avais des circonstances atténuantes au fond de moi. En effet, ce voyage que j'avais subi m'avait changé. Cela m'avait perdu. J'étais...différent. Je ne savais pas réellement comment décrire les choses, mais j'étais parfaitement conscient du fait que les choses ne pourraient jamais redevenir comme avant. Après ce que ce monstre flou m'avait fait, rien ne pourrait redevenir comme avant. Il faudrait déjà que je parvienne à revenir dans mon temps pour cela et cet effort ne demeurait absolument pas garanti. Il était fort possible que je sois destiné à rester coincé dans ce temps qui n'était pas le mien. Je devais m'habituer à toutes ces différences car tout ceci risquait bien de devenir ma vie...enfin ma nouvelle vie. Devais-je prendre ceci comme une chance ? Personnellement, je ne le voyais pas comme tel. Je ne parvenais pas à voir les bonnes choses que je pouvais tirer de ma présence dans ce temps ancien. Je ne voyais pas ce qu'il y avait de bien dans tout ça.

Je me rendais à San Francisco ce soir car je devais m'y trouver dans le cadre de mon travail, mais aussi parce que la ville de New-York me déplaisait un peu. Malheureusement, j'avais perdu le bien-être que j'avais pu acquérir dans le futur. C'était très dérangeant, mais je n'avais pas le choix. Alexis ne s'était pas habituée au train de vie de New-York. J'étais un peu dans le même cas.


- On est un peu dans le même cas dans un sens...le train de vie de cette ville me gêne pas mal, à un point que je ne pensais même pas possible à vrai dire. Ce qui se passe me perturbe pas mal, c'est pour ça que je dois sans cesse bouger, même si je dois le faire également pour ce qui me sert de travail...c'est compliqué...

A priori, à ce que je pouvais entendre, Alexis avait vécu à San Francisco, mais avait quitté la ville, peu importe pour quelle raison. Mais, elle ne parvenait pas à s'empêcher d'y revenir quand même. Quelque chose devait la retenir là-bas, et être à l'origine de cet assombrissement que j'avais pu percevoir dans son regard. Cela ne pouvait être que cela.

- Comme si quelque chose vous retenait là-bas...non ?

A vrai dire, quelque chose me retenait là-bas moi aussi, car c'était le spectre le plus douloureux de la vie que j'avais perdue. En gros, je revenais sur mes pas...alors que je tentais de surmonter cette douleur. On pouvait voir que ça me pesait d'y revenir, mais je faisais quand même ce choix...

- A vrai dire...dans mon cas, ce n'est pas très joyeux. J'y reviens alors que cette ville est la source d'une certaine souffrance en moi...c'est dur à expliquer...

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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Lun 3 Sep - 22:10

La révélation d’Alan m’avais prise au dépourvu ne pensant pas vraiment rencontrait une personne partageant le même sentiment que moi. Ce que j’avais ressentis avant que j’entame une conversation se confirmer, il y avait bien une chose qui nous lier. Peut-être pas de la même façon ni de la même approche mais elle était réel, s’affirmer au fur et à mesure que nous échangions la parole. Une drôle de sensation que de ressentir une infime lueur d’espoir, peut-être qu’Alan était un portail vers ma quête ? Un contribuant étranger à ma convalescence. Je sais que je me précipité à des conclusions hâtives qui pouvait s’avérer totalement erronés, mais pour le laps du temps partagé j’aimerai continuer à y croire.
- On est un peu dans le même cas dans un sens...le train de vie de cette ville me gêne pas mal, à un point que je ne pensais même pas possible à vrai dire. Ce qui se passe me perturbe pas mal, c'est pour ça que je dois sans cesse bouger, même si je dois le faire également pour ce qui me sert de travail...c'est compliqué...

« On ne peut être bien que chez-soi, je ne me suis pas adapté à New York…J’avoue que je n’ai rien fais pour…Mon travail me servais d’excuse, je pouvais fuir la réalité pendant un certain moment…Maintenant je ne peux pas me cacher derrière un masque, il faut bien que j’affronte le mal face à face »

Je n’avais pas réalisé que je me suis laisser amadouer par un inconnu, on lui dévoilant une partie de moi-même sans retenu. J’avais confessais ce que garder mon cœur sans réfléchir, je m’étais exposé aux regards d’un étranger. Avouant mes tourments comme à un prêtre, je me confessais espérant un pardon. Me frottant les yeux un instant comme pour faire chasser une illusion, me mordant la lèvre comme pour protester contre cette éventualité. Je constatais malheureusement que j’avais bien parlé à voix haute, et ce n’était pas un rêve ni une hallucination. Ma vulnérabilité devenait visible et à porté de main, ce que je n’aimais pas.

-Comme si quelque chose vous retenait là-bas...non ?

Je scrutais Alan cette fois-ci plus profondément comme pour y rechercher une réponse, un signe ? Un déclic, quelque chose qui me m’assurer qu’il n’était pas l’ennemi que je recherchais, qu’il ne me jugera pas. Une preuve qu’il serait la tombe de ce que j’avais pu dire, faire lors de ce périple du soir. Prise d’une panique à l’idée qui me traversa l’esprit, et si c’était lui que je recherchais ? Connaissait-il Ryan ? L’avait-il connu ? Aurait-il un lien quelconque avec lui ? Mes doutes me pétrifier, je sentais mon corps se raidir. À la fois tenté de l’interroger carrément et angoisser à ce qu’il pourrait me dire. J’allais lui poser la question ultime au moment où j’entendais sa réponse. Je ne m’attendais pas à ça, il confirmé mes doutes. Aurait-il devinait ce que j’avais fait là bas ? Ce qui me condamne à errer ici bas ? Ce qui a fait de moi un être malveillant…

- A vrai dire...dans mon cas, ce n'est pas très joyeux. J'y reviens alors que cette ville est la source d'une certaine souffrance en moi...c'est dur à expliquer...

Mes doigts se crispèrent sur le bout de ma veste à l’entente de sa dernière phrase, je ne savais plus c’est ce qu’il disait était vrai où une manière de m’obliger à révéler plus sur moi. Aurait-il la faculté de lire dans les pensées ? Un télépathe ? Ça ne me surprenait plus, depuis la révélation au grand jour de l’existence des spéciaux. Je suis devenu une personne craintive et j’avais du mal à faire confiance aux personnes. Les cicatrices de mon passé n’avaient pas encore guérit, j’emportais encore les marques. Dix bonnes minutes passèrent avant que je me calme, reprenant le control de mes émotions. Mes muscles se détendaient peu à peu, me libérant d’une frustration passagère. Je me suis encore une fois emportais par mes foutus émotions, j’espérais qu’Alan n’avais pas prit compte de soudain changement. Au fond de moi-même je craignais que ma réaction n’aie été trop démonstratif et à la défensive.

«Frederich Nietzsche à écrit : Ce qui soulève l'indignation face à la souffrance, ce n'est pas la souffrance en elle-même, mais son absurdité. » Dis-je en le regardant droit dans les yeux.
Je voulais le provoquer, il fallait que je sache à qui j’avais à faire. C’était dangereux et je me mettais en danger moi-même, mais il fallait que j’aie le cœur net.


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Alan J. Hamilton
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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Mar 4 Sep - 0:26

Affronter le mal en face de soi était une étape bien difficile de la vie, car c'était le moment où on se rendait compte de la mesure que pouvait adopter la résistance humaine, la puissance de notre conscience. Souvent, c'était le moment où on pouvait essuyer de nombreuses désillusions, ou bien connaître des miracles. Malheureusement la frontière entre ces deux choses demeurait bien mince pour que n'importe qui puisse déterminer l'issue de l'affrontement. Pour parler de ma seule souffrance, j'avais l'impression de ne rien affronter du tout, pour la simple et bonne raison que rien ne changeait. Je souffrais en silence de ces habitudes perdues. Je ne supportais plus grand-chose, et je n'en parlais à personne. J'avais pu en parler...aujourd'hui, mais j'avais l'impression d'avoir eu tort, sans comprendre pourquoi je pensais cela. Mais, tout de même, je pensais que ceci ne devait pas être étranger à cet assombrissement que j'avais pu observer dans le regard d'Alexis. Tout devait être ma faute.

Dans ma tête, les mauvaises pensées s'agitaient et les multiples notions de culpabilité se percutaient. C'était une horreur, mais je ne cessais de me poser des questions. Ce processus terrible s'aggravait dans ma tête quand j'observais les gestes et émotions qu'Alexis adoptait devant moi. L'une de mes paroles avait provoqué cela et je m'en sentais responsable. Je me sentais très mal. Quand la citation sortit de sa bouche, j'eus comme une sorte de choc en moi, un choc silencieux car je ne disais pour le moment rien du tout. Mon regard se baissa pour se fixer sur le sol et exprimer une sorte de mélange entre la tristesse et la déception. C'était comme si on dressait une pancarte devant mon regard en exprimant que j'avais fait quelque chose de mal...mais aussi comme si une certaine méfiance venait de naître en elle.

Croyait-elle réellement en sa citation sincèrement ? Moi non... Si la souffrance était absurde, pourquoi existerait-elle ? Pourquoi chaque humain la ressentirait-elle dans sa vie ? Pour moi, cela n'avait rien d'absurde. Je ne souffrirais pas autant si ça l'était.


- La souffrance n'a rien d'absurde contrairement à ce qu'il dit. Croire en cela est un mensonge...

Mes yeux voulaient pleurer mais je les retenais.

- Je ne faisais que parler de mon malaise, pour une rare fois dans ma vie. Je ne parle presque jamais de ce qui m'arrive parce que j'en ai perdu la force, mais également l'habitude. Parler m'est presque impossible depuis que j'ai perdu ma vie d'avant, et je pensais en avoir trouvé la force en me trouvant en votre présence...

Le métro cessait de bouger. On devait être arrivés. Il était temps de descendre.

- J'ai du avoir tort...

Je me levais pour me diriger vers la sortie...mais je devais patienter le temps que le flot de personne puisse générer un espace pour me laisser sortir...

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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Mar 4 Sep - 9:47


La réaction qu’avait eut Alan m’avais complètement chamboulé l’esprit, il avait l’air déçu. Peut-même plus que cela, je n’avais pas pu percevoir toute les émotions qui se percutaient à cet instant précis. Je me doutais bien que j’avais été le déclencheur d’un mal être, je le ressentais aussi bien qu’Alan se murait un certain moment à observer un silence lourd. Ce silence m’affirmait ardemment que j’avais franchi une limite, que j’avais fait raviver une blessure peut-être quelque chose d’encore abdominale. Je n’ai rien fait pour rectifier le tir, il fallait que je sache à tout prix ce qu’il me cachait. Ce qu’il s’efforcer d’éloigner de moi, tous ce qu’il voulait chasser de sa mémoire. J’attendais comme prise d’une curiosité immense, je me presterais devant mon interlocuteur avide qu’il se confesse.

- La souffrance n'a rien d'absurde contrairement à ce qu'il dit. Croire en cela est un mensonge...
En entendant ce qui sorti de sa bouche, j’eus un certain soulagement à sa confirmation. Bien sur ce que j’avais dis avant n’était qu’une manière d’en savoir plus sur lui, je ne croyais en rien la joute que j’avais prononçais. Faire confiance dans ces temps ci m’étais difficile et je me devais d’être sur mes gardes, d’autant plus vers un inconnu. Ma méfiance se palper et je suis certaine qu’Alan l’avais bien perçu, l’affectant d’une manière directe. Je voyais bien que l’atmosphère devenait déplaisant et dérangeant. À l’entente du ton sa voix mon cœur rata un battement, j’étais paralysée par ce qu’il venait de dire et sa voix ne cesser de résonner dans ma tête en boucle. La même voix que Ryan, cette fois-ci je n’hallucinais pas. J’ai voulu parler mais mes lèvres rester définitivement sceller, j’ai voulu crier, hurler mais rien ne se passa. Je restais tétanisée sur place, les pupilles dilatées. Ma respiration devenait de plus en plus pénible, je n’entendais que ce qu’il disait. Le bruit que faisait le métro se dissipait bien loin, et moi je me sentais comme une troisième personne témoin de la scène. Je subissais sans pouvoir protester. Comme si quelqu’un était à ma place, observer à ma place, me faisait agir ; en somme une marionnette.

- Je ne faisais que parler de mon malaise, pour une rare fois dans ma vie. Je ne parle presque jamais de ce qui m'arrive parce que j'en ai perdu la force, mais également l'habitude. Parler m'est presque impossible depuis que j'ai perdu ma vie d'avant, et je pensais en avoir trouvé la force en me trouvant en votre présence...
À mesure qu’Alan prononçait ces mots, sa sincérité me poignardé dans le cœur. Elle me faisait mal parce que j’étais coupable de raviver sa souffrance, parce que en le voyant je voyais mon frère. J’effleurai sa douleur, son malheur et sa pudeur. Il m’avait fait confiance et moi je l’ai trahi ; j’avais douté de lui, construit des hypothèses infondées, battit des murs infini. Je m’étais prise au piège par mes foutus délires, je voulais pouvoir me confesser sincèrement là maintenant. Lui dire de tout en blanc, je ne pensais plus à ce qu’il pouvait ressentir à mon égard. Il fallait que j’agisse, que je prends le risque d’être honnête avec lui sans condition.

- J'ai du avoir tort...

En voyant la lueur de déception enrobées ses yeux chocolats, j’ai cru ne plus pouvoir respirer. La dernière phrase m’avais assommée, elle m’avait complètement détruite. Un liquide chaud et salée se déverser sur mes joues, j’en pouvais plus. Je ne voulais pas pleureur mais je ne pouvais plus me retenir. Toutes les barrières s’étaient brisées, et le flot de regrets se déchainer sur mon visage. Il m’avait blessé et fragilisé par une toute petite phrase ; je devenais sa prisonnière. En le voyant partir, je ne maîtrisais plus mon corps. Dans un élan d’espoir j’avais pris tout mon courage et avais attrapé sa main, je ne réfléchissais plus. La discorde de l’instant et l’état de panique qu’il m’avais submergée avait prit le dessus, me laissant désemparée devant cet étranger pas si étranger que ça.
« Pardon, je … » Hoquetais-je « Je suis désolée, je ne voulais pas dire ça …Mais j’ai peur de ce que je pourrais dire sincèrement, de ce que vous pourriez penser de moi…J’ai dû affronter une souffrance à long terme…et j’en suis en partie coupable…Tourmenté par mes propres méfaits je suis devenu méfiante.. » Je m’arrêtais un instant pour reprendre ma respiration, je n’avais pas osé affronter son regard de peur d’y voir du mépris et du dégout. Les yeux rivés sur le sol je continuais sur ma lancé en espérant qu’il m’écouterait dans le brouhaha des passagers.
« Je ne me suis jamais confesser, je panique à l’idée d’avouer toute ce qui tourne dans ma tête…C’est la première fois que j’ai le sentiment que je pourrais faire confiance à quelqu’un …autre que ma conscience…Je sais que ma réaction était trop poussée mais je voudrais que vous m’accordiez le bénéfice du doute » Dis-je hésitante, mes yeux étaient encore embrumées de larmes. Je sentais mes joues enflammées et une angoisse qui déchirait mes entrailles. Je me rendais compte à cet un instant que je n’avais toujours pas lâché sa main, je la maintenais fortement comme pour l’empêcher de fuir.



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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Mar 4 Sep - 15:44

Dans ma vie, en dehors de la présence de mes parents, je n'avais jamais été un être très bavard. En effet, le plus souvent, ma bouche restait close et ne dégageait aucun mot...aucun. Pas besoin de consulter un quelconque spécialiste pour comprendre que je construisais autour de mon corps une sorte de carapace, un blocage inconscient qui éliminait certaines personnes de mon environnement, comme si je les refusais d'entrée de jeu. Etait-ce un manque de confiance ? Etait-ce de la peur ? Etait-ce parce que je préférais dissimuler ma souffrance plutôt que de la partager avec des personnes, souvent inconnues ? En réalité, la réponse à ce blocage se situait dans chaque question que je venais de dévoiler, car je m'y retrouvais dans chacune d'entre elles. J'étais victime d'un manque de confiance envers le monde. J'avais du mal à m'inclure dans une société, car je générais une sorte de méfiance d'entrée de jeu. J'étais également victime d'une certaine peur. Dévoiler ma peine était compliqué à cause de cet état. En effet, je me bloquais souvent dès que quelqu'un me demandait ce que j'avais. J'avais peur de l'inconnu mais également peur d'une souffrance bien plus grande encore. Cela m'incitait souvent à tout garder pour moi.

Dans ce métro, quelque chose avait changé. Je ne savais pas pour quelle raison, mais Alexis m'avait aidé à me débloquer, à davantage parler que d'habitude. Je parvenais à sortir des mots, à entretenir une sorte de conversation avec elle, et cela me faisait du bien. Habituellement, je ne parlais pas à ce point-là...pas du tout. Je ne savais pas quel effet Alexis avait bien pu avoir sur mon âme, mais elle avait changé quelque chose, quelque chose de suffisamment important pour que je puisse me sentir libéré...en tout cas suffisamment libéré pour pouvoir parler et je l'avais fait, j'avais parlé. Mais tout semblait se remettre en question depuis qu'elle avait lâché cette situation. Je me posais énormément de questions, comme si mon esprit se refermait peu à peu dans ces interrogations. Me poser des questions sur elle était une sorte de marque de méfiance. Ce n'était pas une bonne chose, loin de là. C'était comme si je replongeais. Au fond de moi, j'avais l'impression d'avoir tort, d'avoir parlé alors qu'il ne fallait pas le faire. Ma fragilité renaissait de ces cendres en cet instant.

J'étais prêt à partir. Je voulais descendre, replonger dans ces horreurs que je méritais probablement. Je ne voyais plus le positif d'avant...j'étais comme perdu dans toutes ces bêtises. C'était probablement la chose que je faisais le mieux...être perdu. Faisais-je autre chose que me perdre sans cesse ? Pas vraiment. C'était bien la preuve que j'étais un incapable. J'attendais la naissance d'un espace capable de me laisser passer. Pendant cette patience, je sentis quelque chose me retenir et c'était elle. Elle me parlait, s'excusant pour la réaction qu'elle avait pu avoir, et en me fournissant des explications en rapport avec cela. Je l'écoutais parler, sans l'interrompre et sans bouger. Je ne voulais pas l'arrêter alors qu'elle parlait. Je préférais la laisser terminer son discours avant de me mettre à lui répondre, par politesse, mais également par choix, car je préférais avoir tous les éléments à ma disposition avant de faire quoi que ce soit.

Elle me demandait à la fin de son discours si je pouvais lui accorder le bénéfice du doute. A ce moment-là, j'osais affronter son regard et lui répondre.


- D'accord...

Je pris un peu sur moi pour ajouter les paroles :

- Je comprend votre sentiment...

Je décidais de me lancer et de lui faire une proposition mais peut-être était-ce un peu déplacé…je ne le savais pas.

- Voulez-vous qu’on continue à discuter un peu ? Maintenant qu’on est à San Francisco…

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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Mar 4 Sep - 18:05

Tenant encore sa main dans la mienne comme un geste de protection, je ne voulais pas le laisser partir sans explication. Il fallait qu’il sache ce que j’avais à dire, ce que je n’avais pas pu dire avant. Le cœur battant à toute vitesse, j’entendais le son qui tambouriné ma cage thoracique en un écho sonore. Il se dispersait vers chaque partie de mon corps, alerte de ma propre frayeur. Je n’ai pas relevé les yeux du sol, le métro c’était arrêter sentant autour de moi le basculement des passagers. M’effleurant l’épaule, je ne bougeais pas restant stoïque et tétanisé. J’attendais sa réponse, les secondes me paraissait des heures, et le silence me rendait folle. Je frisonne de froid, je frisonne et pourtant j’ai chaud. J’étouffe, je ne vois plus clair, ma tête est en feu, ma poitrine aussi. Tout était loin derrière moi, moi-même je suis loin, je ne suis pas où je suis mais ailleurs. J’ai le vertige qu’est-ce qui m’arrive ?
- D'accord...
À l’entente de sa voix, je regagnais peu à peu ma lucidité. Rassurée, je relevai les yeux vers lui. Reconnaissante, apaisée par un seul mot comme dans les contes d’enfants. C’était un mot magique qui avait revivre un tout petit espoir dans mes yeux noisettes. J’avais lâché sa main étant sûre qu’il ne me fuira pas, un sourire France naquit sur mes lèvres. Je ne me cachais pas de lui à cet instant, j’avais brisé ma muraille sans concession. Ce fût un long moment de silence qui passa, pas un silence lourd ou gênant. Non c’était un silence qui signifie présence au-delà de la parole. J’avais repris confiance en lui, et je ne voulais plus mentir ni masquer tous ce qui faisait de moi, Alexis. Le brouhaha des passagers ne me laissais pas le temps de répondre, nous étions enseveli sous la marre humaines des usagers. Voyant que ses derniers n’allaient en aucun cas cesser ce boucans, j’avais trouvais une astuce ingénieuse pour lui faire comprendre ce que je voulais dire. Face à lui, je m’assurais qu’il n’avait pas détourné les yeux puis je me lançais. Articulant au bout de mes lèvres de manière à ce qu’il pouvait y lire ; j’avais mimais le mot « Merci ».
-Voulez-vous qu’on continue à discuter un peu ? Maintenant qu’on est à San Francisco…

La dernière déclaration d’Alan me réconforta, je ne voulais pas abréger notre rencontre à ce moment là. Notre discussion n’avait vraiment pas commençait, c’était juste une politesse entre deux inconnus. Maintenant je voulais plus que ça, je voulais une vraie conversation. Je me suis rattaché à cette chaleur humaine, juste pour ce soir je voudrais la vivre réellement sans aucuns mensonges. Il faut se dépouiller des passions de la vie ; il faut avoir le courage de la vérité et ne se permettre aucune faiblesse ; il faut battre sa pensée si elle est molle ou docile. Le métro s’était vidé, ils ne resté plus que nous deux. Je sentais la brise du vent m’effleurait le visage, mes paupières s’étaient refermaient instinctivement. Comme si je faisais le vide dans ma tête, je savourais le silence qui nous emmurait dans ce métro devenant apaisant. Je respirais calmement, je n’avais rien dis encore, préférant un moment de paix en absence de parole. Ouvrant les yeux, j’observais Alan qui se tenait droit devant moi. Je me suis sentis toute petite devant lui, il mesurait probablement dans les 1.80m, bien que je frôlais le 1.70m avec mes talons ; je restais toute de même minuscule devant sa corpulence. Je me suis sentie drôle un moment à penser à des choses pareilles, chassant ses futilités de ma tête.
« Oui, je veux bien »


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MessageSujet: Re: Ne le dis à personne ( PV Alan J. Hamilton )   Mar 4 Sep - 20:07

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